MémoutM du duc de liovigo. 11, iv, p
autour de lui, dès le 10 décembre. Mais à ce grand parti les états-majors manquaient. Napoléon !*■', en arrivant au pouvoir^ avait trouvé table rase; il avait pu disposer des hommes comme des choses, nul n'espérant alors ni le rétablissement de la République, ni le retour des Bourbons. Napoléon III se trouvait dans une situation bien difTércntc. Les hommes qui auraient dû être les souliens naturels de son trône étaient pour la plupart engagés dans d'autres partis. Causant à rÉlysée avec Granier de Cassagnac, il lui disait : « Si j'étais arrivé au pouvoir en 1830 j'aurais trouvé presque entière et prête à me servir la génération des hommes éminents de l'Empire. En 1848, ces hommes étaient morts ou compromis avec la cause de Louis-Philippe * ».
Pour combler cette lacune et donner des chefs & la masse qui l'avait acclamé, il ne négligea rien ; et, du début à la fin de son règne, il fit toutes les avances que permettait sa dignité. Dans le manifeste qu'il publia au lendemain de son élection, il disait déjà : « Ma tùche est difficile, je le sais. Mais je ne désespère pas de l'accomplir, en conviant à Tœuvre, sans distinction de parti, les hommes que recommandent à Topinion publique leur intelligence et leur probité. » Cet appel à toutes les bonnes volontés, il le répétait, après le 2 décembre : « Je veux inaugurer une ère de paix et de conciliation, et j'appelle, sans distinction, tous ceux qui veulent concourir avec moi au bien public. » Il le renouvelait encore, en 1858 : « J'accueille avec empressement, sans m'arréter à leurs antécédents, tous ceux qui reconnaissent la volonté nationale ».
Ce n'était pas une de ces banalités officielles, comme on en débite souvent, pour éblouir le public, sans se croire tenu de les prendre au sérieux. Cet appel adressé, du haut du trône, aux réfractai res de droite ou de gauche, les préfets étaient chargés de le leur transmettre directement. Par ordre de l'Empereur, M. de Persigny leur écrivait :