I. Sout*enirs sur le Second lEmpit^e^ I. H, p
3 Il «lésirait m'cxpliquer les motifs qui Pavaient conduit à con*
li»4|uer les biuns ilo la famille clT>rléans... Il n'avait aurnuc animotilé r«intn! relit* famille. Il avait ilésin* liiiss«'r à leur i»<»sto Unn les fouclionniin's orlt'anislos... Main il avait découvert <|ue leurs agents rlierchaiant à renverser Min aut(»ritô, et il avait alors cru ne pas devoir laisMer aux princes de si vastes domaines dont ils auraient eu le ptmvoir de se servir contre le (louveruemenl. •• (Journal de Uî Heine Vicioria.)
LA CONCILIATION tt3
dre privé quo Napoléon III n'alTicha pas sans doulc, commo Irop de souverains, mais qui eurent, après sa chule, le plus regrettable éclat : ce sont les deux seules pages que nous voudrions pouvoir effacer de cette vie, dont toutes les autres nous montrent Napoléon III sous un si noble aspect.
Ce que Napoléon III dit de la Religion. — Ce qu*il fait pour elle. — Lourdes. — Le Concile. — Égards du gouTernement impérial pour les membres du clergé, môme hostiles. — Le Père de Ravignan, Mgr de Lavigerie, M. Louis Veuillot, dom Marie-Augustin, Mgr Pie, Mgr Dupanloup aux Tuileries. — Sentiments personnels de Napoléon III. — La guerre d'Italie. — Orsini y fut-il pour quelque chose î — Preures du contraire. — Par qui le Pape avait été ramené A Rome, en 1849. — Qui ft celte époque lui demandait des réformes. — Double but poursuivi par Napoléon III. — Diverses combinaisons. — Pourquoi, de Paris, on engage le Vatican A les repousser. — Fermes résolutions de Napoléon III. — Les deux missions du général Fleury. — Ce que demandent Pie IX et Léon XIII après 1870. — Prétendue connivence avec le prince Napoléon. — Une lettre de Lisxt. — Napoléon 111 et ses amis. — Napoléon III et ses parents.
Dans le programme, représenté par son nom, Napoléon 111 prétendait que le pays avait lu non seulement : AirroniTÉ, comciliatio:^ ; — mais encore : Rruigion, bibn-i^trb DU PEUPLE, pRocnÈs et DicniTà hationale... Nous avons vu ce qifil avait fait pour réaliser les premiers articles de ce programme : que fit-il pour réaliser les autres?
La religion, d*abord. Sur ce point, il s'était expliqué nettement. Il faut, avait-il dit, « affermir le principe religieux, sans rien abandonner des conquêtes de la Ilévolution ».
226 NAPOLÉON 111 INTIAIE
En ceci, comme en tout, on le sentait inspiré par le souvenir de son oncle, conciliant le culte restauré avec les exigences d'une société nouvelle, honorant la religion, protégeant le clergé, sans compromettre ni le pouvoir spirituel, ni le pouvoir politique par une trop intime union. Pour tous, le nom dont il avait hérité, semblait, à ce point de vue, une sufGsante garantie. Un Napoléon peut soutenir ouvertement rÉglisc, on ne le soupçonnera pas de se laisser mener par elle; on ne craindra point qu'entre ses mains les droits de la société civile soient jamais compromis : à l'égard de princes ayant, semblant avoir une attache avec l'ancien régime, l'esprit moderne se montrerait plus ombrageux, plus défiant *.
Si Tun de ces princes avait dit : « La religion est la hase de toute société et de tout gouvernement ayant le sentiment de sa mission ; » — s'il avait déclaré qu'il entendait « protéger hautement les intérêts catholiques, tout en respectant la liberté des cultes », affirmer fkles grands principes du christianisme qui nous enseignent la vertu pour bien vivre et ^immortalité pour bien mourir; » — si, dans son testament, il avait écrit : « Je mourrai dans la religion catholique, apostolique et romaine^ que mon fils honorera toujours par sa piété ; » si, conformant ses actes à ses paroles, il avait restitué le Panthéon au culte, — introduit les cardinaux au Sénat ; — facilité le développement des congrégations religieuses ; — rétabli les aumôniers de la flotte et de l'armée ; — créé les aumôniers des dernières prières ; — fait célébrer la messe dans les camps; — recommandé le repos dominical par une circulaire ministérielle; — fait prêcher le carême aux Tuileries par des moines étrangers comme le père Ventura, par des jésuites, comme le père de Ravignan ; — s'il s'était solennellement rendu au pèlerinage de Notre-Dame d'Aurav ; — s'il avait
i. 1^ cuiule fie Falloux Tavoiic (Uns no,s Mémouxi (T. 2, p. 1U6), elle aian|uit de S^giir, dans Touvragc (|iril a publié mt son véoérable frére.
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convoqué tous los ôvAquos de Franco au baplAmo de son Qls, filleul du Pape ; — permis à ces prélats de communiquer librement avec le Saint-Siège et entre eux, de rétablir les conciles provinciaux depuis longtemps supprimés, d'interdire renseignement de la doctrine de 1682 et d*adopter la liturgie romaine ; s'il ne se fut jamais arrêté dans une ville sans que sa première visite fût pour la cathédrale et sa première parole pour Dieu,... le public frondeur n'eût-il pas dénoncé bientôt ses tendances « cléricales », et cherché à produire une réaction en sens contraire? Venant d'un Bonaparte, de tels actes, un tel langage ne provoquaient ni grimace, ni railleries; ils obtenaient au contraire l'approbation générale. C'est ce qui faisait dire à un éminent prélat, d'origine royaliste, Mgr. de Salinis, que l'Empire donnait à l'église a la plus grande liberté dont elle ait joui depuis saint Louis; » c'est ce qui faisait dire a V Univers : « Ce que Napoléon a fait pour la religion, partant pour l'ordre social, aucun h07nme connu n'aurait pu le faire, L'Église jouit sous son règne d'une liberté qu'elle n*avait pas possédée depuis longtemps, depuis des siècles ».
M. Louis Yeuillot, nous le savons, parlait de la sorte avant la guerre d'Italie, avant les difficultés qu'elle fit naître entre le Vatican et les Tuileries, — autre question, que nous examinerons plus loin; — mais, en 1868, deux ans avant la chute de l'Empire, rappelant les services essentiels rendus par les Bonaparte ù la cause catholique, il écrivait encore : « C'est beaucoup, c'est immense. En fait d'états de service, nulle dynastie n'en a de pareils depuis que la Bévolution ébranle l'assiette du genre humain ».
A ces services Napoléon 111 devait, dès l'année suivante, en ajouter un autre, en assurant l'absolue liberté du Concile, en refusant de s'y faire représenter, « en n'accompagnant même pas l'expression de sa confiance des réserves qu'on avait faites ailleurs », — c'est-à-dire dans presque tous les autres pays catholiques, — comme le constatait Pie IX, en l'en faisant remercier avec effusion. Des catholiques-libé-
raux, des prélats hostiles à la proclamation de Tinfaillibilité avaient en vain prié TEmpereur d'appuyer leur opposition, en menaçant le Saint-Siège, au besoin, d'évacuer Rome.
Napoléon III avait pour principe que l'autorité spirituelle, — tant qu'elle restait dans son domaine, — devait être indépendante ^ Il l'avait bien prouvé, dans l'affaire de Lourdes, quand, de Biarritz, livré à lui-même, sans suggestion ni conseils, il avait nettement désavoué ministre et préfet'. Comme la question de Lourdes, la question de Y InfiitUibilUé était pour lui « un acte de la vie intérieure de l'Eglise dans lequel le pouvoir civil n'avait pas à s'immiscer' ». Après sa chute, à Chislehurst, causant de ce grand débat avec un jeune député, très impérialiste et très catholique, — qui nous l'a raconté, — M. de Valon, il affirmait encore les mêmes idées; et, avec un demi-sourire, il ajoutait : « Qu'estce, d'ailleurs, que l'infaillibilité? C'est une concentration d'autorité; — ce qui ne saurait déplaire à un Napoléon. »
Ce n'est pas seulement par des déclarations ou des actes officiels que l'Empereur témoignait son bon vouloir aux catholiques et au clergé; c'est encore par les procédés journaliers de son administration : « Jamais, jamais ils n'auront un gouvernement aussi facile, aussi bienveillant pour eux », — nous disait avec énergie M. Ilamille, ancien directeur des Cultes, — qui, nous parlant ensuite de Napoléon III, ajoutait : « L'Empereur avait, au plus haut degré, le respect des choses religieuses. » Et, nous confirmant ce témoignage, un ancien aumônier des Tuileries, Tabbé L..., ajoutait qu'il avait vu ce respect se manifester de toute façon : par la ponctualité avec laquelle Napoléon III assis-
1. Faisant une campagne contre les prétentions surannées de l'église gallicane, un Journal orHcieux, le Pay$, disait, en 1863 : • Le gallicanisme fut une des forces vives de la France féodale et monarchique; il serait un anachronisme ponr la France impériale. •