‹ Napoléon III en AlǵerieChapitre 9 sur 56 · LA TRAPPE DE STAOUÉLI · texte numérisé non relu

LA TRAPPE DE STAOUÉLI

terminées : Staonéli a son monastère, setdottreft, sa chapelle, einoii son église^ son hôtellerie, sa ferme, ses graoïges, ses étables , son mur d'enceinte, ses alellers, et ses hangars spacieux pour sa machine à battre et ses instruments aratoiree.

Sur 1100 hectares environ, dont se compose la propriété, 500 sont défrichés, 400 le seront luentot; le reste n étant pas susceptible de culture, sera successivement planté d'arbre* d'essence forestière et abandonné en partie à la vniiie pAtiire ; déjà, plusieurs hectares de ces terrains incultes et rocailleux Ofit été plantés de pins et d'autres arbres de haute futaie, qui promettent les meilleurs bois de construction. Chaque année, près de 20 hectares sont débarrassés de leurs brousseilles et de leurs palmiers nains, au ooùt de 500 francs Theetare, mmobstant les autres tnmiux.

Des 500 hectares défrichés, près de 140 sont annuellement ensemencés de céréales, 50 sont plantés de vignes, iO de géra* nium ; le reste est laissé en prairie ou affécté aux cultures spéciales, s'il n'est occupé par les jardins et les vergers et par cinq orangeries, donnant actuellement près de rent mille oranges, bien que les arbres soient encore jeunes et loin d'être en plein rapport.

D'autres travaux importants ont été étalements exécutés : trois fermes ont été créées sur divers points de la propriété ; de nombreuses voies d'exploitation ont été ouvertes, bordées de carroubiers, de platanes, de mûriers, d*oliviers et munies de haies de cactus ou d'alods ; des abris de cyprès, de roseaux et de bambouz.se sont élevés pour protéger les cultures délicates contre Faction du vent de mer ; des marais pontins ont été desséchés ; de grands ravins ont été encaissés, ou redressés ; des eaux croupies et malsaines ont été amenées de loin, au moyen de profondes tranchées et de canaux r i coun orts, dans de vastes réservoirs et sont dirigées, de là, dans de non vonux jardins pépinières et potagers ; quatre grands bassins et autant de puits noria ont été creusés et construits à la même fin.

Un de ces bassins, de la capacité de 390 mètres. cubes, est

PROVINCE DTAUm

mlimMé p«r dM eani prises à 500 mètres de là, provenant d'une «oeieniie tbotaioe romaine d*ttne eonsInietioQ stogulière. — C'est m» espèce de citerne de ^ 50 de prolbodenr. L*eau y anrite borisootalement et verticalement de dllK&rents c6tés, par plusieurs sources.

A e6té et dans lefbndeit6rieur decettecitsmef on a trouvé pràs Vnn de l'autre, deiiic conduit» perpendiculaires en maçoniicrie, de lu forme de tuyau de cheminée, venant de dessous terre, etdesquels sor t une eau dont la leiiipérature est seulement de 15», tandis celle qui arrive directement dans le bassin, en a 19. Ces eaux restées jusque là sans issue , formaient un marécage dangereuiL qui leur avait fait donner par les Ârabes le nom trop significatif de : fontaine de la Mort. (Ain-Mok-Bia*) D'autres eaux perdues dans un grand ravin, sont en voie d*6tre amenées dans la citeme ci-dessus, au moyen d'une autre tranchée de 400 mètres de long sur environ 3 mètres de profondeur.

Le drainage, pratiqué avec avantage sur plusieurs points de la propriété, a encore ajouté à cette somme d'eau si précieuse en Afiique et si rare tout d'abord à Staouéli ; atei pour utiliser ce trésor et ne rien perdre de ce précieux liquide, les Pères ont-ils sillonné tous leurs jardins, leurs oraitg<M'ies et leurs champs réservés aux cultures spéciales , de nombreux canaux d'irrigation en uiaçoauci ie sinon de conduits en terre, en plomb ou en fonte. Avec de pareils travaux et de tels résultats les Pères de la Trappe, ont eu moins à rougir des éloges et des félicitations que leur a adressés TErapereur.

Ils se sont rappelé ce qu'était Staouéli en 1843 : un désert aride et couvert d'épaisses broussailles , qui en faisaient le repaire naturel de la hyène, de la panthère et du chacal, et aussi un foyer de fièvres.

Il est vrai que pour opérer cette transformation, il leur en a coûté de grands et de nombreux sacrifices , mais il ne regrettent aucune de leurs peines , ni aucune de leurs sueurs , s'ils ont réussi à se rendre agréable à Dieu et utile à leurs âeiiibiables. C'est là leur ambition.

SIDI-FERRUCH.

Le 6 mai, après avoir visité Bouffarik et Coléah, r£mpe« reur s*arrêta de nouveau à Staouéli .

Le voyage, depuis Boufiarik, avait été aises pénible; il faisait un temps chaud et lourd, entremêlé de quelques bouffées de sirocco. Les illustres voyegeurs couverts de poussière paraissaient fàtîgués ; mais quand on arriva sur le plateau de Staouéli une légère brise s*éleva et on se sentit renattre. Ctomme Tavantveille, partout sur les bords de la route, aux carrefours des chemins, on voyait arriver les colons quittant leur travail pour saluer l'Empereur.

Sa Majesté, voyant les fn i cs Ti a| [ustes et une partie de leur personnel groupés sur la route, donna iui-mêine l'ordre d'arrêter. Comme le R. P. Abbé, le remerciait de cet acte de bonté l'Empereur répondit : a C'est à moi de vous remercier, puisque vous m'aves envoyé hier de si bon vin. i

C*est alors que Sa Majesté insista pour offrir son cadeau au monastère et que le R. P. Abbé accepta une éhapeUe^ c*est*à-dire tout ce qui est nécessaire à la célébration de la messe. Sa Majesté recommanda de lui envoyer une petite note de ces ornements, dans la crainte d'en oublier les noms, et aussi afin qu'ils soient conformes aux règlements canoniques des Trappistes.

SIDI-FERRUCH.

Sidi-Ferruch, situé à 34 kilomètres d'Alger et à 6 kilomètres du couvent de la Trappe , a peu dUmportance comme village*

Il M û dû, d'être érigé en section de commune, qu'à Tagglomération des ouvriei^s i^iu construisaient le fort. Maintenant, que les travaux sont terminés, il n'y a guère que la Douane et quelques familles de pêcheurs. La plus grande partie de la

PROVOfCB D^AUSKR

popululioit ruralt*, dont le chiffre était de 86, a ropotine dn dernier rerpns.^ nient . se tr<»ine Uan-^ un quartier assez éloigné, connu sous le nota de Mokta^Eêsefa.

lie la Trappe a Sidi-Fernu li , il y a environ 0 kilomètres, dont quatre îhi moins sont paicoiinis à travers d'interrainables broussailles. M. le maréchal de Mac-Mahon et M. le général de Wimpfien, commandant de la province, (Irent remarquer à TEmpereur que les colona n'étaient pour rien dans ce désert : mais que cette vaste étendue de terre appartenait à des spéculateurs résidant en France i qui n'en tiraient aucun parti, attendant une plus value pour s*en débarrasser.

Lorsque le cortège impérial fut arrivé près du fort , If. le général dn génie Chauwin expliqua à Sa Majesté l'état antérieur de la pi t'siiu'ilc et les nécessités de la défense, qui avaie.nt oblitré à détruire le juli marabout de Sidi-Ferruch (1).

M. le maréchal de Mac-Mahon, qui a assisté au débarquement de 1830, comme sous-lieutenaut , et qui n'en a oublié aucun détail, en At le récit à Sa M^|e8té, en lui montrant de ce

(1) M. L. l*ieâse, dans sou cucUcnt Itinéraire de VA^rie, raeoiite an sujet de ce marabeui une légende très intëreisanle : • Sidi-Ferruch, dit*il, et mieux SidUFerredj , était un marabout en grande vénération rbex les AliJériens. Au nombre des miracles qu'il fit, la iraditiun a conservé le suivant, l'n mitctot espagnol voulant emmener, par ^tirpri^ - , Sidi-Ferredj en £!i|)a^ne, fui tout étonné, après ime nuit de navigaiiuii, de se retrouver ea vue de la presqu'île qu'il avait quittée. « Fais moi « remettre à terre, lui dit le marabout, et ton vaissean pourra rejoindre m sa route. ■ Si(li*Kcrrcdj fut débarqué , et comme après une see^de nuit, le navire se n-irouvail eneorc à !a rntînie place, et cela parce que Sidi-Ferredj avait oublié ses babuiu lies sur le pont, TEspaguol les prit, se bâta de les rapporter & leur propriétaire, et lai demanda coanne grâce de rester au|ird8 de loi et de le servir. L*Espegnol devenu fervent ma- .«ulman^ vécut et mourut avec Sidi*Ferredj. »

SIDI-FERRUCH.

point oii roii (ionune toute la plaine ù plusieurs kilomètres fi la ronde, l'emplacement des camps Français et Turco -Aljif^neiis, et, au delà y le champ de bataille de Staouëli, où parait-il la victoire fut chèrement disputée et un instant indécise.

En même temps un officier général de la marine qui, de son c6té, avait concouru au même débarquement, expliquait les opérations de la flotte. Cette narratkm, fiûte à l'Empereur par des témoins oculaires , qui avaient payé de leur penonne, et sur un terrain qui a subi si peu de changement depuis cette époque ; avait un grand intérêt pour tons les assistants. On se montrait encore dans la baie occidentale quelques-uns des pieux qui servaient à amarrer les chaloupes de débarquement.

A la sortie du fort, M. le maréchal de Mac Mahon ne manqua pas de faire remarquer à Sa Majesté l'inscription gravée sur la plaque de marbre qui surmonte la porte d'entrée, au milieu d'un trophée d'une belle exécution.

Yoiei cette inscription :

LB 14 JUIN 1830 PAB L'OBBRE ROI ORAELES X SOUS US COMKANDEMBNT DU OÉNÉRAL DE BOURNONT

l'armée française

VINT AHliOUER SES DRAPEAUX RENDRE LA LIBERTÉ AUX MERS DONNER L'ALOÉRIE A LA FRANCE.

Durant la visite du fort, les voitures avalent relayé, et le cortège se remit en marche pour Staouêli-village, par la même route, Juflqu^à la colonne qui est à 21 kilomètres de celle de Koléah, puis par la route Malakoff ou du bord de la mer^ qui n^est livrée entièrement à la circulation que d^nis quelques mois.

phovincb muer.

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