‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 47 sur 56 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

Déhvrait-il pai' boutade «luehiues iimliioureii.v osclavet» , il fallait donner par nMij.^rciiiM uts ; tUisait-il <''tran^Mer son ministre, il fallait donner eu manière de féiicitation. 11 fallait donner toujours.

Ce qu'il y a de singulier, c'est que les nations europé^mes , se jalousant jusqu'au sein de leur honte, faisaient de leur mieux pour s'éclipser les unes les autres par la richesse des présents, aOn d'obtenir les bonnes grâces du tyrait. L*Angleterre avait-elle donné un caftan d'argent^ vite le consul français assemblait tous ses nationaux pour offrir un caftan d*or , à seule fin de ne pas demeurer en reste de politesse. Le dey encourageait cette lutte de bons procédés en envoyant au bagne ceux dont les cadeaux lui paraissaient insuffisants.

Cette manie de recevoir des cadeauv s'était si bien établie à la cour du principicule al^2;t''rien, que les serviteurs avaient fini par juger profitable de faire comme leur maitre ; si bien que depuis le dernier chaouch du palais jusqu'au premier ministre, toute la bande de la hiérarchie administrative algérienne était, pour ainsi dire, à la solde des consuls étrangers.

Voici la liste de quelques-uns des fonctionnaires auxquels il était d*u8age d'offrir, en temps et hors de temps , de l'argent, des caftans, des vestes, des pièces de drap, des armes et jusqu'à des châtaignes ; car ce qui est bon à prendre est bon à garder, avec l'indication des circonstances de ces dons :

Le casnadar parce qu'il doit rentrer demain , après une absence de six mois ;

L'écrivain des chevaux , simplement pour lui faire une honnêteté ;

Sid Aii^ neveu du dey; le cantadar juif; Ali , chaouch du casnadar ; l'écrivain de la porte du dey j les écrivains de la douane ; Le capitaine dont le vaisseau est en construction; Le bouluc-bachy et son vikillar ;

Le vekilai^ , intendant de,la marine, à cause de son heureux retour de la Mecque ;

Hehein«^t-A{7a, ambassadeor de Constantinople, et les mutidens- de Su Ilautesse, qui sont venus montrer leur talent à AlK<îr;

Les coiiwii lînlaiits (les vaisseaux •l(iiv(Mil allor on roiirse;

L'ainiiMl il<! 1.1 r.7jr»uc(p. juin e (ju'il riost guère poli défaire un compliiuciât î>iàiis y ajouter quel'juo ( lio-p :

Le capiton à l'occasion de son mu ri âge, etc., etc.

Nous ne voulons pas fatiguer le lecteur de cette nomenclature grotesque. Ces misérables pillards rivalisaient d'insolence avec les deys à ré|$ard des chrétiens qui étaient à leur merci. C*était une eiploitation régulière, dont nul traité ne nous garantissait.

Les de} s possédaient une mine inépuisable de recettes. Leur orgueil leur avait si bien persuadé que ce tribn leur était dû

par les nations européennes, qu'ils avaient fini par exiger de cliat uiH' (ICiiUi: olles des sommes? ji.iyt'es amuielleraent , sous peine (le voir leur commerce ruiii»' , leurs rivages dévastes , tout tralic rendu impossible dans la Mi-diterranf^e.

Nous en avons dit assez pour intéresser le lecteur à l'ouvrage de M. Devoalx. C'est là un travail vraiment sérieux, vraiment utile , vraiment profitable , non seulement au point de vue scientifique et historique , mais aussi à celui de la saine entente des choses dans le passé et dans le présent. La colonie n*est pas riche en littérature nationale, et les esprits qui s'intéressent à son progrès doivent saluer avec reconnaissance les travaux solides des hommes que la phraséologie ne séduit pas et que Taridité de la science ne rebute pas.

(^uc M. Devoulx poursuive avec courage son œuvre historique si nettement dessinée dos le début , et nul ne pourra se glorifiri d'avoir contribué plus que lui à rémaiicipation intellectuelle de l'Algérie.

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