‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 81 sur 134 · CI.ERliÉ, HELIGION, t'APt · texte numérisé non relu

CI.ERliÉ, HELIGION, t'APt

M Tiès-Sainl Père, cette lettre n'était pas faite pour être mise sous les yeux de Voire Sainteté. Je la conjure lie linir toutes ces discussions, d'éloigner d'elle les conseils pcrlides d'hommes irascibles qui, s'aveuglani sur les circonstances et sur les vrais intérêts de la religion, ne sont animés que par de petites passions.

u Que Votre Sainteté réfléchisse qu'elle est responsable des désordres que veulent commettre dans l'Église de France les Antonelli, les Pietro et les autres prélats italiens pour (|ui le bouleversement n'est pas un sujet d'inquiétude ; qu'elle aura à se repentir de la nouvelle scission qui va se préparer en Occident; que la France, l'Italie, le royaume de Naples, la confédération du Rhin seront, non séparés de principe, mais affranchis de l'influence de la cour de Rome, et (jue le pape se trouvera seul et n'ayant de communication qu'avec la plus petite partie de la chrétienté. Cette sujétion des Églises à celle de Rome n'est en rien dans les dogmes de la religion, surtout en France, où l'on ne croit pas à linfaillibililé du pape, mais de l'Église réunie, et certes les cardinaux Antonelli et Pietro ne forment pas l'Église réunie du monde.

u Que Votre Sainteté voie ce qui se passe à Dresde |tar l'effet de la souveraineté de l'empereur. Le roi et Its catholi(iucs ont été arrachés à l'influence luthérieime. Dans la ville de Dresde, le> cloches ont été rat-

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tachées aux clochers. En Pologne, l'Église sort du joug des protestants. Tant de services rendus à la religion par ce souverain sont encore sans exemple dans les annales du inonde. Cependant, par les conseils des Pietro et des Antonelli, Votre Sainteté se trouve séparée de son plus ferme appui, de celui qui donne le plus grand éclat à notre sainte religion. On veut lutter de puissance et, j'ose dire d'orgueil, avec un souverain que nous ne pouvons comparer qu'à Cyrus et à (^liarlemagnc. Était-ce ainsi qu'en agissaient envers Cyrus le patriarche de Jérusalem et envers Charlcmagne les pontifes qui régnaient de son temps à Rome? L'empereur le dit lui-même dans sa lettre : « Les in- « sensés! Ils veulent me traiter comme Louis le Dé- « bonnaire, ou m'excommunier comme Philippe le « Bel! » Dans le fond, il n'y a dans tout ceci que fort peu de choses à faire, mais il n'est pas juste que les mouches s'attachent au lion et le |)iquent à petits coups d'aiguillon ; elles percent à peine sa peau, mais enfin elles l'irritent. Où est donc la douceur évangéliquo, la charité chrétienne, la prudence, la politique de lu cour de Rome?

« Les mauvais conseillers de Sa Sainteté ont déjà troublé son repos. Us sont sur le point de convertir le plus beau pontificat que l'histoire nous offre depuis saint Pierre, en un pontificat le plus ruineux et le plus désastreux pour Roino. . »

CLERGÉ. RELIGION, PAPK. I.Vi

« Vous enverrez celle lettre au pape, et vous me préviendrez quand M. Alquier l'aura remise.

« iNapoléon. »

Tomi' XV. pagp 4i1.

Tout le monde .«ait que Napoléon s'empara en 1809 des Ktats de l'Eglise et retint le pape prisonnier jusqu'en 1814, à la chute de l'empire.

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