‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 53 sur 134 · IL TOMBA VICTIME · texte numérisé non relu

IL TOMBA VICTIME

l(E LA TTHASSIE

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Opel était ce Jean Palm? Quel rapport entre lui et Napolc-on? Pourquoi, comment fut-il frapp»' ?

Je rifrnorais alors; aujourd'hui je le sais.

Un jour de cette année 18t)6 où la ville de Nuremberg fut ct'di'e, bon gré mal gré, à la Bavière, Jean Palm, liliraire, reçut secrèlemenl l'avis que le maréchal B... avait donné l'onlre de larrèler. Sur le> in!(tance8 de sa famille, il sortit de la ville d se rendit A Erlanf;en.

LlBLItTÉ DE LA l'KESSE, LITTÉHATU HE. «5

rcxéculion. Il aura soin qu'on n'imprime rien dans les gazettes de Rome de contraire à la France. Il fera connaître au gouvernement romain que, s'il a envie de faire quelques publications, il a ordre de faire arrêter les gouverneurs et les agents qui se les permettraient et de les envoyer en France, et de faire pendre le libraire qui les imprimerait...

Toute XVI, page i6o. •

(Jueiques jours après, ne pouvant >upporter dèlre plus lungleuips séparé de sa femme et de ses enfants et ayant conscience, d'ailleurs, qu'il n'avait rien à se reprocher, il revint de nuit à Nuremberg et se cacha dans une chambre retirée de sa maison. Les recherches s'étaient en apparence ralenties ; il semblait qu'on l'eut oublié. Mais on soup- (lonnail son retour, on lui tendit un piège, il s'y laissa prendre. Du matin, un pauvre enfant mal vêtu vint au magasin de librairie et présenta à la femme de Palm une liste de souscription pour sa mère veuve, disait-il, d un soldat allemand. Il demandait à parler à Palm 'ui-méme. Palm sans défiance le fit venir et lui remit quelque argent. L'enfant fortit. Peu de minutes après, des soldats français entrèrent brusquement, se dirigèrent tout droit vers la chambre qui leur avait été indiquée, saisirent Palm et le conduisirent chez le maréchal.

B... le Gt traduire immédiatement devant une commission militaire.

Accusé d'être l'auteur ou l'éditeur d'une brochure politique intitulée: € L'Allemagne tombée dans uiie dégradation profonde, » Palm répondit qu'il n'avait ni écrit ni édité cette brochure et il offrit de prouver par témoin» que les exemplaires saisis dans sa maison faisaient partie d'un l>allot de livres dont il ignorait le contenu. Il demanda, de plus, d'être admis à prouver qu'il n'avait pas été vendu un seul exemplaire de cette brocbarc dans sa boutique.

On passa outre, et Jean Palm fut condamné à mort.

L'arrêt reçut >on exécution le lendemain, Palm fut fusillé à Branau.

'.Ni NM'OLtUN I- l'tIM l'AK Lll-MÈME.

Avuiil de coiniiiaiMier di- t'aiie l'uu sur lui, on lui dciiiaiidii uiiu fois rucore de nommer r.iulcm ilc la brochure; il retuiMi.

Jean l'alm mourut a>ec un courage liéfoïqne. — l-a nouville de lcHc muit.sc ré)iandil dans loule 1 Allemagne avec la rapidité d'un coup de loudrc : elle ninliniida personne, comme on l'avait espéré; au contraire, elle i'oulevu dnns toutes les âmes une indignation proronde. Aujourd'hui encore, on ne prononce en Bavière le nom de l'alm quavec une douleur mêlée de resseulimcul. En 18lii on a élevé au pauvre libraire nurcmbergeois une statue sur le lieu même où il a été supplicié.

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