‹ Napoléon III intimeChapitre 59 sur 114 · I . FrunifiAiin ni Lr^sim, Souttnin dt quarante ans, p · texte numérisé non relu

I . FrunifiAiin ni Lr^sim, Souttnin dt quarante ans, p

sans détours : « Cette nouvelle voie, donnant passage à la navigation de tous les pays, nous ferait perdre Tavanlage que nous possédons actuellement » *. Napoléon III se plaçait à un point de vue bien différent, plus élevé, et nous nous permettrons d'ajouter : plus juste. Aux Chambres, venant le féliciter de la naissance du Prince Impérial, il avait dit : « J'élèverai mon fils dans le sentiment que les peuples ne doivent pas être égoïstes et que le repos de TEurope dépend de la prospérité de chaque nation ». Il était même convaincu qu'en assurant le repos de TEihrope, la prospérité de chaque nation contribuerait indirectement à celle des autres; qu*entraver une œuvre d'intérêt général pour protéger un intérêt particulier n'était pas seulement une mauvaise action, mais un mauvais calcul.

Il avait donc promis son appui aux promoteurs de cette grande entreprise, en leur disant : « Ne craignez rien; le canal se fera ». Il tint parole, avec cette résolution doublée de patience, cette fermeté enveloppée de douceur, qui Giiisait sa force. Il avait déclaré, dès le début, qu' « il ne fallait pas trop presser les choses, de peur de les compromettre* »• Peser violemment sur l'Angleterre, c'eût été amener la brouille entre les deux pays, en rendant pliis difficile, sinon impossible, l'exécution du canal. Au lieu de chercher à briser son mauvais vouloir, l'Empereur l'usa, « carguant les voiles a quand « un grain » menaçait, les déployant le lendemain, convertissant peu à peu l'opinion du peuple anglais et par elle exerçant sur son gouvernement une pression efficace '. Cette habile tactique eut un plein succès; l'Angleterre finit par céder et ne se brouilla pas avec nous : sans la ténacité, sans la prudence de l'Empereur, le canal de Suez,

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