‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 64 sur 389 · MALTE · texte numérisé non relu

MALTE

dément de Vaubois et reprit sa route vers l'Égyi^te. « Soldats, disait- « il, la première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par (( Alexandre ; nous trouverons à chaque pas de grands souvenirs dignes « d'exciter l'émulation des Français. » La flotte traversa la Méditerranée, cherchant à éviter Nelson, qui croisait pour l'empêcher de passer et la détruire s'il était possible ; mais l'amiral anglais, croyant que

Fig. 60. — Cité La Valette, à Malte.

c'était vers l'Angleterre que se dirigeait l'expédition, s'était rapproché de Gibraltar, de telle sorte qu'on put aisément l'éviter. L'armée regarda cet événement comme un bonheur dû à la fortune de son chef; peut-être qu'il eut mieux valu que Nelson nous attaquât à ce moment. Les marins de la république n'étaient point assez exercés pour soutenir une lutte à eux seuls contre la flotte anglaise, tandis que pendant la traversée les soldats d'Italie auraient pu leur prêter main-forte, essayer un combat }\ l'abordage, et remporter une victoire maritime analogue à celle que remportèrent les Romains de Duilius sur les Carthaginois.

Cette opinion est celle d'un marin d'une grande autorité, l'amiral Jurien de la Gravière. Mais, à voir cette armée si entreprenante, cette flotte si nombreuse, qui eût osé prévoir Aboukir dans un avenir prochain !

Le 29 juin, on se trouva en vue d'Alexandrie. Bonaparte avait écrit au pacha d'Egypte pour lui offrir son alliance contre les beys, qui, profitant de sa faiblesse et de l'indifférence du Grand Seigneur, pil-

Fig. 61.

Désespoir des Anglais à la nouvelle de la prise de l'île de Malte par les França ( Caricature du temps. )

,laient les commerçants et exerçaient une tyrannie insupportable. Ainsi, il se présentait comme un libérateur, déclarant que le drapeau de la Porte flotterait partout à côté de celui de la France ; mais les beys n'étaient point disposés à se soumettre et le pacha voulait garder son pouvoir. Le débarquement se fit dans la nuit du 1" juillet, à la grande frayeur des habitants d'Alexandrie; quelques Bédouins inquiétèrent les avant-postes et tuèrent plusieurs hommes, dont les têtes lurent triomphalement portées dans la ville. Mais un pareil triomphe ne devait point profiter à ses auteurs. Bonaparte, monté sur la colonne Pompée, remarquait l'agitation qui régnait dans la place ; on réparait à la hâte de larges brèches ouvertes par l'artillerie. Aussitôt il lance Menou, Kléber, Bon et les soutient d'un feu bien dirigé : le 2 juillet à midi, la ville était

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