‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 48 sur 56 · MŒURS ARABES · texte numérisé non relu

MŒURS ARABES

Les mœurs sont la manière d'être d'un peuple, sa véritable physionomie ; on pourrait dire, sa photographie morale et intellectuelle. Seulement, dans ce cas, le soleil est remplacé par l'esprit d'analyse, et l'artiste, par un philosophe, c'est-à-dire par un de ces êtres, encore fort rares, que préoccupe uniquement la recherche du vrai et du juste.

Ce n'est pas chose facile que de faire apparaître, au couiuaL de quelques pap^es, avec sa figure exacte, un peuple quel qu'il soit, et particulièrement le peuple arabe, un des plus insaisissables et des moins connus de la terre. Quel lavage ne faut-il pas, pour le débarrasser des couches superposées, dont les préjugés, les intérêts du moment, politiques et autres, ont obscurci ses traits? Un bon volume, format académique, y suffirait à peine, et Je ne puis, en son lieu et place, oifrir au lecteur que quelques lignes écourtées. L'entreprise n'est donc pas sans péril. Mais puisque je l'ai promis, et que ma .langue m'a lié p«r on c oui solennel, » faisons trêve à toute hésitation et entrons immédiatement en matière : Il en sera ce que Dieu voudra.

L'Arabe est bien plus fort que Janus, qui iravail que deux ligures. Lui, en a trois Imch comptées. Et encore, je ne parle là que des principales, sans nicutionner les secondaires que le défaut d'espace nous oblige de laisser dans l'ombre. Ces trois figures sont: 1o Celle qu'il montre à sa tentera sa famille; la figure intime; 2' Celle qu'il montre à ses semblables musulmans, grands et petits, dans ses transactions multiples avec

APPENDICE

«u ; llgore eitérieure ; 9* Enfin, celle qu'il nous montre à nous, •es oooquénmts, qu*i1 aioie comme les étriTièfee ; figure de droonstence, caroëléonienne au dernier chef.

Cette dietinction préliminaire m'amène, par une pente naturelle, à diviser mon discours en trois points, ainsi qu'un sermon. Sans penser :i iiuil. je désire qu'il u'dii. avec ce dernier, que celte beule re>seiiil.l;ince. Le lecteur ne sera peut-être pas éloigne de formuler le même vœu.

Suivons notre division.

Olk quM moitlrc dao& sa tcule, et dans la vie intime.

Entendons-nous d*abord, sur l'être dont 11 s'agit d'esquisser les traits. Quund je parle de PArabe etdelafigure qu'il montre dans sa tente, il tombe sous le sens, qu'il ne peut être question

(le celui qui n'en pos.sède pas, du gueux proprement dit. Le gueux est un type suraV)ondaiiiiiitnt connu, le même partout, et dont ridentité crèv« toutes les enveloppes nationales, qui maintiennent les autres types humains. Dans tous les pays, il est ignorant, il est misérable, il soullre et soupire éternellement, après ce minimum que Fourier voudrait lui assurer. Il n*a pas trois figures, le pauvre ! ses moyens ne lui permettent pas on tel luxe. Il n'en a qu'une, immuable à travers les âges , et les latitudes, c'est celle que le sphinx antique prenait^ quand il posait l'énigme fatale. Et puisqu'elle est la même partout, parlons uniquement de celle de l'homme qui joue un r61e actif dans le milieu social où il s'agite, et n'en est pas une victime directe.

L'Arabe ainsi défini, est en possession d'un coursier, ainsi ([ue le répett nt à satiété, toutes les chansi ns qui parlent de lui. Malheureusement, à çe çoursier, se joignent trois ou (quatre

HCBURS ARABES.

femmes, généralejueiit beaucoup plus difficiles, je ne dirai pas à monter, mais à conduire que le dit coursier.

L'Arabe peut donc avoir quatre femmes 7 assurément/ si ses moyens le lui permettent. C'est là une question de douros, et la morale, cette excellente morale, si souple et si commode, ii*a pas à s'en effaroucher, attendu que le Koran, livre divin, 8*11 en fut jamais, le lui p*irmet formellement. Ce merveilleux Koran, qui comme beaucoup de ses confrères, en divinité, dit blanc et noir suivant les besoins du moment, Faut orise même, pour peu qu'il soit sultan, prince, ou simplement riche, à en prendre autant qu'il peut en nourrir. Do la Tinvention du harem, qui duns certains pays musulnianî», figure nu nombre des institutions de l'empire, qu'il est défendu d'attaq'jer sous peine du pàl, supplice autrement grave qu'un communiqué ou un avertissement»

Comment un aral e peut-il vivre avec quatre femmes, quand dans certains pays civilisés, que par discrétion Je ne veux pas nommer, un homme a déjà tant de peine à vivre avec nne seule ? Blende plus simple pour lui, ca^il est le simplificateur par excellence. L'homme qui trouve moyen d'obtenir du blé de la hauteur d'un cavalier, en grattant la terre avec un mor* eeau de bois, attaché à l'aide d'une ficelle, aux flancs d'un bourriquot, ne peut être embarrassé pour si peu. Quand en rentrant chez lui, ses oreilles se trouvent agacées par quelque orage féminin, il saisit un hûton, et le promenant sur le dos de ces dames, le calme se rétablit aussitôt. Ainsi juc le lecteur peut en juger, rien de plus eflicace qu'une pareille méthode, rien de plus avantageux j au point de vue du mari bien entendu.

Un mot significatif circule à ce sujet, parmi les dames musulmanes. < Fatma, ton mari t'aime-t-il toujours ? — Hélas ! j'en doute, car l'autre jour il m'a battue avec un couffin, et la pioche était à ses côtés 1 » Maintenant, je n'oserai garantir, que ce dialogue proverbial, est l'expression d'un sentiment vrai, mais çe que je puis afilriper, c'est que les filles de Ua<'

APPERDIGE.

hooiet en ri^nt de bon cœur, quand 00 leur en parle, et ne songent nullement à le contredire.

L'Arabe de tente aisée, a donc quatre femmes réglementaires, sans compter les négresses, serrantes de la maison, snr lesquelles la loi lui donne les mêmes droits que sur les premières. U semblerait, tout d*abord, qu'avec ce contingent, de heauêegoe^ cet enfant dlsma^l devrait se déclarer satisfait II n*en est rien. Quand Tannée est bonne, et que la lune, comme pour narguer la from-se, se refuse à éclairer les nuits, il part, cette fois, sans son coursier, mais non sans»jse^ pistolets, pour courir 1rs aveiilun a auiout t uses chci ses voimiis, ijui, en gens bien a\is«'s. en font autant «le leur côté. Il a vu quelque part, en pas^^iUit au bord d'uno fontaine, une autre Rébecca à rœil de gazelle, qui l'a séduit, et son désir ardent, depuis ce jour, est de la revoir de plus pri s. Il gagne souvent dans ses tentatives f délictueuses # des balles dans le dos, des coups de sabre sar la ti'te ; il risque d'attirer sur sa tribu une guerre sanglante, mats que voules>vous ? quand la bourse est pleine, il finit bien s'amuser un peu.

Notre statistique judiciaire constate que dans notre beau pays de France, les crimes augmentent avec la misère, et diminuent avec elle, et c'est pour le moraliste, une consolation iiififaltle de penser qu'eu tliiuinuant la misère, il pourra, du iiK liie coup, atténuer le crime, et l'anéantir un jour au sein de la prospérité publique. Kii pur pays arabe, ce ivest pas précisément la même chose. Quand la richesse générale déborde^ certain crime en fait autant.

Q me souvient encore de mon éconnement naïf, aux premiers jours de ma carrière, quand, dans une année d'abondante récolte, les kaïds m'apportaient la liste des méfisits commis dans leurs tribus* iy remarquais, avec inquiétude, la qualification de « voleur de tente » répétée bien souvent Mais, comment, leur disaîs-je, ponves-vous avoir tant de voleurs, dans nn temps si prospère ? « Sidi, me dit un vieil agha blanchi bous le harnais, ces voleurs de tente, sont tout simplement des

HOEUBS ARABES.

Toleurs de femmes ; nous les désignons ainsi, uniquement par convenance. »

C'est une chose digne de remarque, que malgré ses mceurs dissolues, l'Arabe est minutieux observateur des règles que la pudeur prescrit. Il met un soin extrême à ne jamais montrer sa nudité, et ne supporte qu'avec contrainte une conversation légère. Le fils disparaît immédiatement, dès qu'on prononce» devant le père, des mots qui touchent à la galanterie, et, quand on n'en est pas prévenu, ces éclipses subites produisent un singulier effet.

Mais pour eu revenir à la polyganiie, il ost facile de voir, qu'elle n'a pas môme pour résultat de fixer l'Arabe dans sa tente, en l'empêchant d'aller conter fleurette ailleurs. Cette déplorableinstitutionmot donc l'enfer chez lui, l'oblige souvent à brutaliser ses compagnes pour les mettre d'accord, et ne parait, tout d'abord, le satisfaire à aucun point de vue.

Quelle est donc aa raison d*ètre ?

Malgré les apparences, elle en a une très solide, et c'est précisément ce qui fait qu'elle tient bon.

Si la polygamie ne satisfait en rien PArabe, en ce qui touche

le sentiment, elle lui est extrêmement avantageuse, sous le rapport de ses intérêts matériels les plus iminéfliats.

Nous abordons ici, l'économie j)ure. et la morale souple et frelatée des religions orientales, n'intervient qu'accidentellexneiil dans le début.

Les premiers besoins de l'homme, sont ceux qui ont ti ait à son alimentation, son vêtement, son abri. Or, quand l'industrie publique, c'est-à-dire celle qui sert le public, n'existe pas autour de lui, Ibrce lui est de s'en créer une, pour son usage individuel. Ainsi a fait l'Arabe. N'ayant sous la main, dans son milieu flottant, ni boulanger, ni tailleur, ni maçon, il a pris la femme et lui a dit : « tu seras mon boulanger, mon tailleur et mon maçon, » et la polygamie a été faite.

On est ])a livre, on prend une femme y)Our moudre le blé, cuire le paiu , et rapiécer le vieux burnuub iiéréditairc ; les

APPENDICE

:tfrriiif»> Tooi mieux, oti PM prcod une seconde pour fabriquer de» bumcMu neofii, et ces étoffes qui forment les tentes, dites en poils de chame«Q, bien qu'elles n*aieut de ces poils« que ceux que le vent du désert peut leur apporter; les douros arnvent eooore, on en prend une troisième, pour la confection des baiks, gandouras, tapis, etc. ; devient-on enfin riche, ma fbi 1 on se permet alors la quatrième, pour la liaute coisiae et la pâtisserie, car les trois premières peuvent faire une cuisine .solide, niais nullement raflinée,

|ii i'nii' rt' jM-iit se passer d*avoir des yeux de gazelle. — Elle jteut iiK'iae Are un peu contrefaite- — La seconde les a ou ne les a pas, cela dépend, mais quant à la troisième et surtout la quatrième, elles doiveut invariablement en posséder et de la plus belle espèce. Les deux dernières doivent être, en outre, pourvues d'un embonpoint monacal^ car TArabe aime <^perdument la graisse tous la peau. Tous les musulmans partagent ce goût, que les houns du ciel peuvent seules satisfaire complètement. La graisse est d'ailleurs un signe aristocratique. Le gueux a toujours une fenune maigre ; le riche, une femme grasse qui, accroupie sous sa tente, roule plutôt qu'elle ne marche. Chacun sait que le gnnâ turc, quand il fait acheter dos circassiennes, les denuinde avant tout d'une vaste rotondit»». Je m<» suis nuMue laissé dire — Que ne se laisse-t-on pas <Iire <|iril y avait dans son harem, une aruiexe chargée uni- (luoinent de i'engraisscnieîit des jeunes :?ultanes qui péchaient par un excès de formes anguleuses. Comme je ne l'ai pas vu, et que je ne voudrais, sous aucun prétexte, me fâcher avec le grand turc, je n'avance le fait que sous toutes réserves.

La loi interdisant à un bon musulman de regarder une femme, a moins qu'elle ne lui appartienne, ce sont ordinairement de vieilles matronnes, qui se chargent, moyennant douros, de rechercher les yeux de gazelle^ qui sont en vente dans les diverses familles. Le mot de vente est dur, j'en conviens, mais j'ai le regret de ne pouvoir le reth^er, ne voulant pas outrager 1 augui>le vérité.

MOEURS AHABES. 4tt0

Le code inuBulman n*autorise^ certes pas, un père à vendre sa fine, mais il loi permet de la céder en mariage, contre échange de douros. Ces douros sont la propriété de la fille et

forment sa dot, mais le père, en très-fort logicien qu'il est, déclare que. puisque la fille est à lui, à plus forte raison, ses douros Ft le front sorcin, la conscience tranquille, il envoie ces derniers, joindre ceux qu'il possède d4jà, dans un vieux pot souterrain que les séductions du crédit mobilier n'ont pas encore touché.

Quand l'Arabe est assez riche pour se passer les quatre femmes, que le Prophète a bien voulu lui permettre, il leur adjoint généralement, une demi-douzaine de négresses, et le couronnement de son édifice mobile, se trouve ainsi parachevé, n se trouve alors, à la tète d'une dixaine de créatures du sexe féminin, sous tous les climats fort peu disciplinables, et au sein desquelles, par conséquent, il fait souvent triste figure.

Telle est en effet celle qu'il déploie généralement dans le cercle intime de la famille.

S* Flgnre de l'Arabe i

Celle qu'il munire dans le commerce extérieur, parmi les iiens.

Helvétius assure que c'est l'intérêt seul qui nous guide en toutes choses. Ce n'est pas ici le lieu de discuter à fond cette doctrine, dont le résultat le plus clair, serait de désarçonner définitivement la morale ; d'ailleurs cela nous obligerait peutêtre à remonter Jusqu'au déluge, et je tiens beaucoup à me tenir en deçà de cet événement. Mais ce que je puis avaucer, sans craindre d'être contredit, c'est que Helvétius a parfaitement raison, en ce qui concerne le peuple qui nous occupe. L'Ai abe, sauf le cas où le fanatisme religieux l'exalte, n'a pas, en effet, d'autre mobile, que son intérêt le plus immédiat.

APPKNMCE

rajoute Anttit^t, pour l'indulgeiiter et dëtoarner de lui les anethènies dei platoniciens de la morale, qu*il lui serait bien difOcile d'en avoir un autre.

La morale est une admirable chœe, mais encore faut-il

fibuvoir la pratiquer ; or, quand le milieu social dans lequel on vit, ne vous oïïvn* ^ue de*? jrnrantios illusoires, on est bien obligé de la riiotti i' un iii-t;int de coté, pour s'occuper, avant tout, de la question du salut personnel, dont Turgence ne tolère aucun retard.

Ce pauvre enfant de Mahomet est soumis au double supplice du tyran et du tyrannisé. Ches lui il est tyran, au dehors.

Par ua juste retour de» eboses d'id^bas,

il trouve subir la tyrumiie la plus dure. Comment, entre CC5 deux fatales oscillations de l'inique , pourrait-il trouver un point de contact avec la justice dn bon Dieu ?

Avec ses ^gaui il a la consolation de pouvoir lutter à armes égales, et de pouvoir par conséquent les duper, aussi souvent qu'il est dupe lui-même. Mais avec ses cbefo les conditions sont loin d'être semblables.

Le cher investi d'une autorité diflu ile à contrôler, lui prend, à l'aido d'une foule de petits procétii-s i:iui.?acrés par l'habitude, tous les duuros qu'il est possilde de sontii cr à un homme qui en possède. De là cette idée Qxe chez lui, de les dissimuler , d'aHicher une pauvreté salutaire, et de ne cesser de gémir sur la dureté des temps, la rareté du numéraire et la cherté des vivres. < Je suis un pauvre homme, craignant Dieu et mon sei- « gneur, » est une phrase stéréotypée, qui sert de réponse à beaucoup de questions.

Le mensonge est donc pour cet arriéré dn mouvement , une sorte de bouclier destiné à parer les coups nombreux qui le menacent. J^o mensonge, c'est sa ^^arantie sociale, à peu-près la seule sérieuse qu'il ait à sa disposiLioii; conmient après cela, oser lui en lairc un crime / Que celui qui est sans péché lui

MOËURS ARABES

jette la première pierre. Je déclare humblement que ce ne

sera pus moi.

L'Arabe le moins corrompu, a toujours sur la conscience quelque méfait qui en trouUe la iicrriiité et double sa dépendance à l'égard de ses chefs. Suivant l'iige, il a plus ou moins détroussé les voyageurs , minotaurisé les maris , vidé les silos du voisin , écorné d'une balle quelque mekrazeni , expédié un ennemi et parfois un ami, envahi un champ sur lequel il n*avait aucun droit, etc., etc., etc. Bien q^u'U soit g^éralement brave, cette situation le rend malgré lui, très craintif, et le philosophe retrouve ici, avec bonheur, les traces de cette morale universelle que Dieu a gravée dans le cœur des humains, bien avant qu'ils aient pu la balbutier dans leurs Uvres. Il a toujours peur de quelque révélation inopportune qui compromette sa position. Qui se sent coupable, se sent faible. De là sa grande faiblesse devant les chefs qui l'exploitent et dont il n'ose pas trop se plaindre , de crainte d'aboutir à un résultat pire encore. Combien d'accusateurs de chefs, n'ai-je pas vu passer subitement à l'état d'accusés ! Telle est la situation. Un excellent moyen de la d'îgager , serait de proclamer , de temps à autre , une amnistie complète , pour tous les crimes et délits qui n'auraient pas été constatés officiellement. De quels poids ne soulageraitron pas ainsi, les consciences de nos administrés musulmans I

La religion est chez eux, d'une extrême commodité, et c*est sans doute pourquoi ils y tiennent tant. Avec cette religion-là,

on peut commettre une foule d'actions pendables, se donner à bouche que veux-tu. de toutes les satisfactions Ikuaiaiiies et trouver de charmants versets, qui, non seulement vous excusent, mais encore vous promettent le paradis. Après ça, essayez d'aller prccJicr dans le dcscrt^ et vous m'en direz des nouvelles.

Dans ce nouveau domaine le iils du Koran, trouve cependant d'autres chefs, non moins désagréables et non moins exigeants.

Quiconque a parcouru TAlgérie, a remarqué sur la cime des monts, même les plus élevés, des petits points blancs, qui bril<

APFLMJlCE.

leni ftu loiD« comme ém parcelles de neige oubliées par le soleil. Ce sont des marabouts , c*esi-à-dire des tombeaux de saints penionnages coimus sous le même nom. Ces bommes plus ou

inoin.s iiliistrps, mais considérablement embellis par la légende, &uni parfailemciit inoffensifs, puisqu'il sont eiiten és, maU leurj» (lesct^iiJajiU, t'ii [>leiiio «'\i.>tence, le «ont hiMiicouj) moins. L'Artibi» n h corapler iivei' «'ux . oiiroro jtlus iju'avec scà chefs laïques, car ils sont ses seigneurs do par le ciel, et leur autorité u'esi pas de celles qu'on ose discuter. Non moins exigeants que It'urs confrères lerrestri^ , ces maîtres célestes enflent leurs budget» indépendants , à l'aide d'une fiscalité irrésistible, qui s'appelle la superstition. Comment ne pas satisfoire un bomme qui, d*ttn coup d*œil, peut vous accabler de malbeurs, et finalement vous envoj^er au diable , pour qu'il ait à vous lOÎUer éternellement ! Le plus intrépide y regarde à deux fois. Aussi quand, par aventure, le marabout est en même temps le chef de la tribu , et joint , par conséiiiient , le pouvoir temporel au pouvoir spirituel, le meilleur parti à prendre est de plier sa tcnti» i t d'aller faire un tour dans le désert, en attendant des jours mcilloiiis.

L»'^ jiiaraltoiits et les kaid- . -o;;t i ^ rtainemcnt fort dui*s à supporter, mais leurs agents, approbateurs enthousiastes des doctrines administratives de leurs maîtres, ne le sont pas moins

Ceux qui exercent sur l'Arabe, une autorité quelconque^ religieuse ou civile^ ne Técorchent pas directement, cela se conçoit , de leurs propres mains ; ils pratiquent cette opération cruelle , à Taide d'intermédiaires nombreux et variés , connus 6008 les noms de cbaoucbs, mekrazenis, mokbalias, mekessa, etc. Je pourrais m'étendre longuement sur le caractère politi- (|ue , administratif et surtout moral , des fbnctionnaires de cet ordre, mais l'espace me manquant, je iiie contenterai d'expliquer, en quelques niots^ le principe invariable qui inspire cette nouvelle clas-îG de tondeurs publics.

(Je ne sera pas long.

A^ant un douro à prélever pour le chef, en extraire un se*

Page 1