LA TRAPPE DE STAOUÉLI
Par un arrêté du 11 juillet 1843, quelques Trappistes, venus en Algérie avec le R. P. Régis, fiarent autorisés à fonder un établissement agncole dans la plaine de Staouéli.
Le 19 août de la même année, ils plantaient leur tente sur
la concession de 1020 hectares qui leur avait été accordée, et li> lendemain, ils célébraient .sur un autel de gazon, la mémoire des guerriers tombés gloi ieiisement sur le champ de bataille de Staouéli. Puis, ils commençaient, à leur tour, à livrer d'autres combats, ceux du travail, tout en priant, et en faisant la charité (1 ).
La ferme de Staouéli est aujourd'hui une des plus belles et des mieux cultivées de la province d'Alger. Un mur de clôture, de plusieurs kilomètres de longueur, entoure les bâtiments et les jardins, qui occupent une superficie de 50 hectares environ. En dehors, plus de 500 hectares ont été défrichés et sont ensemencés en céréales et autres cultures , parmi lesquelles on remarque le géranium, le sorgho, la betterave, les patates douces. Des vignes, qui donnent un excellent vin, et dé magnifiques plantations d*arbres ont remplacé les palmiers nains. Le mûrier fournit de la feuille en quantité pour Téducation
(1) li. PiBSSE. iiineruin de l'Aigrie, p. 7t«
PROVINCE D'ALGER
des vmk soie. Les orangers rtoflstsseni parfaitenent; ib ont produit, Tannée dernière, plus de iOO,000 oranges.
Les Trappistes emploient un grand nombre d'ouvriers civils. Ils reçoivent tous ceux qui manquent de travail, acenetllant avec le mémi^ empressement les bommes valides comme les inlii mcH et lesconvalescenU, auxquels ils prodiguent des secours et des consolations. Ih tout le bien et donnent l'ejtemple salutaire du travail, du drWouement et de rabnôj?ation. « A vos portes, disait un jour M. le baron Dupin, écris ant à M. le Maire d'Alger, à vos portes, cent cultivateurs cénobites ont fait une œuvre si grande, qu'il n'existe rien de supérieur dans toute la chrétienté. Etablissez des staouHis jusque dans les oasis les plus lointaines. 11 ne s'agit plus de renouveler dans les thébiudea rascétisme des contemplations inoccupées, mais d*iû<Miter à la prière les miracles du travail, appliqués à la nourriture des pauvres et des malheureux. »
Visite 4e rfiospcrcvr ik, la Trappe.
Kn (luittant Chéra^:^us, l'Euipereur se dirii^t^i vers le couvent des Trappistes. Le trajet, qui est de 5 kilomètres, se fit rapidement Tout le long de la route ^ les ouvriers des champs, les mineurs des carrières, les femmes, les enfants des maisons isolées venaient se grouper sur les bords, pour saluer le passage du cortège impérial.
Avertis» dès la veille, de la visite de TEmpereur , les Pères Trappistes s'étaient empressés de foire les préparatiâ de la réception. En quelques heures, la grande avenue avait été garnie d'orangers en fleurs, de lauriers-roses, de géraniums et de palmes. Des guirlandes de fleurs couraient à travers les feuillages des arbres, et deux nirs de triomphe s'élevaient, l'un sur i allée extérieure et l'auti e a l'entrée du Mioiuistère, dont la façade était déjàpavoisée de drapeaux aux couleurs nationales.