TAGLIAMENTO. — ISONZO. — TARVIS
temps Bonaparte prit Gradisca, passa l'Isonzo et se mit à la poursuite de l'aile droite autrichienne que Masséna attendait. L'archiduc, coupé de son aile droite et ne pouvant remonter la rive gauche de l'Isonzo, que borde la masse des Alpes Carniques, fut forcé de gagner à la hâte le col d'Adelsberg, poursuivi par Bernadette, et il arriva à Laybach. De là il courut de sa personne à Villach, où venaient d'arriver deux
Fig. 4ii. — littLaille tt i>ii.v>itge du TugiLiim-uL-^, ic 26 veutûse an V. Dessillé par Carie Vernet, graré par DupIessU-Bertaux.
divisions envoyées sur le Rhin : il les porta sur le col de Tarvis pour en chasser Masséna et rouvrir la route à son aile droite; mais il fut battu et rejeté sur Villach , où il rejoignit le reste de son armée (24 mars). Alors l'aile droite, prise en tête et en queue par Masséna et Bonaparte, essaya vainement de résister : elle fut enfoncée et perdit six mille hommes, trente canons et quatre cents voitures. » (La vallée.) Bonaparte entre à Villach et à Klagenfurth pendant que l'aile droite de l'armée française, avec Bernadotte, occupait Trieste et Laybach. C'est à Klagenfurth que Joubert vient le rejoindre. La confiance de Bonaparte n'avait pas été trompée. Joubert avait battu Laudon sur
le Lavis, à Neumark, à Clausen et l'avait poussé jusqu'au pied du Brenner. Mais le Tyrol et la Vénétie se soulevaient derrière lui. La rapidité avec laquelle Bonaparte avait repris l'offensive en Italie faisait qu'une nouvelle armée du Rhin, que le Directoire avait formée et placée sous le commandement de Hoche, était encore sur la rive gauche du fleuve. Au lieu de poursuivre sa route vers le nord, Joubert tourna à droite par le Pusterthal. Cette campagne fut son principal titre militaire. Le 10 avril il écrivait à son père :
« Je suis sorti vainqueur du Tyrol. On aura peut-être fait courir le bruit que j'y ai succombé avec toutes mes troupes, parce que j'ai interrompu de suite toutes mes communications avec Trente et que, laissant un corps ennemi derrière moi, je me suis jeté au milieu des gorges, à travers une multitude de paysans armés, pour forcer les passages et faire ma jonction avec le général Bonaparte, qui est aux portes de Vienne. Mon projet a réussi ; je fais à présent l'an-ière-garde, j'espère bientôt faire une aile de son armée. Pendant vingt-quatre heures je me suis vu sous le fer homicide des Tyroliens levés en masse, et pendant une marche de vingt lieues dans les pays les plus terribles ; je les ai contenus. Ma marche est quelque chose d'extraordinaire ; avec Bonaparte peut-on faire autre chose ? Puissent tant d'efforts héroïques nous amener la paix. »
La jonction de Joubert et de Bonaparte à Klagenfurth ouvrait aux Français la route de Vienne. La cour impériale d'Autriche abandonna même la capitale : les jeunes archiducs et archiduchesses furent envoyés en Hongrie. Parmi les princesses qui fuyaient devant l'armée de Bonaparte se trouvait, comme l'a remarqué Napoléon lui-même, l'archiduchesse Marie-Louise, alors âgée de cinq ans, et qui fut depuis l'impératrice des Français,
Bonaparte écrivit de Klagenfurth à l'archiduc Charles la lettre suivante :
« Bonaparte, général en chef de Varmée d'Italie, à Varchiduc Charles, « commandant l'armée autrichienne.
« Quartier général de Klagenfurth, 31 mars 1707 (an V', 11 germinal).
« Monsieur le général en chef,
« Les braves militaires font la guerre et désirent la paix ; celle-ci ne dure-t-elle pas depuis six ans? Avons-nous tué assez de monde et causé assez de maux à la triste