‹ Napoléon Ier et son tempsChapitre 8 sur 389 · BONAPARTE DANS LA SOCIÉTÉ DE VALENCE · texte numérisé non relu

BONAPARTE DANS LA SOCIÉTÉ DE VALENCE

d'une de ses filles, à la suite d'une innocente partie de campagne dont il garda le souvenir jusqu'à Sainte-Hélène. Il aimait aussi à se rappeler l'image de M'"' de Laurencin et de Saint-Germain , dont la dernière épousa M. de Montalivet. Il ne dédaignait même pas les

Fig. 8. — La princeaae de VUconti. D'après le portrait peint par le baron OéranL (Loarre.)

succès que donnent ce qu'on appelle « les talents dé société ». Il vit donc le monde, l'aima et y plut.

Bientôt après il subissait une épreuve mondaine bien plus redoutable. En 1787, nous le retrouvons à Paris où, pendant un long congé, il fréquenta quelques-uns des derniers salons de l'ancien régime, qui

KAPOLEOS I".

sont restés le type accompli de l'élégance spirituelle. « Napoléon, dit Ségur, y fut remarqué. Dans la société militaire, la préférence des chefs, un commandement plus élevé que son grade et la jalousie de ses égaux l'indiquent assez : il en fut de même dans le monde où, recherchant les plaisirs honnêtes et la société la mieux choisie, il fut bien accueilli, s'y fit distinguer et sut y plaire. » Ce témoignage d'un homme dont la famille appartenait à l'ancienne cour et qui tenait de son éducation toutes les délicatesses de l'ancien temps est d'une grande importance.

Aussi ne faut-il pas s'étonner que le général Bonaparte, commandant en chef l'armée d'Italie, ait frappé tout d'abord les grands personnages étrangers, princes, ambassadeurs, généraux, cardinaux, souverains avec lesquels il se trouva en relations, par une courtoisie et une politesse de manières auxquels la plupart des autres généraux de la République, ne les avaient guère habitués. Nous verrons d'ailleurs que Joséphine de Beauharnais l'avait alors choisi pour époux de préférence non seulement à Hoche, mais à Caulaincourt.

Pendant la campagne d'Italie, il frappa vivement aussi l'imagination des Italiennes. La belle princesse Visconti, dont on voit le portrait par Gérard au Louvre, fit tous ses efforts pour faire perdre la tête au général en chef de l'armée française; mais elle n'y réussit pas, il était tout occupé de Joséphine. La princesse Visconti se rabattit alors sur le général qui était le second dans l'année et transmettait tous les ordres, Alexandre Berthier. « Il faut avouer, dit Stendhal, que de ce côté son succès fut complet. Cet attachement a été le seul intérêt de la vie de Berthier jusqu'à sa mort, dix-neuf ans plus tard. » La Grassini, la chanteuse la plus célèbre et la plus séduisante de ce temps, conçut pour le général Bonaparte une passion des plus vives ; et ce sentiment fut plus durable, si l'on en croit l'anecdote racontée dans les Mémoires sur l'impératrice Joséphine.

« M™" Grassini a beaucoup d'esprit et de grâce dans sa manière originale de parler le français. Son accent italien prête un charme infini à ce qu'elle raconte, et l'on serait en vérité fâché qu'elle parlât autrement.

« Arrêtée près de Naples par des brigands qui la dévalisaient, elle essaya d'abord de

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