‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 50 sur 389 · L'ARCHIDUC CHARLES · texte numérisé non relu

L'ARCHIDUC CHARLES

s'abandonnaient à la libre impulsion de leur génie. Ils profitaient de l'occasion lorsqu'elle se présentait, au lieu que les ennemis la perdaient souvent par l'envoi de courriers qui demandaient à l'empereur la permission d'entreprendre des choses qui n'étaient plus faisables à leur retour. A Vienne, les ministres, qui n'étaient que des politiques, dressaient, dans la retraite de leur cabinet, des projets de campagne qui n'étaient point militaires, et ils prétendaient mener les généraux par la lisière dans une carrière où il faut voler pour la remplir. >i

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Ces paroles étaient encore d'application à la fin du dix-huitième siècle, même après les victoires de Bonaparte. Pendant la deuxième coalition, le général russe Souwaroff, qui était venu joindre en Italie ses troupes à celles des Autrichiens, ne pouvait comprendre cett* manière de faire la guerre. Il s'indignait des lenteurs que le Kriegshofralh àe Vienne imposait aux généraux et, reprenant à sa manière les critiques de Frédéric II, « Savoir vaincre, bon, disait-il, mais être toujours battu n'est pas malin. L'empereur veut que lorsqu'il y a à livrer bataille demain je m'adresse préalablement à Vienne. Les circonstances de la guerre changent rapidement ; on ne peut s'astreindre à un plan déterminé; la fortune vole comme l'éclair, il faut saisir l'occasion par les cheveux, elle ne revient pas. »

Donc l'archiduc Charles, quoique ayant placé ses principales forces

au sud, c'est-à-dire dans la partie du théâtre de la guerre la plus éloignée du Rhin, comptait cependant être rejoint par ses renforts avant que Bonaparte reprît l'offensive. On était encore en hiver et les ingénieurs militaires autrichiens parcouraient les débouchés des Alpes Noriques et Juliennes et faisaient les projets des fortifications qu'on y élèverait dès que la fonte des neiges le permettrait.

Bonaparte ne leur en laissa pas le temps. Reprenant le mot de César : « Jusqu'ici, dit-il, nous avons combattu des armées sans généraux, allons combattre un général sans armée. » Cependant il n'avait pas encore la supériorité numérique, car il avait dû diviser ses forces. Il se méfiait à juste titre des dispositions de Venise : quant au Tyrol, c'était un des pays les plus dévoués à l'Autriche. Il fut obHgé de laisser 20,000 hommes sous Kilmaine pour surveiller et contenir la Vénétie. Le général Joubert, dont Bonaparte estimait le caractère autant que les talents, et qui était celui de ses lieutenants qu'il jugeait le plus capable de diriger des opérations distinctes, fut chargé, avec 20,000 hommes, de se diriger sur le Tyrol pour rejeter Laudon jusqu'au col du Brenner. Là, suivant les circonstances, il franchirait le col, ou, tournant à gauche , remonterait le Rienz et entrerait dans le bassin du Danube, non plus par la vallée de l'Inn, mais par les sources de la Drave, en franchissant le col de Toblach. Masséna, avec 10,000 hommes, fut opposé à Lusignan. Il devait, par Feltre et Bellune sur la Piave, gagner la vallée supérieure de l'Izonzo. Bonaparte lui-même, avec 25,000 hommes, suit la grande route parallèle à la mer, de Venise à Goritz.

« L'archiduc s'était placé sur le Tagliamento et essaya de le défendre à Valvasone, 16 mars 1797. Mais il fut battu et rejeté derrière risonzo : Bonaparte s'empara de Palmanova. En même temps, Masséna écrasa Lusignan, se rabattit de Bellune sur Osopo, prit cette place et marcha par Ponteba sur le col de Tarvis. Alors le prince Charles dirigea son aile droite, son artillerie et ses bagages sur Udiue, Caporetto et Chiusa di Pletz, pour gagner le col de Tarvis avant que Masséna y fût arrivé; lui-même voulait garder le bas Izonzo pour couvrir Trieste. Mais IVIasséna s'empara du col de Tarvis; en même

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