‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 80 sur 134 · Tome XIV. pa(fp T,'i · texte numérisé non relu

Tome XIV. pa(fp T,'i

AU PRINCE EUGÈNE

Finkensteia, :> avril 1807.

<• Mon fils, je reçois voire lettre du 8 mars, rela-

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live aux tracasseries de la cour de Rome. J'imagine que les évcques que j'ai nommés touchent leurs reveinis. Il faut leur écrire qu'ils se rendent dans leurs diocèses, et qu'ils prennent en main l'administration, si leur conscience ne leur permet pas d'y exercer leurs lonclions épiscopales.

« Je vous envoie une lettre au Saint-Père que vous ferez passer à Rome. Après cela, s'il ne revient pas, il n'en faut plus parler. En temps et lieu je ferai repentir la cour de Rome de sa mauvaise conduite; mais co n est pas le moment.

« Toutes réflexions faites, je n'écrirai pas au papo. Je ne veux pas me jeter dans les tracasseries avec ces nigauds, le plus court est de s'en passer. »

Tomp XV, page 17.

AU ROI DE NAPLES

Finkenstein, li avril 1807.

«... Je vous dirai que je n'ai pas été extrêmement content du préambule de la suppression des couvents. Pour ce qui regarde la religion, il faut que le langage soit pris dans Icsprit de la religion et non dans celui de la philosophie. . . Le préambule de la suppression des

ir.l N\I»nLÉOî« I" PEINT PAR LUl-MfiME.

moines aurait été bien, s'il avait été dans le style des moines... Il fallait dire que le grand nombre des moines rendait leur existence difficile, (|ue la dignité de l'Etat veut qu'ils aient de quoi vivre. De là la nécessité d'une réforme ; qu'il est une partie qu'il faut conserver parce qu'elle est nécessaire pour l'administration des sacrements, qu'il est une partie à réformer, etc., etc.. Les hommes supportent le mal, lorsqu'on n'y joint pas l'insnllc, et lorsque les ennemis de l'État ne se montrent pas avoir porté le coup. Or, les ennemis de l'Ktat des moines sont les hommes de lettres et les philosophes. Vous savez que je ne les aime pas non plus, puisque je les ai détruits partout.. .

« Napolkon. »

Tnmr XV, papo 71.

AU PRINCE EUGÈNE

Dresde, 42 juillet 1807.

« Mon fils, j'ai reçu la lettre du pape que vous m'avez transmise. Répondez à Sa Sainteté à peu près dans les termes suivants :

« Très-Saint Père, j'ai mis la lettre de Votre Saintett'^ sous les yeux de l'empereur, mon très-honoré père et souverain, qui ma répondu de Dresde une longue lettre dont je communiquerai à Votre Sainteté nn c\-

CLEKGÉ, RELIGION, PAPE. 15.)

trait pour lui faire connaître les sentiments de Sa Majesté et ne lui rien cacher sur la situation actuelle des affaires (ju'un peu de charité, de prudence et de réflexion arrangerait facilement...

{' Mon (ils, j'ai vu dans la lettre de Sa Sainteté, que « certainemeut elle n'a pas écrite, qu'elle me menace. « Croit-elle donc que les droits du trône sont moins « sacrés aux yeiix de Dieu que ceux de la tiare. Il y M avait des rois avant qu'il y eût des papes. Ils veulent, « disent-ils, publier tout le mal que je fais à la reli- « gion. Les insensés ! Ils ne savent pas qu'il n'y a pas u un coin du monde, en Allemagne, en Italie, en Po- « logne, où je n'aie fait encore plus de bien à la relia gion que le pape n'y a fait de mal, non par mante vaise intention, mais par les conseils irascibles de u quelques hommes bornés qui l'entourent. Ils veulent « me dénoncer à la chrétienté ! Cette ridicule pensée « ne peut appartenir qu'à une profonde ignorance du « siècle où nous sommes; il y a une erreur de mille « ans de date. Le pape qui se porterait à une telle dé- « marche cesserait d'être pape à mes yeux. Je ne le u considérerais que comme l'antéchrist envoyé pour « bouleverser le monde. Que veut faire Pie VII en me « dénonrant à la chrétienté? Mettre mes trônes en in- « lerdit, in'excommunier? Pense-t-il que les armes « tomberont des mains de mes soldats? Et mettre le « |)oignard aux mains de mes peuples pour m'égorgor?

iie NAl'ULLOiN l" PEiM PAR Ltl-MÉMli.

« Cette infâme doctrine, des p^pe^: furibonds et ncs « pour le malheur des hommes l'ont prèchee. Il ne « resterait plus au Saint-Père qu'à me faire couper le> M cheveux et enfer nier dans un monastère. Croit- il « noire siècle revenu à l'ignorance et à l'abrulisse- « ment du neuvième siècle? Me prend-il pour Louis le « Débonnaire?...

« Le pape actuel s'est donné la peine de venir à mon « couronnement à Paris ; j'ai reconnu à cette démarche « un saint prélat, mais il voulait que je lui cédasse les « Légations; je n'ai pu ni voulu le faire. Le pape actuel « est trop puissant; les prêtres ne sont pas faits pour « gouverner...

« Certes, je commence à rougir et à me sentir hu- « milié de toutes les folies que me fait endurer la cour « de Rome, et peut-être le temps n'est-il pas éloigné, « si Ton veut continuer à troubler les alTaires de mes « États, où je ne reconnaîtrai le pape que comme « évéque de Rome, comme égal et au même rang que « les évéques de mes États. Je ne craindrai pas de M réunir les églises gallicane, italienne, allemande, po- « lonai?e dans un concile pour faire mes affaires sans «< pape. En un mot, c'est pour la dernière fois que « j'entre en discussion avec cette prélraille romaine, ( on peut la mépriser et la méconnaître et être con- «; stamment dans la voie du salut et dans l'esprit de la u religion.. »

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