‹ Napoléon III intimeChapitre 5 sur 114 · Mémoires du Chaneeliêr Poêquiêr^ t. 111, p · texte numérisé non relu

Mémoires du Chaneeliêr Poêquiêr^ t. 111, p

LES BONAPARTE ÀPRË8 1815 5

l*ab(lic<iUon fut consommée par le traité de Fontainebleau, l'initiative d'une mesure bien plus inique et plus arbitraire encore à Tégard de son ancien maître.

Muni d*un ordre de sa main, un de ses agents avait été saisir à Orléans ce qui restait de la cassette privée, — où, depuis six mois. Napoléon puisait à pleines mains pour les besoins de Tarmée, — soit une dizaine de millions. Avec les pièces d or il avait pris les bijoux, même un collier que Marie- Louise portait à son cou et qu'elle dut en détacher; puis les vêtements et le linge de Tempereur, puis « Targenterie emportée pour le service de l'Impératrice, — poussant les choses au point qu*on fut obligé d'emprunter les couverts et même la faïence de l'évéque chez qui elle était logée pour la servir pendant les deux jours qu'elle passa encore dans cette ville*. »

Après les Gent-Jours et les nouveaux sacrifices que leur avait imposés le retour de Napoléon, les souverains étrangers se résignèrent de bonne grâce à l'inexécution du contrat signé par leurs représentants. La spoliation définitive de la famille impériale s'accomplit sans résistance, — et sans politesse. Ceux que l'Europe et certains membres de la maison royale avaient si longtemps traités de « Majesté », dont la duchesse douairière d'Orléans s'était dite « la servante» — une ordonnance de 1816, attribuant leurs biens aux vétérans des « armées de Touest et du midi », les nommait simplement « les individus de la famille Buonaparte. »

1830 ne devait pas réparer pour eux l'iniquité de 1814. Même après avoir replacé la statue de l'Empereur sur la colonne de la Grande-Armée et ramené triomphalement ses cendres à Paris, le roi Louis-Philippe ne crut pas devoir restituer aux siens ce qui leur était dû, — ni acquitter la dette de « reconnaissance » contractée par sa tante et sa mère envers la reine Hortense.

Les « individus de la famille Buonaparte » avaient donc

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