I. Arcbivet de la faïuille iuipériale
les petits, il savait se faire respecter des puissants, môme aux heures où les rigueurs de la fortune semblaient Tavoir mis à leur merci.
Ces (c contrastes très marqués » de son caractère on les retrouvait jusque dans ses façons, jusque dans son extérieur. « Lorsqu'on paraissait devant TEmpereur, — M. Filon l'avait très finement observé, — le calme et la perfection de ses manières mettaient d'abord et tout ensemble les gens à leur aise et à leur place*. » Sans qu'il cherchât à le faire sentir on n'oubliait point qui il était. Séduit par l'extrême courtoisie et la sincère bienveillance de son accueil, on n'était jamais tenté d'en abuser.
La nature ne semblait pas l'avoir taillé comme Napoléon I*' pour porter la pourpre. Il n'avait ni son masque césarien, ni ses allures olympiennes, ni son verbe impérieux. Du neveu de l'Empereur, du héros des téméraires aventures de Strasbourg et de Boulogne, l'imagination populaire s'était fait une idée que son aspect ne réalisait pas. Sur son immuable visage, dans son œil voilé, la foule ne lisait rien de ce qu'elle y cherchait. Mais était-on admis à l'approcher, à causer avec lui, ce masque rigide se détendait aussitôt, éclairé par un sourire plein de douceur, animé par un regard profond, où se trahissait la flamme intérieure.
M. de Moltke, l'ayant vu pour la première fois, écrivait à
sa femme : « Je m'étais représenté Louis-Napoléon bien
plus grand. Il a une très belle tenue à cheval ; il est moins
bien à pied. Ce qui me frappa dans sa figure, ce fut une
' certaine impassibilité des traits et son regard éteint... Sa