Mérimée et tes amif, p
' intérêt » interpréteront « ces généreuses ratures » à leur guise : ils y verront un calcul du souverain, qui, tombé du trône, espérant y remonter, voulait, par son complaisant silence, se ménager des amis fldèles. Nous aurons encore le regret de leur enlever cette dernière prévention, en leur montrant que l'Empereur interdisait secrètement aux autres ce qu^il s'était interdit à lui-même et qu*il n^autorisait personne à le défendre au détriment de ses anciens serviteurs. M. Granier de Gassagnac avait voulu le faire dans une brochure intitulée Sedan^ ses caisses et ses suites. Partant pour l'Angleterre au moment où cette brochure venait d*étre imprimée, nous avions été prié d*en porter une épreuve à Gamden-Place. L'Empereur nous demanda de la lui lire. Tant qu'aucune personnalité ne s'y trouvait engagée, il écoutait le récit des faits avec attention, paraissant attacher, — ce qui nous frappa, — le plus grand prix à leur minutieuse exactitude, disant, avec une satisfaction manifeste : « Oui| ceci est très vrai! très exact! » ; — ou, bien, avec contrariété : « Non, il y a là un détail à rectifler; ce n'est pas tout à fait ainsi que les choses se sont passées. » Mais» quand arrivait le moindre mot de blftme, de critique contre tel ou tel, l'Empereur fronçait légèrement le sourcil, et nous arrêtait en disant : a Veuille]^ marquer ce passage. » Le lendemain il nous remettait pour M. de Gassagnac une lettre, dont nous n'avons appris la teneur que beaucoup plus tard en lisant dans les Souvenirs du second Empire : « Soit bonté personnelle, soit indulgence inspirée par ce malheur, l'Empereur me renvoya l'épreuve, avec deux grandes pages de corrections, qu'accompagnait la lettre suivante : a Mon cher monsieur de Gassagnac, j'ai lu avec intérêt votre brochure, et je rends justice au talent et au patriotisme de l'écrivain. Mais il y a des changements que je réclame impérieusement de votre dévouement*. »
i. T. I, p. 108. Or, dans ces passages qu*il reproduisait alors, If. de Gassagnac affirmait que Pempereur arait signalé •• les fâcheuses dispositions • prises dans la marche sur Metx, sans pouvoir les rectifler; que