‹ Napoléon III intimeChapitre 56 sur 114 · Le coromandant Schrbidkii, Sowtenin de ia Comrà · texte numérisé non relu

Le coromandant Schrbidkii, Sowtenin de ia Comrà

tous les sorvileurs do Napoléon III lui étaieol-ils profondémont attachés, et tous, quand il partit pour l'exil, auraientils voulu le suivre. Ceux qui vivent encore ont gardé à sa mémoire un véritable culte et ne peuvent parler de leur « pauvre Empereur » sans une profonde émotion.

Un humaniUirt pratiquant. — La liste ciTile doublée à llntu de Napoléon lit. — Où allait l'argent de la cattelte. — liaini tendues de partout.

— Les condisciples d'Augsburg. — Bienfaisance éclectique et discrète.

— Les petite loyers. — Les pensionnaires indépendants de la cassette. — Napoléon III et les inondés, — Napoléon III et les cholériques. — Une ouiisnion du Diclionnairt Larouue.

Accroître le bien-ôtrc de lous, surloul celui des petlls, en fondant de nombreuses œuvres de prévoyance et d^assistance, en étudiant ou en faisant étudier des réformes, en corrigeant ou en complétant nos codes, c*était faire preuve d'intelligence et de bonne volonté, — rien de plus. Réaliser ainsi le bien en traçant quelques mots sur le papier est chose facile, n'imposant aucun sacrifice, n'exigeant aucun effort personnel ; un service de ce genre ne mérite donc, après tout, qu'une reconnaissance relative... Soit! Mais le «( socialiste couronné », le souverain dont on raillait volontiers les « théories humanitaires » ne se bornait pas seulement h concevoir dc8 lois ou des décrets, pour les appliquer : c*était un humanitaire pratiquant, il ne cherchait pas . seulement à soulager la misère et les souffrances de toute | sorte avec la peine ou l'argent des autres : il savait payer largement et de sa hoursc et de sa personne.

Sa bourse assurément était bien garnie. On y avmt veillé pour lui; — car, durant toute sa vie, il se montra peu soucieux de SCS intérêts personnels ; et, dès le début de son règne, il devait renoncer, pour lui et les siens, à toute revendication envers le Trésor '. — Au rétablissement de TEmpire, il devait avoir une Liste Civile de 12 millions : si le chiffre a été doublé, il n'y fut pour rien. Nous avons cité plus haut quelques lignes d*une lettre où le duc de Persigny faisait allusion à cette affaire. Pour préciser le rôle qu*ii y avait joué, Tancien ministre de Tlntérieur tint à rédiger la note suivante :

Après le Conseil (celui où, malgré mes observations, on fixa la lisle civile à 12 millions) je sorlis avec M. Troplong; et, lui répétant mes arguments avec plus de chaleur et peut-être plus de clarté qu'au Conseil, je l'engageai vivement à prendre sur lui de proposer à la commission du Sénat, le chiffre de 25 millions. Quoique de mon avis, M. Troplong s*y refusa. Il répondit qu'il ne pouvait assumer une pareille responsabilité et m'engagea à revoir Tempereur. Je retournai en consf'qucnce aupiès de Sa Majesli^ Mais FlCnipereur, (|ui allait sortir, m'écoula h p<;iiie. Visiblement sous Tempire du sentiment du desintéressement personnel qui avajt si vivement frappé le Conseil, il refusa de revenir sur ce sujet et me renvoya comme j'étais venu.

Alors, convaincu qu'on allait faire une faute grave pour l'établissement de la dynastie, je pris tout sur moi et, recourant à un de ces pieux mensonges (jui s'excusent par l'intention, je retournai auprès de M. Troplong et lui dis : « Eh ! bien, l'Empereur trouve nos raisons justes; il accepte les 25 millions; seulement il ne veut pas avoir l'air de les demander.

— Oh ! alors, cela me suffît, dit M. Troplong, je vais les proposer à la Commission. »

Ainsi fut décidée cette grosse affaire. Quelques heures après le Sénat avait voté les 25 millions, au lieu des i2 du projet

Mais au compte de la Liste Civile ainsi dotée incombaient

I. » Sdiii tenir l'oiiiptc «leii roprisos qu'avaient droit tic faire ti»iis les iiieiubn's île la fauiillc iinpérinle, — dit M. Ciinéo d*Ornano, dans sou reniarf|uable livre hi liépuhlufue de NajntUon^ p. 610, — la reprise du seul dnuuiine privé de l'empereur Napol<^ou niuntait à 111 uiilluiDS. Tout fut abandonne a l'État par Napoléon llh ••

do forlcs dépenses, qui jusqu'alors avaionl incombé à l'Êlal, — comme Tcnlrelien des manufactures, musées et palais nationaux, qui, pour chaque année de la période impériale, représenta une charge moyenne de 12,028,097 francs'. Elle devait en outre indemniser les princes de la famille impériale des reprises auxquelles ils auraient eu le droit de prétendre ; elle subventionnait TOpéra; répartissait 600,000 fr. par an en pensions, 1,200,000 francs en dons et secours, 750,000 francs en allocations aux soldats amputés par suite de leurs blessures ; elle supportait enOn les frais exceptionnels d'une hospitalité somptueuse offerte à tous les princes de TEurope. Lu Cassette impériale, dont le trésorier relevait directement du souverain, ce qu'on pourrait nommer f argent de poche de l'Empereur, ne Qgurait au budget de la Liste Civile que pour le chiffre de 5,400,000 francs. C'est encore une fort jolie somme, qui, pour les dix-sept ans et demi du règne, forme un total de 94 millions 500,000 francs.

S'il avait plu à l'Empereur de les garder, il en aurait eu fort bien le droit. Le baron d'Ilaussez, dans ses intéressants mémoires récemment publiés, raconte qu'au printemps de 1830, les ministres de Charles X, voyant venir la tempête, espéraient la conjurer en achetant quelques consciences ; qu'il leur eût été difficile de demander aux Chambres un crédit supplémentaire pour une telle dépense ; qu'ils comptaient donc sur la Liste civile pour fournir la provision nécessaire. Mais dés la première insinuation qui lui avait été faite i\ ce sujet, le duc d'Angouléme s'était fâché tout rouge, en disant : » Hrisons Iâ! jamais le roi ni moi ne souffrirons qu'un denier de la Liste Civile soit à la disposition d'aucun de vous. t> Le baron d'Ilaussez ajoute : « I^ Liste Civile fut

I. I*nygr^$ tie la Franct tout U gouvernement impérial^ di^riiinrnt oRicirl publié m IBTiD. La recooitruoUnu presi|ue complète du palais de VÈXywét roi'iln, .1 In li^h* rivik. 4.279,400 frnncii; la r^|>araUon et le dffrafff^nieDt •lu l'Alniw Hnynl, :i,(2.1,KH0 fraiK A ; la réfcrtiou delà uiarhine de liarly, 4,200.000 fraiic*. elr.

respectée ; et après cette session, le roi était sur la route de Cherbourg* ! » Charles X avait donc fait une mauvaise économie, mais c'était une économie légitime. Les fonds de la Cassette étant sa chose, le souverain pouvant les dépenser à sa guise ouïes mettre de côté, sans qu'on ait rien à dire, il eût été parfaitement permis à TEmpereur de faire quelques épargnes. Napoléon III n'avait jamais eu ce genre d'aptitude ; et il ne devait pas Tacquérir. Le Ministre de sa Maison, — se disant tout bas sans doute qu'en France les destins sont changeants, qu'un souverain y doit prévoir le cas où il cesserait de l'être, — le conjurait en vain de garder, chaque année, quelques centaines de mille francs, qui constitueraient une réserve, pour « besoins imprévus » : il ne put l'obtenir. La Cassette impériale fit quelquefois des dettes*; mais des économies jamais !

Où allait donc toutcet argent? Il est facile de le montrer, car, après la chute de l'Empire, l'homme entre les mains duquel tout cet argent avait passé, le Trésorier de la Cassette, en a relevé l'emploi sur ses livres. Ayant pu prendre alors connaissance du tableau qu'il venait de dresser, et où la somme totale des 94 millions ctdemi se trouvait presque ! entièrement reconstituée en détail, — il s'en fallait de 513,000 francs; — nous y notâmes ce qui suit : 3,500,000 jde bijoux achetés pour l'Impératrice; 300,000 francs, ; chaque année, pour les dépenses personnelles de l'Empereur, de l'Impératrice et du prince Impérialj — les dé- \ penses de ce dernier étant surtout les frais de son édu- \ cation. Le reste, tout le reste, avait été distribué, ou consacré à des dépenses d'intérêt public. Nous avons ainsi compté :

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