CAMPAGNE D'ITALIE; TROISIEME PARTIE
l'armée du RHIN. — CAMPAGNE DE BONAPARTE CONTRE l' ARCHIDUC CHARLES. LE 18 FRUCTIDOR. — CAMPO-FORMIO.
PKÈs avoir signé le traité de Tolentino, Napoléoii vint à Mantoue. Il y admira beaucoup les fresques de Jules Romain au palais du T ; il songea même d'abord k les faire transporter à Paris, mais il renonça à ce projet, qui risquait de détruire ces belles oeuvres.
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Directoire avaient été détachées l'une de l'armée du Rhin, l'autre de l'armée de Sambre-et-Meuse et dirigées sur l'Italie. Cet ordre, donné après Arcole, ne recevait son effet qu'après Rivoli et la reddition de Mantoue. Les deux divisions qui venaient de passer les Alpes avaient un eifectif d'environ 20.000 hommes et apportaient à l'armée d'Italie un élément nouveau. Il nous paraît utile, au moment où l'armée du Rhin va se trouver en partie sous le commandement de Bonaparte,
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d'indiquer sommairement par quelles phases elle avait passé. Elle représentait les plus vieilles troupes de la Révolution, celles qui avaient combattu k Valmy, et qui cependant étaient les moins révolutionnaires. Leurs sentiments républicains n'étaient pas douteux, et c'était l'armée du Rhin qui devait bientôt accueillir avec le moins de sympathie l'établissement du Consulat et de l'Empire. Mais elle avait applaudi au 9 thermidor, tandis que l'armée d'Italie avait été, comme on l'a vu, fort irritée de la chute de Robespierre. Néanmoins, si l'on veut se rendre compte de la manière dont se formèrent et se développèrent les armées républicaines, ce sont les armées du Rhin et de l'Escaut qu'il faut surtout étudier.
Au début, elles ne se composaient que des anciennes troupes royales; mais bientôt les volontaires y affluèrent. Ces volontaires comprenaient non seulement ceux qui étaient partisans du nouveau régime, mais ceux qui faisaient passer le patriotisme avant toute question poHtique. L'élite de la nation fut bientôt à la frontière. C'est ce qui explique, d'une part, comment l'armée se montra si supérieure alors au gouvernement et, d'autre part, comment de si grands excès furent possibles à l'intérieur. Ceux qui se dispensaient du devoir militaire pour entrer dans les sections armées de Paris et des grandes villes n'étaient le plus souvent que le rebut de la nation. LTn historien dont le témoignage n'est pas suspect, Michelet, a dit : « La France ne fut pas sauvée par la Terreur, mais malgré la Terreur, » et ce ne fut pas la moindre preuve de patriotisme que donnèrent nos soldats et surtout nos officiers que la résignation stoïque avec laquelle ils supportèrent les cruautés absurdes des représentants du peuple envoyés parmi eux. Mais alors le patriotisme était une passion profonde qui subordonnait ou employait à son service toutes les autres passions. f( Le manifeste du duc de Brunswick, dit Gouvion Saint-Cyr, dans ses Mémoires, donna à la France plus de 100 bataillons qui, en moins de trois semaines, furent levés, armés et mis en route, »
« Sans alliés au dehors, bouleversée au dedans par la ruine subite de toutes ses traditions sociales, privée de la plus grande partie de son ancienne noblesse militaire, la France avait besoin de trouver dans les générations plébéiennes le talent, le courage,