I. Jout^uîl (inédit) du Maréchal de CoêUllamê
n30 NAPOLÉON 111 INTIME
de passer six jours à Coropiègne. Me voyez-vous en culotte courte avec le chapeau claque sous le bras? Ah! mon pauvre ami, je n'étais pas à mon aise ! Mais leurs Majestés vraiment bienveillantes traitaient leurs invités avec beaucoup de bonté et se préoccupaient de leurs plaisirs'. » On la retrouve surtout dans les lettres d'Octave Feuillet, écrivant à sa femme : « L'Empereur est bon. 11 l'est presque trop; pas pour moi, mais pour les autres I Pour moi je m'attache vraiment à lui personnellement; » disant un peu plus tard que les souverains « semblent s'être donné le mot pour redoubler » envers lui « de gracieuses attentions ; » observant chez la souveraine ce que M** de Gontades avait observé chez le souverain : « qu' c< elle sait se mettre à l'aise, quand elle est en confiance et y mettre les autres, sans jamais oublier ce qu'elle est ni donner la tentation qu'on l'oublie*. »
Gomme M*^ de Gontades enfin, Octave Feuillet notait la « galté » de TEmpercur; et l'on sent qu'il en éprouvait quelque étonncmcnt. Dans celte nature pleine de contrastes on doit signaler en eiïct cette particularité nouvelle que Napoléon III était tour à tour, et presque à la fois, mélancolique et rieur. Geux qui croyaient le connaître pour avoir lu les pages graves et tristes qu'il avait écrites dans l'exil ou la 'prison, pour l'avoir vu plus tard remplir avec une froide dignité son rôle public de souverain, ne s'imaginaient guère qu'au milieu d'un cercle familier, se considérant comme un ,' maître de maison qui doit distraire ses hôtes, il pût jamais ' être tel que le voyait, avec surprise, et le montrait Octave Feuillet : montant sur un fauteuil pour apercevoir les préparatifs mystérieux d*une charade, organisant en personne des jeux innocents, ou enseignant hii-méme aux invités le jeu du Roi de Maroc et la danse de la Boulangère, ou les entraînant dans une farandole A travers les salons, ou accueillant quelque amusante saillie de l'un d'eux par « un bon rire