I. O Di CAMt. !/Europe et le Second Empire, p
}. G. Boni AN, L'Europe et V Avènement du Second Empire ^ p. 199.
Louis-Napoléon * » n'avait contre lui nulle hostilité personnelle. Mais, habhuè à régenter TEurope, il ne tenait point à voir s'installer en France « un gouvernement fort, autoritaire et revendiquant comme lui le rôle de défenseur de Tordre européen* »>.
Que Louis-Napoléon restât dictateur, sous le titre de Président, le czar ne demandait pas mieux : mais qu'il montât sur le trône, c'était un danger pour l'Europe, et, pour lui-même, une imprudence. Nicolas lui portait un trop sincère intérêt pour lui laisser commettre une pareille faute : il l'en dissuadait avec instance. Louis-Napoléon, restant sourd à ces bienveillantes suggestions et semblant résolu à accepter la couronne, la cour de Russie se résignerait pourtant à le reconnaître sous le nom de Napoléon II ; — sous celui de Napoléon III, jamais I
« Jamais! » répétaient, de leur côté, rAutriche et la Prusse... Seulement, sous prétexte de déférence, — en réalité pour nous indisposer contre lui, — elles lui laissaient l'honneur de formuler la protestation commune, en promettant de l'appuyer avec énergie. Nicolas accepta volontiers ce mandat et répondit à la communication du -gouvernement français par l'envoi d'une note « sèche et hautaine ^ ».
L'Autriche et la Prusse, après avoir poussé la Russie à marcher, la suivaient prudemment de loin, « toutes prêtes à se dégager d'une pesante solidarité », et ayant soin de
1 . LoKD Malhisburt, Mémoirti d'un ancien Ministre, (Note du 29 novembre 1853.)