‹ Napoléon Ier, peint par lui-mêmeChapitre 92 sur 134 · MAMÈRE D'AGIR DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

MAMÈRE D'AGIR DE NAPOLÉON

fourniront 2,000 matelots; la ville et le territoire de Brème en fourniront 500 ; la ville et le territoire de Lubeck en fourniront 500.

« Art. 'i. — Ces 5,000 matelots seront dirigés sur Flessingue et sur Boulogne pour l'armement de nos noltes.

« Art. 5. — Nos ministres de la marine, de la guerre et des relations extérieures, sont chargés de l'exécution du présent décret.

Tuinc XVI, pa^ii 33o.

AU GÉNÉRAL DUROC

(AUBAbslUEUR X BGRMH)

Augàboui'g, i brumaire au XIV {U octobre 1805).

« Monsieur le général Duroc, j'ai besoin de vos services près de moi. Demandez au roi une audience de congé et venez me joindre à Munich. H vous sera fa«ile de faire comprendre que dans les circonstances actuelles, j'ai besoin de vous. Le but d'ailleurs pour le(jucl vous restiez à Berlin est mantjué, puisqu'il n'est plus question d'alliance...

« Dites au roi en prenant congé : « Sire, l'empereur

'( me mande près de lui. Il voulait écrire à Votre Ma-

-« jesté pour l'informer de ses succès, mais il n'ose

180 NAPOLÉON I" PEINT PAR LDI-MÉMt.

« plus, étant vaguement informé, par les bruits de l'AI- « lemagiie, (pic ses cnueinis lèvent la tète à berlin cl « triomphent auprès délie. Sire, vous avez dans l'cni- « pereur un ami capable de venir des extrémités du u monde à votre secours. L'empereur est peu connu « en Europe, c'est plus encore un homme de cœur « qu'un homme politique. Serait-il possible que Voire (( Majesté voulût, par une conduite douteuse, aliéner « un homme d'un si grand caractère et qui lui est si a attaché!...

« ^APOLÉOW. M Tome Xi, \>»ms ôbi.

AU ROI DE PRUSSE

La Mainiaison, 4 «rril 18U6.

« Monsieur mon frère, j'ai fuit connaître à M. ie comte de llaugwilz, dans deux longues conférences, le fond de loutcs mes pensées...

« Sire, que Votre Majesté me permette de le lui dire encore : depuis le traité^de Paris, dans la proclamation adressée à Neufchâlel, il a élé dit, au nom de Voire Majesté, qu'il valait mieux qu'elle eût cédé cette principauté à la France que si la France l'eût conquise. Ah! Sire, il n'a jamais été dans mon intention de faire la guerre à Votre Majesté, et si je l'eusse voulu, si j'eusse

MANIÈRE D'AGin DE NAPOLÉON. 181

l»u un moment oublier les principes de la politique de ma couronne et les sentiments que j'ai voués à la personne de Votre Majesté, si je m'étais laissé influencer par les insultes de son ministre et par cette espèce d'exaltation factice que l'on avait donnée à ses peuples contre la France, je le dis avec un noble orgueil, j'eusse pu la lui faire payer bien cher...

« La guerre contre la Prusse n'a jamais pu être possible de ma part...

« M. le comte de Haugwitz ne saura jamais trop lui répéter combien mes intentions sont droites, franches et décidées. Je ne serai jamais, lorsqu'il s'agira de lui plaire, incertain, douteux et n'aurai recours à aucun mezzo termine...

M Napoléo.n. »

Toute XII, page £k>.

AU ROI DE PRUSSE

Saiiit-Cloud, li ïepteiiibre 180G.

« Monsieur mon frère, j'ai reçu la lettre de Votre Majesté. Les assurances qu'elle me donne de ses sentiments me sont d'autant plus agréables que tout ce qui se passe depuis quinze jours me donnait lieu d'en douter. Si je suis contraint à prendre les armes pour me défendre, ce sera avec le plus grand regret que je

lu

182 NAl'OLÉO.N I" PEINT PAR LUI-MÊME

les emploierai contre les troupes de Votre Majesté. Je considérerai cette guerre comme une guerre civile, tanl les intérêts de nos États sont liés. Je ne veux rien d'elle, je ne lui ai rien demandé...

« Si Voire Majesté m'eût dit que les Iroupes que j'ai en Westphalie lui donnaient de l'inquiétude, je les eusse retirées pour lui plaire. Je suis ami ou ennemi franchement. . .

« Je dois le dire à Votre Majesté, jamais la guerre ne sera de mon fait, parce que, si cela était, je me regarderais comme criminel ; c'est ainsi que j'appelle un souverain qui fait une guerre de fantaisie, qui n'est pas justifiée par la politique de ses États. Je reste inébranlable dans mes liens d'alliance avec elle. Que par sa réponse, elle me fasse connaître qu'elle les repousse, qu'elle ne veut mettre sa confiance que dans la force de ses armes, je serai obligé de recevoir la guerre (ju'elle m'aura déclarée; mais je resterai le môme au milieu des combats. Apres des victoires, si la justice de ma cause m'en fait obtenir, je demanderai la paix, regardant cette guerre comme une guerre sacrilège...

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