‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 13 sur 56 · BLIDAH · texte numérisé non relu

BLIDAH

Blidali, chef-lieu de sous-préfecture, est sHné à rextrémité sud de la plaine de la Mitidja, à 48 kilomètres d^Alger, sur la

route de Médéah.

La commune de Blidah comprend (juatre annexes : Joinville, Montpensiery VcUmatie et Béni^Méred. Sa population totale est de 11,563 jiabitants

Vori^^ de Blidah ne parait pas remonter à Tépoque ro«

BUBAU. 103

maliiA. Aucune raine dn moins ne le laisse supposer. Cette ^e, très-peuplée da temps des Tares, fût détraite en grande partie par le tremblement de terre de 1825. Elle commençait

à se repeupler, en 1830, lorsque le marf^chal de Bourinont essaya de s'en emparer. Attaquée de nouveau, vci's la fin de 1830. par le maréchnl Clauzel, prise et évacuée ensuite par le (fuc de Kovigo et par le maréchal Val6e, en 1834 et 1838, elle ne fut occupée défmitivement qu'à partir de 1839.

Lee orangeries de Blidah sont renommées ; elles occupent une superficie de 110 hectares, etcomprennant plus de 35,000 pieds d'orangers on de citronniers. Le territoire de Blidah est d'aîllearBtrè»-fertile. Toutes les cultures j réussissent parflûtément.

Blidah, qui est relié à Alger par un chemin de fisr, et qui reyoït les produits de l'intérieur par Hédéaht tend à defenir

un centre de commerce important.

L'Empereur * BBihili.

Le 11 mai, à 91ieures et demie du matin, le tram impérial, qui avait <[uitté Alger à 8 heures un quart, arrivait dans la gare de Blidah. Sa Majesté l'Empereur, accompagné de son état-major et d'une suite nombreuse, est aussitôt monté en voiture, et s'est dirigé vers la ville, où il a été reçu, par M. BoréJjr Ia Sapie^ maire de Blidah, et par M. Ausone de Chancel, aous-préfiit de Tarrondissenient.

H. Borély La Sapie a prononcé le discours ^^uivant, en présentant à l*£nipereur les elefe de la ville de Blidah, que portait sur un beau coussin de velours un arabe aux traita fortement accentués:

a Sire,

a J'ai l'honneur d'offrir à Votre Majesté Icsdefs delà ville et de lui présenter le conseil municipal.

PKOVINCB If ALGER.

< Veuillet permettre, Sire, que je eob l'inteiprèle des aenftimenU île la population, en disant que si le nouveau voyage de j Votre If^esté en Algérie a réalisé noe plus dières espérances, la visite que daîgne nous faire anjouidliui notre Souverstn, ■ nous met au comble de lu joie. j

c Sire, la ville de Blidah espère être nn:réab]e à Votre Ma* ;

Jest« en lui oflrant l'exciupU' trunlieureux mélange de militai- i

iTs, dp rnlnns et d'indigènca, vivant dans la plus parfaite har- !

luuiao et xtma luiimés d'un ^*ïal aniour pour leur Souverain. |

« Votre ^fnjestc», qui doïine au monde rcxeniplc des grandes |

pcusées et des a-uvrt .s L'/ riéreuses, a voulu être le rédempteur ;

(les indigènes, et, par l'Algérie, essayer de ramener l'Orient à

la dvilisation. Cette noble pensée a fiùt battre id de fierté, le

cœur des enfants de la France ; Us sollicitent l*honneur de [

seconder, dans la mesure de leurs forces,- les laiges vues de i

Votre Majesté.

c Sire, croyez à notre amour, croyez à notre dévoneoMnt; [ mais, que dis-je? et ai-je encore à demander cela, puisque | Votre Majesté daigne, pour être mieux des nôtres, devenir ' colon ?

« Que Votre ^fajesté nous permette d'espérer qu'en quittant l'Algérie, Elle emportera cette pensée, que, de ce côté de la Méditerranée , les Français n'ont rien perdu des sentiments généreux qui font la gloire de la mère patrie, et que | le beau soleil d'Afrique, qui retrempe les courages, n*a £ùt | que fortifier en eux les sentiments de reconnaissance pour le Souverain à qui la France doit son salut et sa grandeur.

« Quant à nous, Sire, lorsque Votre Mijesté quittera nos rivages. Elle nous laissera pleins de tristesse, mais aussi pleins d'éneiigie et de confiance, puisque Votre Migesté nous a dit . d'avoir M dans Tavenir, et c'est toujours du plus profond de nos cœurs que partiront ces vœux :

« Vive V Empereur!

a Vive V bnpcrairicc f

« Vive le Prince Impérial / » ' ,

BLIDAII. m

Après avoir adrwsé qaék(pm paroles axtrèmament Uen- ▼eOlantes à If. le maire de Blîdalr, et vépondu avec la même bonté à un autre discours pronoooé par M. de Lhoys, président du tribunal dm\^ l'Empereur est entré dans la ville en paaeant 80118 la porte Bàl-^-Sébt.

La décoration de cette porte, transforiiiëe en arc de triomphe, offrait un heureux mélange d'armes étincelantes et de modestes instruments agricoles. Et comme Blidah, la reine de la Miiidja, est par excellence la ville des fleurs et des orangers, on avait eu la poétique pensée d'écrire, sur le fronton de Tare de triomphe, le nom de r£mpereur avec les feuilles, les fleurs et le fruit de Torai^ger: ciiarmanAe idée, exécutée avec go6t, et qui a &it dire au spirituel rédacteur du Journal le Tel(, que désormais le nom de TEmpereur appartient à TAlgérie comme à la France, puisqu'il a été écrit, àtm les divers localités visitées par Sa Majesté, en fleurs, en fruits et en tontes espèces de produits du pays, a Scipion, ajoute-t-il, mérita le surnom d'Africain^ Napoléon 111 est digne de porter celui d* Algérien (1). »

Le même goût, la même pensive avait pr^^sido aux décorations de l'intérieur de la ville. Toutes les rues étaient ornées de trophées, d'oriflammes et de fleurs. L'Empereur conservait ainsi le souvenir des magnifiques orangeries qui Tavaient si agréablement surpris quand il avût traversé ces délicieuses forêts qui entourent la ville d'une ceinture parfbmée. Aussi, en lisantles mots : c Napoléon m, premier colon de l'Algérie, » sur un écosson qui décorait une maison de la place d'armes. Sa HiQesté dut se dire que ce titre n'était pas à dédaigner, et que les colons qui habitaifflit une paraUle ville n'étaient pas à plaindre.

L'Empereur s'est rendu à l'église Saint-Charles. M. le curé de Blidah, assisté d'un nombreux clergé, venu des environs,

(1) Voir, dans le journal la Tetf, publié à pUdab^ raitide dulSmsi iS05, signé: PbUibert Bia«tae.

m PHOHMB DttLGEIt

Va reçu mr le perron autour duquel étaient groupés, sur la pÏÊùù^ ]m oDAuDta dM dem sflsias des Ecole» clirétienms.

M. le eoré n adressé À rEmperenr r«lloeatton snlfaiilie:

«1 Siri%

'< I.e rlerj^M- du canton de Blidah b'assucie à la joie qu'a fait naitrc dans le cœur de nos populations, Theureux événement de Tarrivée de Votre Majesté en Algérie : il s'y associe à un double titre, car, à l'expression du plus respectueux des hommages, il ajoute celle de la plus profonde reconnaissance.

c C'est à vous, Sire, c'est à votre Gonvemement, que Blidah doit cette basSique, le plus bel ornement de notre dté, et le témoignage éclatant de Votre haute sollicîtude pour les int&^ts delà religion.

a Sire, que le Trî's-Haut, auquel nous ne cessons d'adresser, pour la conservation de Votre Majesté, et celle de Son Auguste famille, les plus ardentes pru'res, écoute la voix de nos cœurs, et l>elu^. > ce voyage qui restera éternellement gravé dans notre souvenir. »

Après le chant du Domûtc êàhnm foc Jmperaiormnt et an momentoù rEmpereur quittait réglise, qu'il atrouvée spadeose et belle, une jeone demoiselle, élève des sceurs de la Doctrine chrétienne, s'est approchée de Sa Majesté, et lui a adressé ce petit compliment :

SouveraiD, pôrc, époux, soyez trois ibis benreuxy Sire ! qno le Seigneur vous aide en foules choses! Et pour celle avec qui vous partages nos v»«z, Prenes ce souvenir de ht ville des roses.

Et tout en tremblant, tout en rougissant, raimablecompUmeatsusa olfre à 8a U^jeaté «n splendide bouquet de fleurs, et 4suK mayûriques corbettles de belles oranges à Tadresse ée l'Impératrice. L'Empereur, visiblement ému, a remercié Is charmante enfant pour laquelle il a eu des paroles dt' père, et a bien recommandé les oranges qui veiiaieuV de im èUe

BUDAH.

offertes, ijôiitaiit qti*il tenait à les Mn pairentr & lenr dettination.

S*adre6sant enstiite à la sœur supérieure, il a demandé combien d*élèves elle possédait dans son école. — 400, Sire, a répondu sœur Paul. Sa Majesté a remarqué la santé florissante de tous ces enfants, s'informant si la ville avait toujours été dans ces mêmes conditions de salubrité.

L'Empereur a visité en dernier lieu le dépôt de remonte, où U a été reçu par M. le général Morris. Sa Majesté a admiré les magniflqoes aoîmaiix qaisetrooTent dans cet établissement de premier ordre.

Quelques instants après, EUe remontait en vdture non sans avoir été impatientée par la fimle des arabes qui se prédpitalent pour lui embrasser les mains et pour lui remettre de nombredses pétitions. On a eu de la peine à les écarter, car les arables sont très-traiaces et peu cérémonieux, surtout quand il» voient un bienfait au bout de leur opiniâtreté.

Avant de quitter Blidah, Sa Majesté a serré la main de M. le Maire en le remerciant du bon accueil qui lui a été fait par la population.

a Je vous prie de dire aux habitants de Blidah , monsieur le < Maire, combien j'ai été satisfoit de leur réception, » a dit l'Empereur en partant, et après avoir déposé, entre les mains de M. Borély, une somme de 1^000 fr. pour le bureau de bienfiôsance et la Société de secours mutuels.

Pendant son séjour à Blidah, l'Empereur s'est entretenu plosieun tom avec M. le maire de cette ville, et avec M. Ausone de Ohancel, sous^préfét de Parrondissemeiit (1), Sa Mi4^*^«

(1) H. Ausone de Gbaacel, qui administre depuis plnnears «niées et avec distiactioo, l'anondiasemsat de Blidab, est on ancien Algérien.

Nous nous rappelons avoir entendu, à une époque déjà éloignée, un charmant poème que lui avait inspiré ce beau pays qu'on ru; jwut s'empécher d'aimer et d'admirer. Depuis lors, M. Ausone de Chance! s'est frit an nom diBs U litléraloie. Son Livre dei Blandet a été iMMeoap lu. Le dernier ouvrage qu'il a publié et qui lai a vala les félidtatiqos dei'Empersari eet Intitulé : €9Hm et JaphêU

PHOVUCE D'ALGER.

toujours si bienveillante et si affectueuse. :iété d'une hmU' j arlaite pour M. de Omnrf! ; Kilo lui u parle de> uin rage^ (ju il a publiés, c Je lis particulièrement avec beaucoup d'intérêt, lui a dit Sa Miyesié, c^le de vos publications qui traite de l'éougration des noirs d*Afiriqtte. »

MËDËAH.

M<^(î^'ah, chef-lieu de commune et de subdivision militairCf est situé 11 42 kilomètres S. de Blidah, sur le versant incridional d*uu mamelon, dont le sommet s'élève à d40 mètres aude^us du niveau de ia mer.

Médéah occupe remplacement d'une ancienne ville romaine^ qui aarait été selon M. Mao-Garthy, la station de Mediiœ on Mediait ainst appelée parce qu'elle était à égale distsnee de Tirmadi (Berouageula) et de Sufoêor (Âmoura).

La ville bfttie par les Turcs sur cet emplacanent, a ellemême disparu en quelque sorte ; les constructions françaises, ipii couvrent déjà une gi unde étendue de terrain, ont remplacé presque partout les vieilles maisons qui tombaient en ruines» en 1840, quand notre armée en prit possession. Trois minarets encore debouts sont les seuls témoignages de l'ancienne importance de cette ville, qui fut la capitale de la province de Titteri. Des trois mosquées annoncées par ces minarets, une seule est encore affectée au culte musulman, la seconde s été transformée en ^lise, et la traislème est comprise dans rsnceinte fortifiée, son minaret sert de poste d'observation pour survoUer la vallée.

Le territoire de Médéah est très-fertOe. La vigne y rémsît parfaitement et déjà les vins de Médéah ont acquis de la répu-

MÉDÉAR

tation. Cette calture oceope près de 500 hectares. La récolte en est abondante, oomme da reste eelle des autres cultures qui sont appropriées à son elimattempéré. Le territoire de Hédéah a toujours été remarqué par sa fertilité, et a donné lien à ce dicton arabe : t Hédéah est une ville d*aboiMlance; n le mal y entre le matin, il en sort le soir. »

La commune de Médéah, qui dépend aujourd'hui de rarrondissement de Blidah, comprend trois annexes : Damietti, Lodi ci Mouzaiorlea-nnines. Sa population totale est de 10,767 habitants.

Il était près de midi quand r£mpereur a quitté Blidah, pour se rendre à Ifédéah,

La route panDOume par l'Empereur est peut-être la plus remarquable qui existe en Algérie, où pourtant l'imprévu et le pittoresque, les accidents de terrain et les points de vue abondent, et font l'objet de Tadmiration des touristes les plus difficiles. Cest, d'abord, la magnifique plaine de la Hitidja, avec sa luxuriante végétation ; puis, viennent les riches vergers de rOued-el-Kébir, et enfin les gorges de la ChifFa. Si, avant de pénétrer dans ces gorges profondes, on se retourne vers le point de départ, les yeux éblouis s'arrêtent sur le tableau magique de la Iditidlja, des longues collines du Saliel et de la mer ^ul se montre par la coupure du Masafiran.

C'est dans ce site admirable, connu sous le nom singulier de : Rwmeau de$ Hn^es^ que l'Empereur et sa suite ont fiut halte pour déjeuner. Puis le cortège impérial est entré dans la Ctorge de la Chiffa, qui est bien, comme le dit M. Piesse, dans son Itinéraire : « une des merveilles de l'Algérie. »

Dans une coupure ù pic de cinq lieues de long, la route a été conquise tantôt sur le rocher qui la surplombe de 100 mètres,

et que la iiiitie a dampié, tantôt sur ic torreutqui iuicède uue partie de son lit.

Cette œuvre gigantosqup, accomplie par nos troupe.s, sous la direction du génie luilitairOf fait le plu8 grand hoaneur à l'armée d'Afrique. « Depuis les légions romaines, qui lawiiaiwii la pioche aussi bien que Tépée, a dit oiee beaucoup d^àpropM M. le colonel SUbourl, miUe armée a« poule n'a accompli autant de trmil, ni tant fiiit pour litrer an grand paji à la cttUura «t à U dvîliHktkin.» c U fiuit ^*Qn Mclin, ijoiitaii-U« — et nous aonunes heoraux de le redire aprèe loi, car noui aimone à rendre hommage au dévouement de notre glorieuse armée, — il ftint qu'on sache que lorsque nos soldats ne se battaient point, ils travaillaient ; et diaque année, durant .sept mois, cinquante ou soixante mille hommes étaient échelonnés au travers de la contrée pour ouvrir dcis ruuleo, dessécher les marais, combler les fondrières, abaisser les montagnes, faire des ponts, des barrages, bâtir dans les tribus des maisons de commandement, sur les chemins des Gara«aneéiails« c^ créer, dans le désert, des oasis nouveUaa, i

L'Empereur, en parcourant eetfee aaagnifique rouie, a dd èÉra fier de son armée d'Afrique, qui a en fiûre de si grandis choses pendant les kmîvs de la paix, on entre deux eipédi* tione.

A quatre henna enTiran, fiaM^oaté airiiaii à Médéab, €h Bile étùt reçue avec eet entiumsiaame idialeurenx qu'elle a

rencontré partout, mais dwit l'expression est devenue plus énergiijue et jtlus siiicorc au fur et à mesura que sa bittu^ieillantc soIIk itude pour les colons a ét*'; plus connue.

M. Dubois, ancien officier supéneiir, et uiaire de Médéahi s'est approdité de i'Ëwi^ânw, eyt a prono^ ]p dii^pnf!? vanti

<t 8ift^

t J'ai rbonoeuir dn d^posor aux piede dn Votre lli^oslé^ hu defr da In^e ^ liédéah.

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