‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 42 sur 56 · COLONISATION · texte numérisé non relu

COLONISATION

L*A]gérie a été pendant pludeu» siècles un nid de pirates qui écumaient la Méditerranée et imposaient au commerce enropéen des pertes annuelles considénibles, que les gouvernements dvilisés cherchaient à éviter en payant des tributs

humiliants.

Prenant en main , comme toujours, la cause de l'humanité et de la civilisation, la Fi ance, sans calculer les dangers de l'entreprise dans laquelle avaient échoué Charles-Quint et Lord Exmouth, réussit en 1830, h pénétrer dans ce repaire redouté.

Conduite par les événements à occuper d'une manière définitive toute l'Algérie, la France, taprèB une glorieuse conquête a songé à la féconder par le travaU de ses colons, et à initier a la civilisation et au bien-être, des populations vouées à l'ignorance, à la nûaire et à l'eiploitation.

A cette mission sacrée, la Flrance est éminemment propre; tandis que d'autres peuples égoïstes et vidents font la paix autour d'eux par la solitude, le Français sympathique et véritablement animé de l'esprit de charité et de justice , respecte partout où il s'étabUt les lois de l'humanité, poussant quelque-

tti AFFfiNUCZ.

fois le scrupule? jusqu'à investir les populati(H^ vsdacues de droiU (|u elh's rr.ivaieiit jamais eus.

C'est c«quo liuus avons fait en Alif»'Tie. oùnûus vuiil ins constituer chez les arabes la propriété mdividuelle. Au cuuuiâUijisme confu», iiicerlain, ennemi dêfout progrès par l'absorption de l'individu ; à l'ijidivision patriarcale^ où tout est précaii^e , et OÙ Ia multiplicité des ayant-droits est une cause d'inextiicablet embftiras pour la tmiwmiiiiîon liai immeubles , la France amie de aobatitiiar la propriété panoonalle, authentiquement transmiisble, l*hérit«ge nattemant défini*

Aux aflbrta Aita pour régénéier et craliaer la race vaincue , la France i^joute le tramùl de aas proprea enfimto, celui des autres natkns européennes qu'elles convie à Tceuvre magnifique de la colonisation. Voyons si les résultats obtenus jusqu'ici doivent enlever Vcspoir d'arriver au luit qu'il s'agit d'atteindre, ^'iIsnesoiiL j.ub plut *»t un puissant eiic ui igement à persévérer et il n'avancer d'un pas ferme dans une voie largement ouverte, et déjà presque débarrassée des difficultés de tous genres qui en interdisaient l'accès.

Pour établir le bilan de la colooisation en Algérie, il eat nécessaire de jeter un coup d*ceil sur ce qa*était ce pays avant ja oonqnète firançaiae.

Abstraction fiôte de la Kabylie, dont lea babitanta, .de race Beibère, sont attacbés au sol et ont de temps immémorial des instittttions municipaks, conséquence naturelle de la propriété individuelle du sol et de la culture , en dehors du Sahara où sont cultivées et habitées à demeure, de rares oasis disséminées sur une étendue do lailliuiis d'hectares , le Tell tout entier qui coni})rt'fKl 14 imilians li'liectai es (ie terres cultivables, servait au parcours des nomades , n'occupant le sol qu'à titre précaire, et déplaçant leurs campements dans un espace déterminé pour cbaqiae tribu, suivant les besoins de leur industrie pastorale.

On sait ce qu'est l'industrie pastorale au point de vue agricole. Partout oili l'Arabe et son troupeau donnent pacager, des

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OOLCnUSATION.

incendies volontaires allumés pour nettoyer le sol et y provoquer une pâture précaire le déboisent complètement ; la terre se ravine , les sources tarissent et sont remplacées par des tocrents. C'est là le régime auquel TArabe a condamné TËspagne, la plus riche contrée de l'Europe. L'invasion musulmane y- a laissé la funeste tradition du parcours des troupeaux et du ravage des bois ; c'était l'état de .l'Algérie lorsque nous sommes venus providoitîellement nous y établir.

« Partout , dit If. Dam , inspecteur de colonisation , des broussailles énormes, des marais; ça et là quch^ues tentes, quelques bestiaux ; de tous côtés l'aspect bien caractérisé de l'inculture, de la solitude y>.

Il reste bien dans quelques parties de l'Algérie , surtout dans les massifs de la Kabylie et dans la province de Constantine, de grandes surfaces peuplées de chènes-liéges dont l'étendue totale est évaluée à 2,500,000 hectares et dont la valeur actuelle est portée par Tadministration àl,200 millions ; mais ces bols étaient en mauvais état, incessamment mutilés par la dent des troupeaux ou ravagés par l'incendie. Il a fidla l'industrie européenne représentée par de ridies et intelligents eoncessiçnnaires, pour sauver ces débris du régime forestier de l'Algérie , et donner l'espoir de créer à leur aide, une source de richesses incalculables , tant au point de vue du produit direct, le liège, qu'au point de vue de la météorologie et de l'hydrologie de la région. Or, cette richesse, ne l'oublions pas, est toujours menacée parles torches mcendiaires des Nomades.

Les besoins des Arabes, proportionnés à l'état primitif de leur civilisation, étaient presque nuls. L'Algérie n'avait pas de voies de communication, les tribus étaient sans cesse en guerre les unes contres les autres, et les autorités Turques avaient grand soin de maintenir cet état d'hostilité qui faisait une partie de leur sécurité ; aucun commerce enfin n'était possible sur une étendue de côtes de 250 lieues infestées par la piraterie. Toutes ces circonstances expliquent pourquoi la production était bornée aux nécessités de la consommation

•Il

APPENDICE

locale. Aussi, avant 1830, le commerce d'importation et d'ex- (>onation de T Algérie était nul ou presque mil.

La Franr»' prond po6i»ejiîiiûn (ie r»^ sol : elle y établit ses courageux colons, et malgré rinsalubrité des marais créés par i'îgnormnee et la paresse arabes, malgré les luttes incessantes provoquées par le ûmatisrae ou une politique de tàtoimemcnts, en 1861 , 30 ans après la prise d*Alger, le commerce de l'Â)girie s*éleTait à 9Sè milliooe ^ui se décomposent ainsi :

Importations 437 millions.

Btportations 101 —

Ce chiffre de 238 inillious , constaté par l'enquête de M. de Forcade L:iroqiiet(e. place TAlgérie au sixi. me rang des contrées coriinier<,afit«'< -lu globe avec la France, et ce résultat est obtenu par !20U,OUO européens , dans un pays à transformer entièrement, où tout a dû être créé , où les routes sont insuffisantes, où les chemins de fer sont à l'état de projet, ou quelques barrages pratiqués ça et là, n*empècbeat pas de laisser perdre improduçtilîi à la mer des millions dliectolitres d*eaii qni transformeraient la production agricole d*mi pays, où im système dUrrigation bien entendu suffirait pour obtenir les plus riches cultures industrielles (1).

Quels sont en effet les produits agricoles que peut donner TAlgérie^ et comment s'établit la balance commerciale eiiUe la France et les pays européens.

Les principaux objets d'échanges de l'Algérie avec l'Europe (38 millions) et avec la France (63 millions;, sont : Les céréales, les laines, les bestiaux, les huiles, les tabacs, les cuirs, les eotone , la soie , la garance , les plantes textiles , les produits forestiers, les minerais de plomb, de fer, de cuivre, les mar*

(1) Ce qu*il y a de n'm.infuablc dans l'essor commercial de l'Algérie, e^esl qu'ea fait, il oe «Utu que de 1847, époque de la conquête et de la liscilicstîea de toui le ]ays, moins le massif de la Kabylie qui jamais doooé d'inquiétude aux colons à cause de sa constitution municipale et sédentaire.

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