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L'ARMEE DU RHIN ET L'ARMEE D'ITALIE

nadotte envenima ces dispositions. La mésintelligence éclata par les dénominations opposées de Messieurs et de Citoyens, qu'on se donna réciproquement, et par de sanglants duels. Une menace d'Augereau et un avertissement sévère de Masséna, devant lequel ploya Bernadotte, firent cesser ce désaccord. Bonaparte y ajouta d'autres i^récautions ; il sépara les deux divisions nouvelles : l'une fut envoyée au loin, à

Fig. 46. — < L'ennemi ne se doute pas que nous Bommes lÀ; il est sept heures, nous le surprendrons demain à quatre heures du matin. > D'après une lithographie de Raffct.

l'aile gauche, l'autre à l'aile droite. Après quoi, s'emparant de l'esprit de ces nouveaux soldats, il s'aida de la présence de l'ennemi et changea leur jalousie en émulation de gloire. »

A la bataille du Tagliamento, Bernadotte disait à ses soldats au moment où ils allaient entrer en ligne : « Mes amis, souvenez- vous que vous êtes de l'armée de Sambre-et-Meuse et que l'armée d'Italie vous regarde. »

En effet, moins d'un mois après la signature du traité de Tolentino, Bonaparte devait encore se préparer à combattre. Les succès décisifs

de l'Autriche sur le Rhin permettaient à celle-ci d'envoyer de nouvelles troupes en Italie et de mettre à leur tête son meilleur capitaine, l'archiduc Charles.

Né à Florence en 1771, lorsque son père, qui devait être l'empereur Léopold II, n'était encore que souverain de la Toscane, l'archiduc Charles se trouvait être le pins jeune général en chef de l'Europe, et peu de militaires dans l'histoire avaient été victorieux à son âge. Sa situation s'expliquait en partie par son origine ; mais, parmi les vieux officiers dont sa naissance l'avait fait si promptement le chef, aucun ne pouvait se plaindre de cette subordination, tant sa supériorité était indiscutable. A une bravoure intrépide, dont il avait fourni des preuves à Jemmapes, à Nerwinde, à Fleurus, il joignait un esprit éclairé et lucide, une instruction solide et variée, une élévation morale et un sangfroid dont il avait donné la mesure dans la belle campagne qu'il venait de faire en Allemagne.

Ainsi l'Autriche était amenée par les circonstances à envoyer toutes ses forces s'user successivement en Italie contre les seules troupes de Bonaparte. L'archiduc Charles comptait couvrir les trois routes qui de la Vénétie conduisent sur Vienne : Laudon, avec 15.000 hommes, gardait le haut Adige et le col du Brenner. Lusignan, avec 8.000, la route du col de Tarvis. La plus grande partie de l'armée, 25.000 hommes, sous le commandement de l'archiduc Charles lui-même, devait défendre le col d'Adelsberg et la route de Trieste.

Bonaparte remarqua que l'archiduc aurait dû placer de préférence le gros de ses forces dans le Tyrol, afin de pouvoir recevoir plus promptement les nouveaux renforts qu'on lui envoyait de Vienne. Mais le général autrichien était gêné par les instructions du haut conseil de la guerre de Vienne. Cette institution était encore toute-puissante et François II s'obstinait à ne pas voir qu'elle avait été bien souvent la cause des défaites de ses armées. Sans parler des leçons de l'expérience, les conseils autorisés n'avaient pas manqué à l'Autriche sur ce point.

Frédéric écrivait dans les Mémoires de Brandebour//, à propos de la campagne de Turenne en Alsace : « Les généi^aux français, presque souverains dans leurs armées,

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