àtémùirtê du primée de TalUyrand, t 1, p
s NAPOLÉON m INTIME
TEmpereur et roi d'Italie approchent de la capitale, je m'adresse à M. le Général pour savoir si je peux rester tranquillement ici. » Quatre ans plus tard, le prince Frédéric- Guillaume, — futur roi de Prusse — sollicite, sans l'obtenir, la faveur de figurer parmi les aides de camp de Napoléon. Le prince des Asturies — futur roi d'Espagne — supplie, sans plus de succès l'Empereur, son « glorieux souverain », de l'adopter et de lui donner pour femme une princesse de sa famille. Charles-Albert de Carignan — futur roi de Sardaigne — est sous-lieutenant dans un de ses régiments de dragons; et, comme témoignage de la munificence impériale », il reçoit, par lettres patentes du 22 février 1810, « un majorât, avec le titre de comte et un revenu annuel de 100,000 livres de rente ». Honoré IV, — futur prince de Monaco — fait baron de Monaco, par décret impérial, figure, comme écuyer, dans la maison de l'Impératrice.
Quand Jérôme — quipendantlacampagnede 1806, avait eu pour aide de camp un prince de Hohenzollern — va s'installer dans son royaume de Westphalie, il reçoit « les félicitations et les vœux » du duc de Brunswick pour la conservation de sa personne sacrée ». A la tète de sa maison, il aura, comme grandchambellan, S. A. le prince de Hesse-Philippstahl. Jusque dans la maison royale de France, l'Empereur a trouvé des clients. Le prince de Conti, la duchesse d*Orléans mère, et la duchesse de Bourbon, tante du futur Roi des Français, vivent de ses largesses, et lui en témoignent la plus respectueuse gratitude, — comme le prouve cette fin d'une lettre adressée à la reine Hortense : « J'aurais craint de fatiguer Sa Majesté l'Empereur, en lui retraçant les motifs propres à émouvoir sa magnanimité; j'aime à me persuader que les bons offices de Votre Majesté produiront cet effet et qu'elle voudra bien rendre justice à la reconnaissance, — Madame, — de votre servante, — Louise-Marle-Adélaïde de Bourbon, douairière d'Orléans. »
De ces souvenirs, cuisants pour leur orgueil, les cours
LES BONAPARTE APRÈS 18i5 I
alliées, vicloricusos cnnn, prirent sans merci leur revanche. Des courbettes auxquelles le glorieux parvenu les avait con-* traints, elles se vengèrent durement et sur lui et sur les siens.
Pour obtenir Tabdication de celui qu*elles avaient vaincu, mais dont elles redoutaient vivement un dernier effort, elles avaient été fort heureuses de signer le traité de Fontainebleau. Par ce traité, Napoléon, — abandonnant un domaine privé qu'il estimait 200 millions, et voulant épargner à sa famille, grandie avec lui, une trop humiliante déchéance, — avait fait les stipulations suivantes :
Art. 5. — Lei duchës de Parme, de Plaisance et de Guastalla seront donnés en toute propriété et souYerainelé À S. II. Timpératrice Marie-Louise ; ils passeront À son flls et À sa descendance eu li^ne directe. Le prince son fils prendra, dès ce moment, le titre de prince de Parme, Plaisance et Guastalla.
Art. 6. — 11 sera réservé dans les pays auxquels Tempereur Napoléon renonce pour lui et sa famille des domaines ou des rentes sur le Grand -Lirre de France, produisant un revenu annuel net de 2,(>00,000 francs.
Ces 2,500,000 francs devaient étro répartis de la manière suivante :
A Madame- Mère, 300,000 francs; au roi Joseph et h la reine, 500,000 francs; au roi Louis, 200,000 francs; à la reine Uortense et à ses enfants, 400,000 francs; au roi Jérôme et à la reine, 500,000 francs ; à la princesse Elisa, 300,000 francs ; à la princesse Pauline, 300,000 francs.
Les princes et princesses de la famille Napoléon conserveront, en outre, tous les biens meubles et immeubles qu'ils possèdent à titre de particuliers.
Art. 8. ^ Il sera donné au prince Eugène, vice-roi d'Italie, un établissement convenable hors de France.
Au nom des souverains alliés, Mettemich, Nesseirode, llardcmberg, Castelrcagh acceptèrent toutes ces stipulations du traité, en y apposant leur signature; au nom du roi
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Louis XVIII, M. de Talleyrand y souscrivit par sa déclaration du 20 mai'.
Gomment fut tenu ce solennel engagement? Marie-Louise allait recevoir, — mais à titre viager, — les Étals qui lui avaient été garantis. Son fils n'était pas appelé à lui succéder, ni même autorisé à la suivre. Au lieu de s'appeler le Prince de Parme, de Plaisance et de Ouastalla^ il allait s'appeler Duc de Reic?i$tadt. De V « établissement convenable », promis au prince Eugène, il ne fut jamais question. Des deux millions et demi qu'ils devaient se partager annuellement les princes et princesses de la famille impériale ne reçurent pas une obole. Quant à leurs biens personnels, dès le 8 décembre 1814, une ordonnance royale les mettait sous séquestre !
Pendant le congrès de Vienne, les souverains alliés, bien que les respectant eax-mèmes assez peu, reprochèrent à la cour de France de ne pas remplir, pour son compte, les engagements de Fontainebleau : « Le traité n'est pas exécuté, — dit le Tzar à M. de Talleyrand; — nous devons en réclamer l'exécution. C'est pour nous une affaire d'honneur. » M. de Talleyrand n'invoqua, pour justifier son gouvernement, qu'une considération d'intérêt politique : « Dans l'état de mouvement où se trouvent, — répondit-il, — les pays qui avoisinent la France et particulièrement l'Italie, il pourrait y avoir du danger à fournir des moyens d'intrigues à ceux que l'on croit disposés à en former. ' » Quant aux considérations de justice ou de légalité, M. de Talleyrand devait y être peu sensible» car il avait pris, même avant que
i. « Je sonssigné. Ministre secrétaire d*Etat au département des affaire» étrangères, ayant rendu compte au roi de la demande que Leurs Excellences Messieurs les plénipotentiaires des cours alliées ont reçu de leurs souverains Tordre de faire, relativement au traité du 11 avril, auquel le gouvernement provisoire a accédé, il a plu À Sa Majesté de Tautori^er à déclarer en son nom que les clauses du traité À la charge de la France seront fidèlement exécutées. 11 a, en conséquence, l*honneur de le déclarer, par la présente, à Leurs Excellences. »
Paris, le 11 mai 1814.
Signé : Li piioici di Bihiveit.