‹ Napoléon III intimeChapitre 64 sur 114 · Vne Ambauade à Saint^Péteitttourff, p · texte numérisé non relu

Vne Ambauade à Saint^Péteitttourff, p

â. Lettre du 17 iiov. i8til, citée par M. A. Fil«»ii, Mérimée et tes amis. -^ Vu autre roiinaisseur, qui ne se trouvait sans «loutu iracrord avet* Mcrî* ui«''e «pu* sur ce point, Inouïs Veuilltit, avait déjà dit, d«':i le iiuiis d'avril 185i: tt Le prince l«oui«-Napolcun possèile, à un rare de^ré, le don ded pandci opportunes. Il a dans son langage «tfticiel, ttuijoui's net et simple, une uie«ure de résolution et de francliiMc ipii va droit A riutclligence et au goût de Ia nation. Ce talent renianpiable est d'autant plus apprécié maintenant que l'expérience y fuit voir le caruct«'Te de rimmmo encore plus tpie son habileté. •

mais il los écrivait, paralUl, sans beaucoup d*c06rt ni d'apprêt. L'amiral Juricn de la Gravière, nous disait un jour : a Napoléon III ne parlait ni volontiers ni facilement. Ne pouvant défendre ses idées, comme il Teût voulu, contre ceux qui savaient manier la parole, comme le général Trocbu, il se laissait non seulement éblouir, mais parfois même ébranler par leur faconde ». Dans le recueillement du cabinet, au contraire, il trouvait aisément, pour exprimer ses idées, la forme la plus précise et' la plus élégante. La mercuriale qu'il adressa d'Alger au prince Napoléon, après le discours d'Ajaccio, était assurément d'une belle venue': nous pouvons affirmer qu'au milieu d'occupations, de préoccupations de loute sorte, il la dicta en moins d'un quart d'heure. De tous ses messages l'un des plus importants, l'un des plus habiles, Tun des plus éloquents, fut celui qui ouvrit, en pleine guerre de Crimée, la session de 1855. Or, en quittant la salle des Etats, il écrivait à l'Impératrice : « Je viens de prononcer mon discours d'ouverture, qui a été reçu avec de vives acclamations. Je t'envoie mon brouillon, sur lequel je fai lu; car^ suivant mon habitude, il y a une heure à peine que je l'ai terminé »».

Comme les écrivains, les savants reçurent souvent des témoignages de la bienveillance impériale pour leur personne et leurs travaux. Cinq nouvelles Facultés des Sciences furent

I. «... U? progrAiiituo polilif|iie que tour placet soui Tégido do rKiiipcrciir ne peut servir qu'aux cnne uiii de mon gouTrrnemenl. A den apprérialinn» que je ne saurait aduietlre vous ajoutes des senliuieots de haiue et dr mnrunc qui no sont plus do notre fp<N|uc.

• Pour MToir appliquer aux temps actuels les idées do rEm|)ereur, il faut avoir papsé par les rudes éprruves de la responsabilité et du pou\oir. Et d'ailleurs, pouvons-nous réellement, pygm«^es que nous sommes, ap« prérier A mi juste valeur la grande figure historique de Napoléon? Comme dev.int une statue colossale nous sommes impuissants à en saisir à la fois ren«<Mnble; nous ne voyons jamais que le cMé qui frappe nos regards... Mais ce (|ui est clair aux yeux de tout le monde, c'est que, pour empêcher rnuarrliic des esprits, cette ennemie redoutable de la vraie lit>erté, l'Empereur avait établi, dans sa famille d ali«»rd, dans son gouvernement en* suite, celte discipline sévère qui n*admettail qu'une volonté et qu'une action ; je ne saurais désttrmais m'écarter de la mémo régie de conduite. Sur ce, uiousicur et cher cousin... • ote.

m NAPOLÉON m INTIME

créées, sous TEmpire, à Lille, à Nancy, à Glennont, à Marseille, à Poitiers ; et 26 laboratoires, pourvus de tout le

' matériel nécessaire, mis à la disposition du public. Si le Conservatoire des Arts et Métiers, jadis misérablement installé. Test si magnifiquement aujourd'hui, c*est parce que Napoléon III, en ayant, par ses yeux, constaté l'insufOsance, le fit complètement reconstruire et aménager. Si le Jardin d'Acclimatation figure parmi les principales attractions de Paris, c'est parce que Napoléon III encouragea les promoteurs de cette œuvre si utile, en leur accordant, au milieu du bois de Boulogne, un vaste emplacement. Si la science météorologique a fait, depuis une trentaine d'années, tant de progrès; si, cherchant à découvrir les lois qui règlent les mouvements de Tatmosphèrc, elle peut déjà pronostiquer le temps probable. Napoléon III y contribua, pour sa part, en facilitant Torganisation du service météorologique international, en créant Tobservaloire du parc de Montsouris, — en même temps qu'il en faisait installer un antre, au palais du Luxembourg, pour Tastronome Goulvier-Gravier.

. Rappelons encore qu'il avait voulu participer, pour cinquante mille francs, aux frais de Texpèdilion de Gustave Lambert ; qu'il avait patronné les intéressantes et coûteuses expériences du gyroscope, et qu'après la mort de Léon Foucault, il fit publier ses travaux, achever et compléter ses appareils.

. Si toutes les sciences semblaient intéresser Napoléon III,

{il y en avait une qui le passionnait : Tarchéologie. Pour satisfaire cette passion, — pour la satisfaire au profit de tous, — ce n'est pas des centaines de mille francs, mais des millions qu'il puisait dans sa Cassette. Ces millions furent consacrés: à faire des voyages de recherches et d'études en Italie, en Kspagne, en Asie-Mineure, etc. ; — à acheter le palais des César, où des fouilles furent constamment faites par les soins du savant Pietro Rosa; — h faire

. d'ciutres fouilles, plus importantes et plus fructueuses, dans la forêt de Complègne (ù Champlieu, au Mont Rerni, etc.) sous la surveillance de M. de Roucy; û Uergovie, à Alise, à

Marseille et ailleurs ; — à payer une partie des travaux de Pierrefonds : — à constituer dans ce château réédifléle beau cabinet d'armes, qui est maintenant le plus grand attrait du Musée d'artillerie ; — à faire construire, sur les notes de M. Jal, historiographe de la marine, la grande trirème qui fut lancée en 1861 ; — à installer, à garnir le musée du palais de Gompiègne, puis le musée de Saint-Germain; — à acheter pour celui-ci les intéressantes armures de gladiateurs, venant du cabinet Pourtalès; — à enrichir également d'autres collections publiques, à donner, par exemple, à la Bibliothèque les médailles de Tarse; — au Musée de Gluny les 3,500 pièces de plomb historié, rassemblées par M. Arthur Forgeais; — au palais de Trianon, les objets d*art du XVIII* siècle et les souvenirs de Marie-Antoinette recueillis par rimpératrice; — au Musée d'artillerie ces pièces si nombreuses, si variées, — armes romaines ou grecques, armes de l'ère celtique, de l'ère gauloise, etc., — dont le catalogue officiel mentionne honnêtement l'origine : exception qui mérite d'être notée. Dans les autres musées, aux visiteurs arrêtés devant les vitrines meublées par la magnificence impériale, rien n'indique le nom du généreux donateur. Mais on ne peut trop s'en étonner, quand on pense qu'à la maison Eugène-Napoléon, — fondée, comme on sait avec les fonds souscrits par la population parisienne pour offrir un collier à rimpératrice, le portrait de l'Empereur, le portrait de la fondatrice ont été recouverts d'un voile qui les dissimule à tous les yeux '.

Si coûteuses qu'elles fussent, ces fantaisies impériales étaient dignes d'un grand souverain. En satisfaisant ses goûts personnels. Napoléon III rendait un sérieux service à l'archéologie; il étendait son domaine et y ouvrait, réellement, une section nouvelle : celle des antiquités galloromaines ; on pourrait dire : deux sections nouvelles; car en étudiant cette époque on arriva naturellement à étudier

Page 1