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LE REGIMENT DES DROMADAIRES

L'uniforme, composé par Kléber, dans le goût oriental, était très brillant. Loi-sdela première organisation, les soldats portèrent la veste grise avec le turban et le manteau arabe ; c'est ainsi qu'ils firent la campagne de Syrie. Ensuite on leur imposa le dolman bleu clair, avec collet et parements écarlate, le gilet et le pantalon bleu clair avec agréments blancs, enfin un shako en feutre avec visière. En grand uniforme, ils portaient par-dessus le dolman un caftan écarlate descendant an genou, galonné à la houssarde.

Fig. 70. — Bonaparte général en rhcf lU- i anii c a iigyiito (camp-igue de S\iif). D'après une lithographie de RafTet.

avec faux collet et manches courtes fourrées. On joignait à cet haliillement un long burnous blanc. Ils avaient une giberne d'infanterie, un sabre de hussard, une sabretache en cuir noir, un fusil de dragon avec l'équipement et le harnachement du pays (1 ). Ce régiment rendit de grands services ; il était employé non seulement à surveiller et à combattre les Arabes et les contrebandière du désert, mais encore à éclairer les marches, à faire des reconnaissances lointaines, à porter des ordres pressés. Le dromadaire, gi-âce à la rapidité de sa marche, permettait aux éclaireurs de faire jusqu'à 25 lieues par jour. Au même moment Desaix, dans la haute Egypte, avait eu la même

(1) Traditions et souvenirs, par Auguste Colbert, I, p. 132; — .\. Pascal, Histoire de l'armée , III, p. 101; — Bulletin de l'Association scientifique, n" du 16 juillet 1882.

idée et fait monter sur des dromadaires un bataillon de la 21" demi-brigade. Toutefois ce corps obtint moins de succès que le précédent et l'on finit par l'y incorporer. L'effectif du régiment des dromadaires fut alors porté à 700 montures.

Lorsque Bonaparte organisait cette singulière cavalerie, il ignorait, sans cloute, qu'il ne faisait que suivre l'exemple des Romains. Dioclétien avait créé une troupe du même genre, dont la principale garnison était placée à Thèbes. M. Waddington a relevé ( Voyage en Asie Mineure) à Remet el Lohf, en Syrie, la tombe d'un vétéran de ce corps, Yala prima dromedariorum. Il y avait aussi des dromedarii en Syrie. Les Anglais, à leur tour, dans leur campagne récente du Soudan, ont imité l'exemple de Bonaparte.

Le régiment des dromadaires fut naturellement supprimé après la perte de l'Egypte. Il n'en fut pas de même de la cavalerie des mamelouks, que Bonaparte avait créée en grande partie avec des indigènes et dont le riche costume, rappelant celui de la célèbre milice dont ils avaient reçu le nom, est resté populaire. Il en forma en 1804 une compagnie de 162 hommes, élevée plus tard à 250. Cette compagnie fit partie de la garde impériale. Elle était comme le souvenir toujours présent de cette expédition. Elle était pour toute l'armée la preuve vivante qu'avec Napoléon on pouvait aller au bout du monde.

D'ailleurs rien de ce qui mérite l'attention d'un souverain ne restait étranger à Bonaparte.

Dans le même temps, l'Institut d'Egypte se constituait au Caire. Deux palais étaient assignés à l'Institut et à la commission des sciences. Ce fut le 23 août 1798 que l'Institut, sous la présidence de Monge, tint sa première séance dans le palais d'Hassan Kaclief. Il devait principalement s'occuper des progrès et de la propagation des lumières de la civilisation occidentale en Egypte, puis de la recherche, de l'étude, de la publication des faits naturels, industriels et historiques de ce pays fameux depuis si longtemps. L'Institut était divisé en quatre sections : mathématiques, physique, économie politique et arts. Chaque section était composée de douze membres et les procès-verbaux devaient être envoyés à l'Institut de France.

« Certes ce n'était pas, même en 1798, un médiocre lustre pour une assemblée littéraire que la présence du général Bonaparte, dit

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