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tîonalc. V» Sous TEmpire, et par TEmpirc, des pensions sont accordées à M. de Chantelauze, à la veuve de M. de Martignac, à la mère et au frère du Président Marrast, à la maréchale Bugeaud, etc. Un représentant radical, ayant marqué en 1848 et depuis, laissait sa femme légitime dans la misère. A cette malheureuse, — ainsi, croyons-nous, qu'à la veuve de Caussidière, — il fît donner un bureau de tabac ; — nous précisons : celui qui portait lé n® 406. A Rambouillet, le 2 août, le roi Charles X avait nommé chevalier de la Légion d*honneur un des officiers qui raccompagnaient. Cette nomination in extremis n'avait pas été ratifiée par le gouvernement de juillet : elle le fut par un décret impérial du 21 juin 1859.
Napoléon I*% visitant la cathédrale d*Auch, s'aperçoit que les vitraux sont recouverts d'un voile, — parce que ces vitraux sont semés de fleurs de lys. Il se f&che d'une telle mesquinerie : « Durant des siècles, s'écrie-t-il, les fleurs de lys ont conduit les Française la victoire, comme mes aigles les y conduisent aujourd'hui. Ce signe doit rester cher cl respecté. » Napoléon III ne se contenta pas de respecter les fleurs de lys, là où elles se trouvaient; il les fit rétablir là où le régime de juillet les avait grattées, notamment sur l'écusson de la Ville de Paris, — en disant à M. Ilaussmann : « On ne peut supprimer ni corriger l'histoire ; il est puéril de s'attaquer aux monuments qui en marquent les diverses périodes. » Loin de chercher à supprimer l'histoire, à faire oublier les fastes glorieux de la royauté. Napoléon m les rappelait lui-même à l'occasion. Inaugurant, en 1858, le nouveau bassin du port de Cherbourg, il disait : « Tout en rendant hommage à l'Kmpcreur, nous ne saurions oublier, en ces lieux, les efforts persévérants des gouvernements qui l'ont précédé et qui l'ont suivi. L'idée première de la création du port de Cherbourg remonte, vous le savez, à celui qui a créé tous les ports militaires et toutes nos places fortes, à Louis XIV, secondé du génie de Vauban. Louis XVI continua activement les travaux, le chef de ma famille
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leur donna une impulsion décisive, et, depuis, chaque gouvernement a regardé comme un honneur de la suivre.»
Une proclamation, que Napoléon III adressait aux habitants de TAIgérie^ le 3 mai 1865, en arrivant parmi eux, se terminait ainsi : a Justifions enfin sans cesse Tacte glorieux d*un de mes prédécesseurs, qui faisait planter, il y a trente-cinq ans, sur la terre d*Afrique, le drapeau de la France et la croix, y arborant à la fois le signe de la civilisation, le symbole de la paix et de la charité. » Et, pour perpétuer le souvenir de cet acte glorieux de son prédécesseur, il décidait qu*une des places de la ville recevrait le nom de Charles X\ — comme déjà il avait fait donner à des boulevards ou des rues de Paris, ceux de Bugeaud, d'Argout^ Pasquier, Du^ pen'é, Co^^etto, Roy^ Rigny, Arago^ Berryer, etc., et rendu le nom de Louis-Philippe au nouveau pont construit à la place de celui qui le portait autrefois.
Loin de s'attaquer aux monuments qui consacraient d*an- , ciens souvenirs, l'Empereur approuvait qu'on en construisit ^de nouveaux. La ville de La Flèche désire élever une statue iâ son bienfaiteur Henri IV : Napoléon III, après avoir encouragé ce projet, se fait représenter à la cérémonie d'inauguration, parle Marquis de Chaumont-Quitry, son chambellan , et le descendant d'un compagnon du Béarnais. Celui-ci félicite, en son nom, la ville de La Flèche « d'avoir voulu honorer la mémoire d'Henri IV, ce souverain qui fut à la fois un grand capitaine, un grand politique et le sincère ami du peuple. »
Napoléon III, quand il fut détrôné, venait d'autoriser l'érection d'une statue de Louis XVI à Bordeaux et de s'intéresser personnellement à ce projet. Deux ans auparavant il avait envoyé i 0,000 francs à la souscription ouverte pour l'érection d*une statue de Jeanne d'Arc à Rouen. En 1869 le bruit courait, — et certains journaux Tavaient charitablement recueilli, ~ que les travaux exécutés à la Conciergerie entraîneraient la démolition du cachot occupé par Marie- Antoinette. Dans une lettre adressée d'Egypte à l'Empereur,
LA CONCILIATION ttl
rimpéralrice lui on lômoignait sa doulourcuso surpriso. L'Empereur répondit aussitôt : « J'ai fait démentir la nouvelle relative au cachot de Marie-Antoinette : ce serait un sacrilège d'y toucher. »
Napoléon 111 avait témoigné ses sentiments personnels pour la mémoire de Louis XVI, — avant de lui rendre Thommage oOlciel dont nous venons de rappeler le projet, — en respectant Tanniversaire de sa mort. Jamais il n'y eut, aux Tuileries, le 21 janvier, la moindre réception. Si, par hasard, la périodicité des grands bals qui s'y donnaient chaque année coïncidait avec cette date, la fête était ajournée, — comme le fut un grand dîner qui devait y avoir lieu, le jour où l'on apprit la mort de la reine Marie-Amélie.
Napoléon lil ayant ainsi compris ses devoirs dechef d*Elat envers les anciennes familles régnantes et leurs serviteurs, — comment expliquerons-nous les décrets du 22 janvier, qui annulaient la donation du 7 août 1830, enlevaient à la famille d'Orléans une partie de ses biens et l'obligeaient à vendre les autres? Ecrivant cette étude avec une conviction profonde, y disant, en toute sincérité, ce que nous croyons fermement, nous répondrons, sans hésiter, que nous n'expliquerons pas les décrets, — par la simple raison que nous ne les comprenons pas ; et que nous nous demandons encore pourquoi, en les signant. Napoléon III se montrait si différent de lui-même.
Nous savons tout ce qu'on a dit pour défendre cette n^esure. Nous savons qu'en droit strict elle pouvait se justiOer ; que, si la donation du 7 août avait respecté la loi, c'était en la tournant ; et que les arguments du mémoire alors rédigé pour le démontrer, par l'ancien ministre Teste, semblaient bien solides. Nous savons que Napoléon III suivit, en celte occasion, l'exemple de ses devanciers; qu'en réunissant au domaine de l'Etat « les biens acquis par la liste civile pendant le règne de CharlcsX,»» Louis-IMiilippc avait été médiocrement généreux pour la famille qui lui avait rendu sa fortune et son rang. Nous savons (|ue les Kourbonsde la branche aînée s'é-
SSa NAPOLÉON III INTIME
taient monlrés encore plus rigoureux envers « les individus de lu famille Bonaparte », et, après avoir pris rengagement formel de leur laisser leurs biens, les en avaient dépouillés ; — que leur successeur, en consacrant cette inique spoliation , même à l'égard delà Reine Ilortense, avait paru bien peu se souvenir des services que sa tante et sa mère en avaient reçus. Nous savons que ces traditions rigoureuses se sont perpétuées jusqu'à nos jours et que les princes dépossédés en 1866 par la Prusse se virent enlever leurs biens en même temps que leurs Etats. Nous savons encore que Napoléon III n'avait pas songé de lui-même à cet acte d'inutile rigueur ; quMl lui fut suggéré avec insistance : « C'est M. de Persigny, — dit M. Granier de Gassagnac, fort initié à cette affaire, — qui eut l'initiative des décrets du 22 janvier. Il était tenace dans ce qu'il voulait... J'affirme que les décrets furent virtuellement son œuvre ^ » Nous savons enfin que Napoléon III ne se décida pas, sans hésitation, & l'écouter ; que les décrets, prêts à paraître le 2 décembre, furent remis en portefeuille ; que, pour les en faire ressortir, on atlribuaaux princes d'Orléans des velléités agressives, à leurs amis des complots, sans doute imaginaires, cl qu'on insista sur le danger de laisser entre leurs mains d'aussi puissants moyens d'action '.
Mais nous n'en sommes pas moins surpris que Napoléon III , — tel qu'il nous apparaît en toute autre occasion, — ait voulu suivre les traditions dont sa famille avait été victime; que des conseillers mal inspirés aient pu, dans cette circonstance unique, triompher de son instinctive magnanimité.
Les décrets du 22 janvier, — et certaines faiblesses d'or-