ATLAS
C'était en 1830, à l'époque du débarquemcut de cette vaillante armée, qui en vinsrt jours montra à l'Europe étonnée, combien était puérile la crainte que lui avaient inspirée, durant trois cents années, les pirates barharesques.
Ils descendaient tous, jeunds et vieux, sur ce livage, derrière lequel se cachait Tinconnu, l'esprit rempli de ces idées étranges qa'évoquait depuis tant de siècles le mot Afrique^ cherchant fMnrtOQt des mystères, des prodiges ou des monstres, plongeant un regard avide dans les profbodeurs de rhorisoii, pour y rencontrer TÂtlas, fabulonBHmum maniem^ la trèsmerreilleuse montagne, l'objet du plus étonnant de ces mystères ou de ces prodiges.
Peu de jours s'étaient écoulés, que les plateaux du Sahel leur monti iiieiiL une chaine indiscoiitinue de montagnes qui de la gauche, allaient vers la droite, se perdre dans les brumes du couchant. Puis à quelques mois de là, ils purent contempler, vers le soleil levant, et derrière ces montagnes, au protil tourmenté, la masse obèse du Djeurdjeura, que les froids de décembre avaient recouvert d'un épais manteau de neiges. Chose particulière, ce ne fut pas à ces hautes sommités qu'ils appliquèrent le nom d'Atlas, ce fut à ce rideau de pentes d*utt vert sombre qui firent croire un instant que la grande plaine de la Mtidija devait s'appeler Htiht^ja, la Couronnée. Seulement, comme ils ne pouvaient s*habitner à vmr dans ces sommets dont la hauteur étaitloin d'être importante, VAlHggkmm titoniem des écrivains latins, ils les nommèrent Petit A tlas. Ce n'était et ce ne pouvait être là, en <eilct, que la base, le piedeëtal de cette cime alttère au lieu et place de laquelle Timagiiuition fé-
MA
APPENDICE
eonde dM «neiem airaianft placé ce géant, dont les IbrnikUblM épaulM mppoftaiani le dal.
Un joor irint oà l'on perfa l'enceinte de la MitidQa, où Von franditi le petit Atlas, o4 Ton domina les plus hautes régions de Ilntérieur, et là eneore, on ne vit rien qui ressemblât à ro<; roches vertigineuses sur lesquelles reposait la ^6te cristalline de Teropyrée.
On apercevait hien ça et là quelques crêtes déchirées, (luclques pics aijrus, 8'<4ançant à phisieiirs centaines de mètres au dessus des tuasses confuses qui les supportaient, mais c'était tout. Et lorsqu'on s'a? suçait plus loin, on ne trouvait que des plaines verdoyantes, sans limites,
. Plos tard, nos colonnes s'élancirent à travers ces steppes immenses, et elles atterrent les solitudes redoutables da Sshara, aprèi avoir coupé de part et d'autre un bourrelet de petites montagnes dont les protubérances les plus saillantes rivalisaient à peine de hauteur avec les points les plus élevés que Ton eût encore vui.
Quant au Sahara, il ne répondait à toutes les interrogations, que par la ligne immuable dô son horizon pareil à celui des mers.
Dans l'ouest, dans l'e^t, comme au centre, les résultats avaient toujours été les mêmes, à quelques légères différences près.
11 n'y avait donc pas d'Atlas.
Les anciens 8'étaient trompés, et les modernes à leur suite*
Les modernes avaient en effet nourri une singulière erreur, produit d'une érudition imparfaite et de vagues souvenirs classiques.
Les anciens ne s'étaient pas trompés.
Si on les eut consultés, avant de se livrer à ces fallacieuses
investigations, conduites avec une persévérance digne d'une fueilleure lin, on euL leconim que le grand Atlas, que le véritable Atlas, n'était pas, ne pouvait être en Algérie, qu'il ap-
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LE cumât. m
parteoait àTaneieime Mauritanie Tingitane, au Marok, et c'est là en effet qu'on Ta retrouvé^ digne en tous points de sa fabuleuse renommée.
O. MAC-CARTIIY.
A)ger,le25juUleti865.