‹ Napoléon III intimeChapitre 3 sur 114 · Mérimée et êe» amiê^ p · texte numérisé non relu

Mérimée et êe» amiê^ p

NAPOLÉON m INTIME n

Iraiiquillilc n'est pas de rapallnc, mais bien le produit d'un , esprit supérieur et d*une forte volonté... Cette tranquillité, qui ne Tabandonne jamais dans le danger, pourrait bien être la raison du prestige qu1l exerce sur Fesprit mobile des Français*. » Sir E. fiulwer Lytton, traduisante peu près la même impression, faisait dire à Tun des personnages de son roman Les Parisiens : « Vous connaissez la figure calme et presque mystérieuse du souverain, figure qui de prime abord vous déroute, mais où se reflète une dignité que je ne connais à aucune autre. »

La dignité, c'était bien, en efl'et, ce qui caractérisait soa attitude, ses manières ; et si elles étaient toujours nobles] ' c*estque ses pensées, ses sentiments ne cessaient jamais del Tétre. Si simple, si dénué de prétentions, d'alTectation qu'il fut, quelque bonhomie souriante et gaie qu*il montrât dans son intimité, on n'aurait pu relever dans son langage la moindre vulgarité, ni dans sa conduite la moindre mesquinerie.

Cette hauteur d'âme lui étant naturelle, il la supposait trop volontiers chez les autres ; et cette erreur lui coûta | cher. « Ses] fautes mêmes, — disait Mk*" de fionnechose, qui l'avait beaucoup fréquenté, — eurent toujours un mobile généreux. »

Mais si le caractère de Napoléon III était fait de nuances disparates, d op|>ositions, de contrastes, on devra remarquer pourtant, — et ce sera peut-être l'intérêt principal de cette étude, — qu'il fut constamment égal à lui-même.

Quelles phases diverses dans sa vie! Quelles alternatives d'infortune et de grandeur 1 II nait dans un palais ; sa jeu-

I. Eitrait de la Corrtipondance du maréchal de MoUkt, •» Le Corrtê" pondant, décembre I8ê7.

XII NAPOLÉON in INTIME

nesse se passe en exil ou en prison. Il monte sur le trône, où, s'élevant de jour en jour, il semble être devenu, selon le mot de Cousin, « TEmpereur de T Europe ». Puis son étoile pâlit ; elle s'éteint. C'est la défaite, la captivité chez l'enilemi, la déchéance!

Regardons autour de nous ceux dont la fortune politique a subi les moindres variations. Combien y en a-t-il qui, vainqueurs ou vaincus, opposants ou gouvernants, aspirants à parvenir ou parvenus, n'aient plus ou moins changé d'humeur, de manières, même d'opinions et de langage, en changeant de situation ? Napoléon III, de son enfance à sa mort, ne cessa jamais d'avoir la môme foi politique, la môme doctrine : on peut relever toutes les paroles tombées de sa bouche ou sorties de sa plume, à n'importe quelle époque de sa vie : on n'y constatera pas le moindre désaccord.

Et comme ses idées, ses sentiments ne s'altérèrent jamais. La fortune ne l'enivra pas plus que le malheur ne l'aigrit. Dans l'étudiant d'Augsburg, comme dans le souverain adulé des Tuileries, comme dans l'exilé de Camden-Place, — partout et toujours on va trouver le môme homme.

L'Europe te .Tenge. — Uo contrat Tiolé. — Pourquoi let Boiuparte tout pauYret. — Priocet et prineetsM înteméf.

Quand il dislribuaii des rojaumes, comme des préfectures, Napoléon avait vu les princes des plus vieilles maisons de TEuropo à ses pieds. L*Eropereur d'Autriche, craignant que le Tzar ne lui donnât la main de sa sœur, lui avait tait offrir celle de sa fille. Le roi de Wurtemberg, le roi de Bavière s'étaient montrés fort heureux d'avoir pour gendres le prince Jérôme et le prince Eugène ; le prince héréditaire de Bade, d'épouser une nièce de Joséphine. Les vingt-trois princes souverains, les cinq grands ducs, les quatre rois allemands, soumis à la suzeraineté de Napoléon, lui prodiguaient des hommages dont la « franche bassesse » écœurait Talleyrand'.

En avril 1866, le prince de Wittgenstein « prie TEmpercur d'accorder sa protection au fils dont la princesse son épouse vient d'accoucher. » Six mois après, le prince Ferdinand de Prusse, frère du grand Frédéric, écrit, de Berlin, au maréchal Lannes : « Comme les troupes de Sa Majesté

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