L'Idée SapoUoHienme^ |i. II
à rassemblée. J'ai d'ailleurs horreur d'être un produit du suffrage universel, et de me trouver le collègue de X. et de X. Tous ces gredins c'est du César en gros sous. J'ai haï César parce que je haïssais la canaille. Je me tourne vers Dieu, faites comme moi, etc. '. »
A l'heure où l'un de ceux qu'elles venaient d'élire stigmatisait ainsi les masses populaires, le pauvre César, abandonné par ces masses qui lui devaient tant, prenait encore leur défense. A un do ses fidèles qui s'indignait de son ingratitude il répondait : « Ne parlez pas ainsi ! Le peuple est impressionnable, il est mobile, c'est vrai; mais au fond,
croyez-moi, il est bon » Si Ton avait dit alors à M. de
Laprade que César était plus chrétien que lui, M. de Laprade eût bondi; si l'on eût ajouté que César était plus conservateur, il eût souri de pitié : c'eût été pourtant la vérité; car il est bien clair que le devoir social défend, comme le devoir religieux, de maudire les masses, même égarées; qu'en leur témoignant mépris ou simplement indifférence, en ne voulant voir en elles^que populace et canaille^ on les rejette inconsciemment, mais sûrement, vers l'anarchie !
C'est pourtant à Napoléon III que M. de Laprade et ses amis politiques adressaient ce reproche, mérité par euxmêmes. Ils l'accusaient d'avoir fomenté les passions démagogiques, d'avoir sacrifié, par un méprisable calcul, les classes supérieures à la classe inférieure. Ils le nommaient,
en un mot, un « socialiste couronné » Et, — l'on aurait
peine à le croire, si Ton ne savait qu*au lendemain d'une révolution il faut s'attendre i\ tout, — des républicains, des membres du gouvernement qui avait pris la place de ce « despote », en invoquant la a souveraineté nationale » osaient formuler contre lui ce même grief! A Tune des enquêtes ouvertes par rasseinbléo de Versailles, M. Ernest 'Picard faisait la déclaration suivante : « L'Empire, avec une