BÉSUMÉ DU VOYAGE IMPÉRIAL
en ÂlgcriCi et a visitû la Colonie dans presque toute son étendue. .
C'est la relation de ce voyage que nous avons écrite et que
nous publions ci-après ; mais il nous a paru utile d'en résumer au préalable les principaux incidents.
Le 29 avril 1865, à 8 heures du matin, TEmpereur quittait Paris pour se rendre en Algérie. Quelques heures après, il Fe> cevait à Lyon un accueil enthousiaste auquel la classe ouvrière prenait une tris-large part, voulant ainsi témoigner qu'elle n'avait })oint perdu le souvenir des mesures si populaires ré» cemmeiit ordonnées par Sa Majesté.
Le lendemain, l'Empereur partait pour Ifsneille, après avoir eu une entrevue avec LL. HM. l'Empereur et l'Impératrice de Russie, qui venaient de dire un étemel adieu à S. Â. I. le grand duc Nicolas, leur fils, mort à Nice peu de jours aupara* vant (i).
Dans la suiree du même jour, T Empereur Napoléon III arrivait à Marseille, oîi Tattendaient le yacht impérial VAigU et l'escadre cuirassée. Deux jours i^rès Sa Majesté débarquait à
Alger.
L'arrivée de l'Empereur en Algérie était un grand événement
(!) L'Empereur et l'Impératrice de Russie ont reçu , à celle occasion, à Nice et partout sur leur passage, en traversant la France, les témoignages de la plus respectueuse sympathie. Leurs Majestés en ont été profondénioiit touclices et en ont fuit exprimer à plusieurs reprises leur vive gralilude aux babil<uiit> de HIcq»
BÊSUHÉ DU VOYAGE IMPÉRIAL. xj
dont les conséquences ne pouvaient être que ti ès-lieureuscs pour la Colonie. La population accueillit donc Sa Majesté avee bonlieur; cependant, au milieu de la joie générale qui se manifestait par de bruyantes acclamations, il n'était pas dUlicile de déoou?rir uue certaine crainte. Le souTenir du voyage de 1S60 était présent à la mémoire de tous, et quelques esprits pessimistes faisaient remarquer que, depuis cette époque, l'Empereur à qui on u'avait foit voir que des arabes, avait témoigné une trop grande sollidtQde pour les ennemis de la \eillc , et leur avait fait une trop large part dans cette Colonie àjamaia frmçam^ qu*un document mémorable qualifiait de : Royaume arabe.
Mais, dès les premières paroles prononcées par l'Empereur, cette crainte s*évanouit et fit place à la plus grande confiance. « Je viens au milieu de vous, — disait-il aux colons , — pour a connaître par moi-même vos intérêts, seconder vos efforts ; c vous assurer que la protection de la métropole ne vousman- « quera pas. »
Joignant les actes aux paroles, et désireux de connaître par lui-même les besoins de la Colonie, TEmpereur commença immédiatement cette enquête minutieuse, qui ne dura pas moins de six semaines, et pendant laquelle Sa Majesté ne se donna aucun répit.
 Alger, TEmpereur travaille chaque jour, pendant plusieurs heures avec le gouverneur général, avec le. maire et avec les cbefe des divers services; il examme, discute et arrête les projets qui lui sont soumis et prend l'initiative de plusieurs améliorations très-importantes.— Indépendamment des conférences
lij HÉSI MÉ m VoVAiit iMi'LHiAL.
qu*il a avec ces fonctionnaires, et avec les représentants du
commerce, de Tindustrie et de ragriculturc, l'Empercnr veut étudier sur les lieux les questions à résoudre j il se rend successivement dans les différents quartiers de la ville, dans les établissements publics et sur les chantiers des travaux encoure d'exécution.
Chacun se prête avec un respectueux empressement à cette
enquête si remarquable du Souverain d'un grand empire, a qui A traverse les oiers et vient de sa personne s'enquérir à cinq c cents lieues de sa résidence, des ressources d'un pays, des
€ besoins d'un peuple (1) ! »
C*est à qui renseignera le plus complètement Tauguste visiteur sur les progrès accomplis, sur les aspii*ations, sur les besotas de la Colonie.
Le maire d'Âlger lui dit combien sa présence était nécessaire,
combien elle était désirée : a Depuis cinq ans nos regards n*ont € point quitté le rivage, et nous avons appelé de tous nos vœux « le retour espéré. »
A la ciiLlieilt aie, i'émiiicnt prélat qui est à la tête du clergé algérien depuis près de vingt ans, et qui connaît les besoins de la colonisation, profite de cette circonstance solennelle pour rassurer les colons ; il rappelle que a l'Algérie a été proclamée à jamais Française. » Puis« il ajoute : f Grâce à Dieu* grâce à l'Empereur, nous verrons de nos yeux le libre et complet épanouissement de la colonie. Plus coiiiiant que jamais dans soit
(I) Proclauiatiou de M. Sarlaudt, maire d'Âlger. *
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avenir, le colon dilatera joyeusement ses entreprises, son travail et sa modeste fortune. »
M. Pierrey, premier président de la cour impériale, exprime les mêmes idées et termine son allocution en signalant Tempressement des musulmans à recourir aux tribunaux français. L^Empereur lui répond: € quHl remercie la Cour de ses persé- « vérants efforts pour faire aimer la justice dans ce pays, que « lui aussi appeUe la France, et où son séjour apportera, il
< espère, quelques bienfiûts. »
président de la Société inipéiiaic d'agriculture, après avoir fait connaître sommairement à l'Ëmperenr les travaux ' accomplis, en si pea d*anaées, par les colons, ne peut s'empêcher de mentionner les accusations injustes dont ils ont été l'objet de la part des ennemis de l'occupation française : « Dans « les siècles derniers, dit-il, les populations, lorsqu'elles senoc taient un malaise, s'écnaient: Si le roi savait! — Nous tous,
< colons de l'Algérie, alors que nous étions parfois accusés « d'impuissance, nous ne cessions de nous dire : c A A / m {* J?m- « pereur voyait ! »
Le même jour, l'Empereur adresse aux habitants de l'Algérie une proclamation qui produit la plus vive sensation, et qui doit demeurer, en effet, comme la charte des colons. L'Algérie est à jamais française, il ne peut plus être question d'un abandon même partiel : c Ayez foi daks l'avenir, — dit l'Empb-
C REl]R, — ATTAOHSZ-VOUS A LA TERRE QUE VOUS CULTIVEZ, f COMME A VNK NODVEtLE PATRIE. »
La parole impériale a été entendue, la confiance renaît, et^
partout sur son passage, l'auguste visiteur reçoit les témoi-
xiv IIÉSLMÊ Dl VUVAGE IMPÉRIAL.
gnages de la plus vhe recotmaissance ; partout le colon lui
montre ses ir.uaux, ses richesses chèrement acquises* et lui dit: Sire, voyez ce que nous avons fait, malgré les obstacles nombreux que nous avons rencontrés, juges de Tavenir qui est réservé II ce beau pays, aujourd'hui que votre puissante protectiou liii est assurée. »
Le premier centre de population agricole visité par l*Empereur, a été le village de Chéragas. Sa Mî^esté, qui s'attendait peut-être à voir des terres en firiches ou mal cultivées par des colons maladif)!, luttant avec ^eine contre le climat, fût agréablement surprise de rencontrer partout les cultures les plus * riches et les plus variées. Ici les céréales, la vigne et le mùrier« là le tabac, le coton, le lin, les orangers, les citronniers, et plus loin, des clianips immenses de plantes odoriférantes, que l'industrie locale utilise avec le plus grand succès (1).
Emerveillé du magniGque tableau qui se déroulait sous ses yeux, r£mpereur dit au magistrat distingué qui administre la commune de Chéragas : « Monsieur le maire, si toute
(1) Le géranium qui en France végète péniblement et seulement dans ccrlaiiies cxposilions elioisies , croU à CNrsgss avec une abcMidiuiee extraordinaire en plein cliamp. — Le géranium el les autres plantes odoriférantes sont distillées k Chéragas cl produisent des essences snpérienres à eelles qu'on fabrique à Grasse et à Nice — Ce n*est pas là le sent produit d'Algérie, qui ait acquis la suprématie sur les produits européens. Il a été constaté à toutes les expositions que les blés durs d'Afrique sont infiniment plus riches en gluten que ceux de Sicile el de Russie. Un fabricant de semoules, H. Brunei, est parvenu à foire proclamer cette supériorité et, aujourd'hui les p&tes confectionnées avec le JUé dur d'Algérie sont préférées à toutes les autres.
RÉSUMÉ DU VOYAGE IMPÉRUL. xv
c l'Algérie reseemblait à votre commune, il resterait bien pca
« de chose à faire i>
En quittant Chéragas, TEmpereur se rendit à Staouéii, où les Trappistes ont fondé nnedes plus grandes et des pins belles exploitations agricoles de la province d'Alger. Sa Majesté put ainsi comparer: « Les résultats du travail individuel du père de famille, cherchant au bout de sa piodie, le pain de ses enfimts, et le succès plus rapide du travail collectif animé par la foi et la charité (1). »
Il y a vingt ans, les religieux de la Trappe phuitaioit lenr tente sur Fancien champ de bataille de Staouéii, dans une partie du territoire qui n'avait pas été cultivée depuis plusieurs siècles, et bientôt les palmiers 'nains, péniblement arrachés, étaient remplacés par une luxuriante végétation ; des bâtiments construits par les Trappistes eux-mêmes (2), oUraient un asile aux colons mflrmes ba malheureux, qui venaient 7 r^arer leurs forces épuisées par le travail et par la fièvre.
ABoulTarik, l'Empereur a pu Juger de Téneigie et de la persévérance déployées par les colons, t En 1835^ la Société de colonisation offrait un prix à celui qui oserait se rendre au
(1) Discours de 11. Leeat, maire de Chéragas. Voir ci-après^ page 40.
(S) L'existence de ces dignes leligieux est extiémement laborieuse* Us se lèvent à une heure, à deux heures ou à minuit, suivant la soleoni* té du jour, et ne se recouchent pas. Les frères convers travaillent de 11 à li heures par jour. Le silence est perpétuel entre les religieux , et il n'y a jamais de récréation proprement dite. Chacun doit être sans cesse occupé, soit à lire, soit à prier^ soit à travatUer. Les permissions de parler sont cependant accordées lorsque remploi ou la direction d'un travail Texigs^ et l'on peut toujours sVintenére devant un supérieur.
\vj RÉSt'UÉ Dl' VOYAne IMPÉBIAL.
marché arabe de Bouffarik ! — Bouffahk n'était alors qu'un vaste marab ififeet. — En 1865 BmifTarik est une oasis riante
et (leurie , couverte de magniliqucà récoltes et de riches cultures. »
Cependant, dans cette localité, où la situation agricole est
.SI encourageante, le (X)lon n*est pas sans crainte, il a besoin d*étre rassuré sur son avenir. Le maire le dit à r£mperenr : « Votre visite, Sire, est une superbe espérance, une garantie certaine de Vavenir, pour les hardis colons qui ont réalisé cette métamorphose pénible. »
D'ailleurs c'est la même pensée, la même crainte pour l'avenir qui lui est partout exprimée ; Sa Majesté n*a pu se méprendre sur le malaise que Tinstabilité des institutions a fait naître et entretient dans tous les esprits.
Et ce malaise a dû d'autant plus préoccuper l'Empereur qu'il était témoin des efforts persévérants des colons, pour tirer tout le parti possible de cette terre vierge, d^à laiigement fécondée par leurs travaux et bien souvent au péril de leur vie.
C'est encore ce qui lui est dit par le maire du village de
l'Oucil-el-Alleug :
« En 1851, le territoire de l'Oued-el-Âlleug n'était qu'un vaste marais inaccessible, couvert de plantes aquatiques et de
broussailles d'une végétation exubérante, repaire des bétes fauves et des féroces Uadjoutes qui harcelaient le village, incendiaient ses environs, pillaient, massacraient les malheureux colons qui tentaient d'en fertiliser le sol.— Ce tableau, Sîre, d'une rigoureuse exactitude, et si différent de cç qui frappe
RÉSUMÉ Dl VOVAbfc: IMPÉRIAL. xvij
T06 regards, doit démontrer h votre M i^esté, qae si les soldiits
tie la France, venus en Algérie pour y dijtruii e la piraterie, et y implanter la civilisation, ont eu des obstacles à vaincre, les soldats de la seconde heure, les soldats de la paix, les colons, , n'ayant pour arme que la charrue, et la plupart, pour ressources, que leur courage, leur énergie et leur persévérance, CMit bien mérité de la patrie,
Le maire de l'Oued-el-Aileug, expose ensuite les besoins de ses administrés et leurs espérances. Il ajoute : « Votre M«y esté voudra que les trois voies ferrées projetées soient promptement achevées ; que l'on s'occupe activement de l 'amendement des eaux d'irrigation et de leur répartition sur des zones plus étendues ; que des mesures soient prises pour que la population européenne devienne plus dense; que l'entretien des voies de communications rurales et vicinales soit Tobjet de soins parti* culien, qu'enfin les municipalités soient désormais débarrassées des quelques liens qui empêchent ieui" élan. »
L'Ëmpereur prenait note des vœux qui lui étaient soumis, et demeurait de plus en plus convaincu que la question Algérienne était surtout une question de travaux publics (1).
Après avoir décoré deux colons, MM. Maurice de Franclieu et Amould, l'Empereur continua son exploration dans la province d'Alger, et visita succesaivement Kolcah, Mouzaïaville, £l-Affroun, Ameur^l-Aïn, Bou-Hekika, Marengo, Blidah, Mi-
(I) Depuis longtemps dé)à cetle opinion a été émise par M. Jlereier- Lscombej «aeiea IKrectmir général des services civilii de l'Algérie. Voiri à l'ai^eodtee, l'srtlcle : CùhnitaiiùH,
HtSi M^: m' VOYAtiK lUPÉRlAL.
Itatiah et Mt'dcab.— Sa Majestti ne laissa aucune question saus examen, elli; se remlil compte des moindres détails, et par ses
paroles bioiiveilluiilcs, ses dons, ^•es décisions rendues sur les lieux mêmes, ranima tous les courages.
Le« grands travaux publics et les encouragements à accorder a ragricullurc, à riiulu-sthe et au commerce n'ont pas, seuls, attiré l'attention de l'Empereur ; Sa M^jeçté s'est occupée avec le plus vif intérêt de toutes les questions qui se rattachent au bien-être des populations, et notaiiiinent du développement des institutions de prévoyauce. Elle a accordé des subventions ù toutes les sociétés de secours mutuels et a décoré l'un des présidents de ces associations (1).
Dans la province d'Oran^ où la grande culture est plus généralement appliquée que dans les deux autres provinces, TEm-
pereur a visité les principales fermes, et a appris avec autant de surprise que de satisfaction, que les arabes ne répugnaient pas du tout À s'associer aux travaux des européens. L'indigène n'est point hostile à nos colons; il se joindrait très -volontiers à eux pour cultiver la terre, s'il n'était retenu par les chefs arabes qui ont tout intérftt à conserver sous la tente des hommes corvéables et taillables. ' Le langage des colons de la province d'Oran a été le même
(1) Il existe déjù en Algérie, 45 sociétés de socours mutuels secourant |)lus de i2<H) malailcs par an. Leur avoir disponible, au 31 décembr^) 1804, élail lie 80,636. Lo nombre des sociétaires s'est accru de 337 mem, hres participants en moins d'utï an. — (Ces renseignemcnls sont extraits d'un*' siatistiquc rédigée par M. Pa.<}chal8ki, qui a bien vquIu m'en donner comnuuiication.)
RÉSUMÉ DC VUYAGIC IMPÉKIAL, \h
que celui des colons de la province d'Alger. Le président du Comice agricole de rarrondissement , If. Calmels , a exprimé
les vœux de la colonisation en termes tivs-nets : <f Sire, vous pouvez seul compléter rœuvrc de la coiouisation . en dotant l'Algérie des institutions libérales qui nous feraient retrouver ici la Patrie toute entière. - Que Votre Majesté dni/^e nous permettre de lui demander dès aujourd'hui des barrages-réservoirs pour noâ plaines , des votes de communications pour nos produits a<^ï'irolos : des députés au Corps législatif pour nos provinces ; ct^ pour nous, ses très-humblcs et tics fidèles stqets des conseils municipaux et des conseils généraux électifs. ».
M. Jules du -Pré de Saint-Maur , président de la Chambre d'agriculture, etl*un des colons les plus distingués de TAIgérie, a demandé le rétablissement delà prime du coton, et a plaidé avec éloquence la cause de la colonisation européenne. Il a fait connaître à TEmpereur les entraves apportées au développement de la grande culture, et a , signalé à Sa Majesté les mesures qui lui parais.saient de nature à favoriser son essor.
L'Empereur a visité la ferme de.Temsalmet, Tune des plus importantes de la province d'Oran, et a été émerveillé de tout ce qu'il v a vu. Les travaux elTectués par M, Charles Bonfort, la transformation en riches cultures des terrains jadis couverts de palmiers-nains, la bonne tenue de la ferme, la beauté du bétail , remploi de la main-d'œuvre indigène , tout dans cette exploitation intelligente lui a paru digue d'attention. Il a vou* lut connaître les difficultés que M. Bonfort avait dû surmonter, et notamment celles provenant du fait des chefs arabes qui,
w HÉSHUÉ DC VO¥AG£ lilPÉRIAL.
pendant longtemps , n'ont pas permis eux indigènes de quitter lu tente pour aller s'établir sur les terreâ de ce colon. (1).
L*£iDpereur, continuant son anquète 8*est rendu à Sidi*BeU Abb^, où, aprhs avoir traversé de vastes étendues de terraina appartenant aux arabes et laissés en quelque sorte sans culture , il a de nouveau admiré la richesse des cultures européennes. Le Moniteur du $oir a publié à cette occasion quelques observations trcs-vraies sur rincurie du cultivateur indigène ; nous les signalons à Tattention des arabopbiles, dont la devise est : V Algérie aux Algériens.
u Je lie saurais vous dépeindre, dit le rédacteur de ce journal, Teffet de transition qui se produit, c*est plus que de rétonnement, cVst presque de Fémotion. La végétation suigît subitement sans nurunc préparation. On passe de TinfertiUté apparente à la fertilité la plus robuste ; les champs aux mousons dorées succèdent aux vergers toofhis et aux vignobles verdoyants. L'al>ondance se développe sous toutes se» formes et se manifeste dans les produits les plus divers ; c'est une véritable débauche de végétation, et Tesprit le plus complaisant u peine it se persuader que toute cette richesse agricole, a été créée en quelques années, et qu'elle est l'œuvre de nos braves colons arrivés ici sans autres ressources que les Ibreea brachiales. »
L'Empereur a visité avec la même attention toute la prorince de Coostantine, depuis Philippeville, Bougie et Bftne jusqu'à
(1> Voir, à la page 143, la relalioa de U vimfe impériale à la Henné de Tensslmet.
Kii^StNi:: YUYAG£ IMPERIAL. ^ij
rentrée du désert. Les fiitigues d*uii long et pénible voyage ne lui ont poiijt fait perdre de vue un seul instant ie but (^u'il s'était proposé. Les populations reconnaissantes Tont vu s'oceaper avec une rare persévérance des moindres détails pouvant réclairer sur la situation et les intérètî» de la colonisation, interroger les fonctionnaires, les industriels, les commercanti et les agriculteurs ; visiter les travaux et décider sur place les questions qui attendaient une solution depuis fort longtemps.
Le président de la Cluuabre de commerce de Constantine a résumé ainsi qu'il soit les vœux de l'Algérie :
c Le nouveau régime de la navigation que uout» devont» au gouvernement éclairé de Votre Majesté , fiieilitera encore nos moyens d'actions ; mais les intérêts matériels, comme les in* téréts de Tindustrie, commandent que tout les produits fabri" qués ou manufoeturés en Algérie, sans exception, soient aeeoMllis en firandiise, en attendant qu'une assimilation plus complète à la Métropole, nous permette de voir l'Algérie convertie en départements firançais.
c Pour ragrieultore , l'industrie et le commerce , comme aussi pour le développement de la population européenne^ il n'est pas de meilleur moyen que de créer des voies de communication de toute nature et de tirer des eaux , qui ne sont pas très-abondante , le plus grand parti posi>ible. Les intérêts généraux nous engagent donc à vous demander , Sire, que des mesures efficaces soient prises en vue de l'achivement de nos ports et de nos routes, de la prompte exécution de nos chemins de fer^ et que, dans Tintérèt de Tagricolture surtout, les chejoins vidnaux soient enfin créés. Noos demandons aussi à votre
Majcitté que les travaux ayant pour ol^etTirrigationdes terres
soient entrepris sur une vaste échelle et poussés avec activité.
c Le défaut de communicatioiiâ avec Alger a nm plusieurs fois notre ooromerce en souffrance.
« Par la voie déterre, Touvcrturo de la route impériale apporterait la vie et le mouvement dans l'intérieur des deux provinces , en attendant que le réseau de nos voies ferrées , complété par la création de la ligne d'Alger à Tunis, y api>orte la richesse et la prospérité. Sur le Uttori^, un service de correspondance et de transport confié à Tindostrie privée , remplacerait avec avantage les bateaux de TEtat, qui. n*étant pas cmnu nagés pour ce service spécial » n'embarquen^ aucune espèce* de marchandises , tandis que l'insuffisance de 6 places réservées aux passagers, oblige tous les autres voyageurs ù endurer sur le pont Tintempérie des saisons. » (1)
Il résulte de ce qui précède, et des documents que nous publions »ur le voyage de iSu Majesté TËmpereur Napoléon lit , en Algérie :
1» Que le régime administratif et politique de lu Colouio a subi de trop nombreux changements.
^ Que la crainte plus ou moins fondée de Tabandon de TAl-
gérie, u paralysé l'essor de la colonisation. 3o Que les colons ont cependant accompli des prodiges d'é-
(l) Adresse de la Chambre de commerce de Gonstaiiline» lemise à rEmperaar par M. Bamoin. Voir, ci-après» page 191.
RÉSIISlé Dl' VOYAOF. IMPÉRIAL. xxiij
iiergie et de persévérance et qu'ils ont transformé en riche» cultures d'immenses étendues de terrains abandonnés ou 1aisst'*s
iMi IViclies par les arabes.
40 Que les vœux des Algériens se résument aiusi : Stabilité des matitutiona; — > aatimUation c&mplète avec la métropale; — franchise des ports de commerce, — grands travaux publics {cheminé de fer^ barrages, ports etc).
D'autre part, il résulte des mêmes documents, que l'Empereur a parfaitement apprécié la situation, et qu*il a promis de
donner une entière satisfaction aux intérêts de la Colonie.