‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 21 sur 56 · SAIHT-DENIS-DU-SIG · texte numérisé non relu

SAIHT-DENIS-DU-SIG

Saint-Denis-dii-Sig, cli»^t-lieu de comnuine, est situé à 52 kilomètres d'Oran, vers le sud-est, sur la rive droite du Sig. Sa population est de 3,9(k3 habitants.

Cette petite ville u été fondée, en 4845, sur remplacement d'im camp qui avait été établi pendant les pi'emières années de Toocupatioa d'Oran. £lle a la forme d*un vaste quadrilatère, divisé en Uots rectangulaires, et au centre duquel se trouve une laige place, plantée d*arbres comme ses principales rues.

c SaintrBenis, oii doit aboutir le premier réseau des chemins de fer de la province d*Oran, est le fo^er d'activité de la plaine qu^arrose et feriâtise le Sig, en lui donnant son nom. Au milieu d'un pays où toutes les cultures prospèreAt et où l'on compte déjà plus d*un établissement remarquable d'exploitation et d'industrie agricole, Saint-Dems est dexeiui naturellement un fort marché « où ailUuent chaque dimanche 7 à

8,000 Arabes, et les Européens des nombreux centres de oolonisatioii qui renvironneiit. (1) »

Le territoire de Sunt-Benîs-da-Sig, est fécondé par les eaux d'un magnifique barrage en maçonnerie, dont les canaux ont plus de 30,000 mètres de développement.

Par la richesse et la variété de sa culture, la plaine lie Saint- Denis-du-Sig est comparabie à la plaine de Mitidja, et la ville elle-même n'est pas sans analogie avec Boiilïanek

Parmi les grands établissements agricoles créés aux environs de Saint^Ûenis, on remarque V Union du Sig, à 3 kilomètres £. de ce centre de population. Cette taste prt^riété, d'une contenance superficielle de 1,800 hectares, est une des mieux exploitées de la province : on peut citer encore les fermes de MM. Gapmas, Masquelier, Ferré et Sibour, dans lesquelles on cultive le coton sur une grande échelle.

Par un décret du 1er avril 1865, les territoires de illabra et de Ferregaux ont été annexés à la coiiiniune de Saint-Denisdu-Sig. L'adjudication des 24,000 hectares disponibles de l'Habra, à une puissante compagnie, va donner un développement considérable aux travaux agricoles dans cotte partie de la province d'Oran, où déjà Tagriculture a fait de très-notables progrès.

Ii'Empereiur ii &Milat*lleiiie-dH*Sig.

La visite de l'Empereur à Saint-Denis-du-Sig, est ainsi

nuïontée dans une lettre adressée à VEeho éPOran :

Le lendemain de l'arrivée de l'Empereur à Oran, les liabittnt^ de Saint-Denis-dii-Sig étaient prévenus, par une proclamation de M. Olivier, leur commissaire civil , que Sa Majesté daignerait venir juger par Elle-Même leurs travaux. Aussitôt chacun se prépare pour recevoir dignement l'Auguste

(1) L. PnflS8./l«iiénwr« de FAIgMe, p. M».

lté PtlOVLSCE irUBAN.

vuva-.' Ui . On s»e n unit, on se groupe pour élever des arcs de trioiiiplie. L;i touimiui. o-t pauvre: elle ne peut pas faire ^îin<!VhnsL', in:iis la roii^aiion individuell»^ y suppléera. Une remarque à faire sur les ovations dont l'Empereur est l'objet dam ta marche triomphale à travers notre belle Colonie, c e^t qne |wrtOtti reatbousiasine est spontané ; qa*a ne porte pas cette estampille administrattve, bien ooonae de ceux qui ont déjà TU d'autres monarques paroDorir leurs Etals. Ici, comme ailleurs, rien de commande. Les ouvriers d*art dressent un are de triomphe à l'entrée de la ville, avec cette inscription.

LES OUVRIERS D'ART A NAPOLÉON Hl!

l u peu plus ioui, les espagnols en érigent un autre: A L'RSIPBSBOR, LA COLOMIB BBPAQNOLB RBCOHMAiaBANTE!

Ln po])ulution Israélite ne veut pas rester en retard sur ses coiicitoycns : elle dresse aussi son arc de triomphe, avec un ventet de la Bible pour inscription ;

BéNI TU BNTRBBA8, Bttil TU 80RTIRA8.

Un quatrième arc de triomphe, tout en verdure, garni de coton et de laine, est préparé un peu plus loin. Partout, sur h passage présumé de TEmpereur* se pressent des girandoles, deu bannières, des drapeaux.

Le 10 mai, à midi et demi, 1 Empereur, accompagne de M. le maréchal duc de Magenta, de MM. les généraux Fleury etDeligny, fut reçu par le conseil municipal, à la tète du pont du Sig, qui avait été décoré de banderoles et des divera attributs de Tagricnlturo.

Une foule immense acclamait le Souverain de ses vivats entliousiastes, pendant que M. le commissau*e civil Inl adressait tes mots, résumant si bien la pensée de tous : Sire,

« La joie qui éclate en ce moment dans tous les cœui's, a succédé ù une consternation profonde.

SAINT-DENIS-DU m.

« Le dirai-jef Sire! nous sommes heureuse aujourd'hui d^avoir subi cette épreuve, car la bonté de Votre If^iesté pour nous a doublé le prix d'une visite aussi providentielle.

« Noos apprendrons à nos enfants à bénir cette date et la population de Saint-Denis-du-Sig, dont je suis llnterprête, sera toujours la plus humble, la plus soumise et la plus dévouée à Votre dynastie. »

Sa Majesti» daigna répondre qu'EUe eût beaucoup regretté de rentrer en France sans avoir vu le Sig. Continuant sa marche, une députatiOQ de quatre jeunes filles représentant les quatre races qui forment la population, c'est-à-dire une française, une espagnole, une Israélite et une arabe, toutes en coatame national, loi offrirent un immense bouquet, et Tune d^elles lui dit ce compliment, que TEmpereur écouta avec bienveillance :

« Sire,

« Ln l'iovidtiuce a voulu qu'il iioub lut peiiais d'approcher de Votre Majesté. Nous vous offrons ces fleurs, puisées dans les trésors de Dieu. Sire, pour consacrer dans nos cœurs le souvenir de ce jour, puissent-elles être, auprès de Votre Majesté» les interprètes de nos sentiments les plus soumis et les plus dévoués. »

L'Empereur, visiblement ému, remercia les petites filles, qui furent bientôt remplacées par quatre petits garçons de l'école communale qui, eux aussi, voulaient donner au Souverain un témoignage de Tesprit dans lequel les populations

civiles de l'Algérie sont élevées. L'un d'eux, gamui à la mine éveillée, lui dit ce petit discours :

a Sire,

«( Au nom de mes jeunes camarades, daignez me permettre de vous souhaiter la bienvenue.

« Le souvenir du passage de Sa Majesté grandira avec nous dans nos cœurs et fera de nous, avec la grftce de Dieu, des hommes dignes d'une dy^yurtle aussi glorieuse qu'aimée de la France.

m PlIOVINCB lyOBAN.

« Nous serions heureux, i>ir€, si ce vœu pouvait être connu de Sa Majesté rimpératrice et du Prince Impérial. y>

Après avoir gracieasement remercié lesgamios, tout fiers de

mission qu*oii leur avait confiée, TEmpereur continua sa marche, au milieu des acclamations continuelles de la foule qui se pressait sur son passage, au point d'empêcher les chetaux d*avanrer. La voiture impériale traversa ainsi la vîUe, apri^ quoi elle dirigea au grand trot vers le barrage, où le Souverain éUiit attendu par MM. les ingénieurs , M. le commissaire civil et quelques colons, parmi lesquels se trouvait M. de Saint-Maur, toujours sur la brèche lorsqu*il s'agit de défendre les intérêts de la Colonie.

L*bonorable président de la Chambre d'agriculture de la province présenta une requête, signée de plusieurs colons, aa sijetde la suppression de la prime du coton. L'Empereur ré* pondit qu*U apporterait toute sa sollicitude à cette question; mais Sa Majesté ne dit rien qui eût le caractère d*une promesse.

M. Messager^ représentant de M. Herzog, lilateur, prit alors la parole en ces termes :

« Sire.

(t Heureuse et lière de Vous voir au milieu de nous, notre petite colonie du Sig sera pour Votre Msgesté un exemple bien frappant de ce que peut le travail, avec Taide de Votre puissant concours.

t Notre industrie oûtonnière souffre ; mais grâce à Votre sollicitude, les capitaux, venant en aide à cette soufDrance, permettront de créer, dans notre belle province^ les barrages

nécessaires à la production du coton.

a Sii'e, la province d'Oi i?i pi uduit à peine ce que Tune de nos filatures peut consommer en une année.

« La matière première s' augmentant, les souffrances de Tindustrie cotonnière diminuant, nous aurons tous, dans nos cœurs, le souvenir de Votre voyage, qui prouvera une fois de plus, Votre sollicitude et Votre amour pour notre mèrepatrie. »

SAtNT-DENIS-DtJ-SIG.

L'Empereur questionna beaucoup MM. les ingénieurs et les personnes présentes, sur Tinfluence que le barrage avait eu sur la prospérité du pays. Ces explications, auxquelles II semblait prendre le plus grand intérêt, lui firent entrevoir Taveuir réservé à toutes les plaines susceptibles d*ètre irriguées. Aussi après quelques minutes de réflexion, se tournant vers MM. les colons, 3a Majesté leur dit : « Je m'occuperai ^érieusemeiiL de « votre province en vous donnant des barrages ; je vois bien « que tout est là. »

Remerciant alors de nouveau le commissaire civil et ces messieurs de l'accueil qui lui avait été fait, l'Empereur est remonté en voiture et a pris immédiatement la route d'Oran.

Nous trouvons dans le Courrier d*Oran les détails suivants, qui ont été omis par le correspondant de VEeho,

« De chaque c6té du principal arc de triomphe dressé sur le passage du cortège impérial s'étageaient les divers produits du pays ; est-il besoin de dire que le coton, cette mine d'inépuisables trésors qu'a trouvée le Sig, était an prenuei rang ? L'Empereur a surtout remarqué une sorte de corbeille tout entière composée de coton, qui au moment où II la considérait, s'est divisée par un ingénieux mécanisme, et a laissé s'échapper une nuée de petits oiseaux. Sa Majesté, dont le visage était éclairé d'une véritable joie, n*a pu s'empêcher de sourire à cette gracieuse allégorie.

« Les flots des indigènes emp^haient la voiture impériale d'avancer; les arabes se ruaient " nous ne trouvons guère d'autre expression — sur le cortège du Souverain, qui, tout le long de la route^ avait répondu à leurs acclamations par des poignées de pièces d'argent. Allez maintenant leur demander quel est le plus grand sultan du monde, et tous vous répondront que c'est le sultan de la France. 11 est impossible, si on n'en a pas été le spectateur, de se faire une juste idée de l'exaltation qui bouiilomiait dans toutes les tètes. »

Enfin, et pour ne laisser dans l'oubli aucun détail sur la visite de r£mperear à Saint-Denis-du-Sig, nous reproduisons d'après

QD rédt de VEcho d Oran^ les paroles échangées entre Sa Mijerté et M. Ferré, Tua des agriculteurs les plus distiogués de la Colonie.

« fis se randant au Sig, Sa ICi^esté a remarqué une oasis délidease su milieu des terres cultivées par les arabes , et sur

lesquelles on chercherait en vaîn uq abri contre les ardeurs da ftolcil.

« C'était la helK; propriété de M. Ferré, située Pont-derOuga.s et <{u'on apei*çoit à une distance de cinq kilomètres en ligne directe de la route d'Oran au Sig. Les belles plantations et les arbres gigantesques produisent un effet délicieux et reposent agréablement les yeux fiiUgués par le déaert qu'affichent les cultures des indigènes.

c Ca tableau gagna la curiosité de VEmpereor qui voulut voir de pris cette luiuriante végétation.

« L'intelligent M. Ferré avait heureusement placé, à rentrée de sa ferme, quelques produits agricoles que Sa Majesté a fort admirés, en adressant avec une grâce parfjùte quelques questions au propriétaire :

« — Faites donc voir ce coton?

c — Voilà, Sire.

< — U est très-beau. C'est tous qui Tam cultivé? f — Oui, Sire.

< — Combien en avet-voua d'hectares cette année? « — Trente, Sire.

€ — Combien y a-t-il d'années que vous cultives le coton ?

€ — Depuis l'origine de cette culture dans le pays.

« — Combien avez-vous pu produire ?

« — Sire, je ne pourrais le dire en ce moment.

« — Ces bœufs sont à vous ?

« — Oui, Sire.

c — Sont-ils do pays?

« — Je ne sais ; mais je les ai achetés sur place.

< Du beurre de la forme ayant été présenté, TEmperenf a dit ; « n est très-beau ce beurre, p

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lIOSTAGANBM

« Satisfait de tout ce qu'elle venait de voir et d'entendre, Sa Majesté a gracieusement salué, et en donnant l'ordre du dépali, a dit: « Ailes au pas. » Au, bout de la propriété les chevaux de la voiture de l'Empereur ont pris le trot, et tout le cortège 8*est dirigé vers le Sig, où M. Ferré 8*est également rendu.

« Au retour, tous les employés et les ouvriers de la ferme de M, Ferré, ont acclamé de nouveau l'Empereur et le maréchal Gouverneur.

« Sa Majesté et tous les hauts fonctionnaires de sa suite ont alors abaissé leurs parasols et levant leurs képis en l'air, ont salué à deux reprises. »

MOSTâGÂNEM.

Mofirtap:afîera, chef-lieu de sons-préfecture et de subdivision miUtaire, est situé à un kilomètre de la mer et à 76 kilomètres d'Orsn.

Gtitttf ville, tftii Ae parait pas avoir été occupée par les Rodlttibs , étâSk ItoriBëàlîte dès le moyen-âge ; die prit UA grand déffreid^èKiQat sdtes les Turcs, à partir du xv^ siècle. — Plus taré» à lit siMttë ddé ihvssioiis espagnoles, elle fût à peu pfte a!yiiild?yifnlé<g ét f>wmi tOutè im iînportrince ccfmmerdale. Pèfidàtot les prertiferes années dé la conquête, on plaça dans là vîUè iih chef indigène pOùr l administrer au nom de la France : mais, en 1841, on y établit un commissariat civil, et les européens commencèrent à la peupler.

Aujourd'hui, la commune de Mostaganem, y compris ses trois flràiékes : Karouha, Màzagran et Ouréah, compté 11,969 habitants, doiU^ê,ÛÛO eiiro^éeiis environ.

La tUI« de Hottaganem est inversée par le ram d'iiiM-

•S^infr, (source jaune). Son aspect est riant. Sur la principale pl;ic»*, touto fonuée de maisons à arcades, se trouve Te^iise' dont le clocher est remarquable. Vn très-joli jriidm public, ft ((Mili^ues édilices bien bâtis, coatnbueQt a embellir cette thartuante petite ville.

La banlieue de Mostagaoem est couverte de plantatiops et de cultorss maraSchères.

Aux aleotours de cette ville, sont répandus de nombreux villages où 1a culture de la vigne» des céréales, du tabac et des arbres fhiitiera, donne les méilleurs résultats.

l^ne première zone comprend Karouba, Ouréa et Mazagran. A I oue.>t h'étend l.i ValU'-e des Jardins, renommée pour sa fertilit/', ses sites pittores-quos etses jolies maisons de plai&aiice.

Le lait (i'anaes (pii s'attache au nom de Mazagran attire tout particulièrcnicnt Tattention sur cette place, qui fut le premier centre créé auprès de Mostaganem.

Le poste de Masagran, qui avait eu à se défendre, en 1838 et en 1839, contre les agressions incessantes des tribus, se vit assiégé de nouveau le 2 février 1840^ par 15^,000 arabes, ayant à leur tète le Uialtfo d'Abd-el-Kader, Mostapha-ben-TemL

La garnison Ihinçaise, qui se composait de 4!M> hommes, enveloppée pendant 4 jouis par des forces si supérieures, fit une résistance héroïque, qui compte au nombre des faits d'armes les plus ,i:lorieux de nos glorieuses campagnes d'Afrique. Une colonne érigée à Mazagran, rappelle la belle défense du capitaine Lelièvre et de ses vaillants compagnons d'armes.

Mazagran est considéré comme un faubourg de Mostaganem, bien qtt*ii en soit séparé par une distance de 4 kilomètres. Son territoire est livré aux cultures maraîchères et arborescentes. Le sol n*7 est pas moins favorable à la production de la vigne. Les colons s'y adonnent aussi avec succès à l'élève du bétail. Vieiiueiit ensuite :

Pélissier. qui avait reçu primitivement le nom de Libérés^ avec ses annexes de Tomin et d'4tn Boudinar ;

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