LA CHUTE DE L’EMPIRE
Nous avons conduit Napoléon Jusqu’à l’apogée de sa puissance ; nous arrivons maintenant à sa chute, c’est-à-dire au dénoûment fatal et à la trop légitime expiation de celle œuvre de corruption et de violence qu’il avait inaugurée le 18 brumaire. J’ai montré dans le Consulat le fruit naturel du 18 brumaire, et dans l’Empire le développement logique du Consulat ; il ne reste plus qu’à tirer en quelque sorte la conséquence dernière, en montrant dans la chute de l’Empire l’eifet nécessaire de l’Empire lui-méme.
Mais avant de contempler la chute de l’Empire, rappelons-nous quelle était la puissance de Napoléon au moment où elle atteignit son apogée, à l’époque de la paix de Vienne et du mariage du nouveau César avec la fille de l’empereur d’Autriche, l’archiduchesse Marie-Louise, eu 1810, c’est-à-dire au moment même où commence la chute.
A cette époque, l’Empiré, formant cent trente départements, s’étendait des bouches de l’Elbe à celles du Tibre. Quelques mois avant la paix de Vienne, Napoléon avait dépouillé de ses États, pour les réunir à la France, ce même pape avec lequel il avait conclu le Concordat et par lequel il s’était fait sacrer, mais qui ne voulait p.ss se conformer à toutes les prétentions de l’Empereur, et qui, en dépit du blocus continental, avait ouvert ses ports aux Anglais. Le fils qu’il eut de Marie-Louise (20 mars 1811) reçut en venant au monde le titre de Roi de Rome. La Hollande, à laquelle il avait donné pour roi son frère Louis, n’ayant pu se sou- • mettre aux prescri|^^on^ d'un système qui la ruinait. Napoléon