BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE
Rerlin, % octobre 1806.
« L'empereur a fait hier, 27, une entrée solennelle à Berlin...
« M. le comte de Néale s'étant présenté dans les salons de l'empereur, Sa Majesté lui a dit : « Eh bien ! « monsieur, vos femmes ont voulu la guerre, en voici (( le résultat. Vous devriez mieux contenir votre fa- « mille. » Des lettres de sa fdle avaient été interceptées. « Napoléon, disaient ces lettres, ne veut pas faire « la guerre, il faut la lui faire. — .Non, dit Sa Majesté à « M. de Néale, je ne veux pas la guerre, non pas que je « me méfie de ma puissance, comme vous le pensez, « mais parce que le sang de mon peuple m'est prête cieux, et que mon premier devoir est de ne le répan- « dre (jue pour sa sûreté et son honneur. Mais ce bon « peuple de Berlin est victime de la guerre, tandis que « ceux qui l'ont attirée se sont sauvés. Je reniirai cette « noblesse de cour si petite (ju'elle sera obligée de <t mendier son pain. »
« En faisant connaître se.> intentions au corps raniii-
cipal : « J'enlends, a dit l'empereur, qu'on ne casse les « fcnèlres de personne. Mon frère, le roi de Prusse, a « a cessé d'être roi le jour où il n'a pas fait pendre le « prince Louis-Ferdinand, lorsqu'il a été assez osé « pour aller casser les fenêtres de ses ministres. »