‹ Napoléon III intimeChapitre 77 sur 114 · Lono MALvinitST, Mémoirta^ 8 février · texte numérisé non relu

Lono MALvinitST, Mémoirta^ 8 février

3. • Ce tcra un dédomtuageiueot des lacriflces que nous a coûtés la guerre, car la poiseiiion des Alpes satoiiiennes équlTsut pour la France à une armée de cent mille kommei, néressaire pour garder la trouée qui existe entre Grenoble et la Suisse. • [Correipondattct dm générui Dmcroit t. i", p. 384.)

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Loiulre» que plus il réclamerait le départ des troupes, pIiiH il Tajournerait*.

l'asannt en revue tous ces diOërends, réglés à notre saUsfaction, Louis Blanc écrivait, de Londres, au journal Lt Temps que TAngleterre soulagerait sa mauvaise humeur par de mauvais propos, mais n'irait pas plus loin, parce (pr « elle désirait passionnément vivre avec nous en bonne intelligence » ; que « Tidée d'offenser, même légèrement, la France était étrangère à tous les partis. » Et, dans le même journal, M. Schérer disait un peu plus tard : « L'histoire de l'Empire n'est que la série des échecs subis par la politique de Lord Palmerston. On dirait en vérité que la France de 1852 s'est chargée de venger les griefs de la France de 1830*».

Mais si Napoléon III vengeait nos anciens griefs, en faisant respecter en toute occasion par nos alliés les droits, les intérêts, la dignité de la France, il savait assez bien ménager également leur propre dignité, reconnaître leurs propres droits et servir, à l'occasion, leurs propres intérêts, pour ne jcimais s'aliéner ni le gouvernement, ni l'opinion de l'Angleterre'. Après cette guerre d'Italie qui leur avait causé un tel déplaisir, le Morning Post disait : a II nous faut remonter jusqu'à Austerlitz pour trouver une paix acquise avec autant d'éclat » ; et le Morning Chronicle : « Les succès de l'Empereur Napoléon dans cette courte lutte sont si complets, si extraordinaires, que l'on croit lire un

1. Lord John Russcl ayant adressé une dépèche k Paris, pour demander révocuation de Homo, M. Thouvenel écrivait À notre auibaisadeur à Londres, on lo priant de le répéter : « S'il fait une seconde tentative, cela produira uni(|ueuient une réponse désagréable et prolongera notre (»cciipation pour nue période indéterminée. » Contspondunce de Af. Thouvenel^ t. 11, p. 434.

2. Ce qui n*a pas empêché un publicistc conservateur de dire, depuis la chute du TËuipiru: ■ Palmcrstuu devait être le grand directeur de la |Nditique de Louis-Napoléon. » (Claudio Janet, Ijcê SociéUë aecrètet, p. 98 )

3. Kn novembre 1804, après tous les échecs que nous venons de rappeler, Lord Palmerston reconnaissait que TEmpercur agissait envers TAnglcterre « avec parfaite bounc foi, équité et franchise. • Lord Palmentim^ M correspondance^ t. Il, p. 461.

épisode des conles arabes plutôt qu'un chapitre de notre histoire moderne... Quoi qu'il en puisse coûter à la jalousie et à Torgueil du peuple anglais d'applaudir au triomphe de l'Empereur des Français, ce serait manquer à la justice et à la décence que de refuser à ce souverain le tribut de nos louanges. On ne saurait nier qu'il est sorti de cette épreuve le plus grand homme de son temps, n Même après la douloureuse annexion de Nice et de la Savoie, le premier de ces deux journaux n'hésitait pas à dire encore : « Accueilli dans le principe en Europe avec une jalousie extrême, Napoléon 111 a su commander le respect par la dignité constante de son attitude. L'antagoniste le plus obstiné de TEmpercur est forcé d'avouer qu'il a maintenu riionneur et Tinfluence de son pays avec une habileté remarquable, un courage inflexible. » Enfîn Tlmpératrice, voyageant, vers la Gn de i860 en Angleterre, pour réagir contre le profond chagrin que lui avait laissé la mort de sa sœur, y recevait partout le plus chaleureux accueil*.

Comme le gouvernement anglais, d'autres cours s'étaient émues de la nouvelle brèche faite aux arrangements de 1815 et de l'intérêt manifesté par Napoléon III aux peuples opprimés. Elles se réunissent à Varsovie pour en causer : le prince GorstchakoiT les engage vivement à se tenir tranquilles, et surtout à laisser tranquille TEmpereur des Français, qui, après tout, malgré ses velléités démocratiques, a est la seule individualité avec laquelle on puisse sortir TEurope du gâchis où elle menace de tomber' >». Les représentants des autres puissances se rangent à son avis; si bien que cette réunion, inspirée par un sentiment de défiance à l'égard de Napoléon III, aboutit à constater, une

1. • Je lui ai rappelé Taccueil qui lui avait ét^faiU il y a deux aot, ro Angleterre et en Erotie et lei ovations telles qu'elle était obligée de s'y soustraire. • Lord Malmesbury, Mémoirtt^ octobre 1862.

î. l»«'p<Vhc du duc de Montebello, ambai^sadcur à Saint-Pétersbourg, 3 novembre 1860. Contsp*jntUtncr fie Af. fAoufear/, L I, p. 28v.

fois de plus, « sa force et sa suprématie », comme Pie IX 1^ disait au duc de Gramont*.

Pendant ce temps, notre armée, après une courte et brillante campagne, rétablissait la croix à Pékin, et notre flotte s'emparait de la Cochinchine, ajoutant deux nouveaux succès à tous ceux que nous avions remportés depuis 1852^ Bien qu'aimant fort peu Napoléon III, M. de Grandlieu avouait, il y a quelques années, que si son règne se fût terminé en 4860, « le neveu du Conquérant et de Tauteur du Concordat eût laissé le doute de savoir s'il n'aurait pas été aussi grand que l'oncle. »

M. de Tocquevillc détestait encore plus l'Empire ; il le détestait à' ce point que Napoléon III étant venu à Cherbourg, tandis qu'il était lui-même tout près de là, « le voisinage des pompes impérialistes », — il n'osait « l'avouer qu'à ses plus intimes amis », — l'avait rendu malade. Les succès de l'Empereur ne pouvaient donc lui être agréables : il ne songeait pourtant pas à en contester l'éclat : « Je ne sais, écrivaitHl à la fin de cette brillante période, jsi aucun homme sur la terre a jamais vu succéder à dix années d'infortune dix années d'une prospérité aussi inouïe. »

D'où pouvait venir ce changement si complet et si prompt? Comment Napoléon III avait-il aussi vite conquis cette prépondérance en Europe? Comme il avait conquis le pouvoir et la popularité en France : par les mêmes qualités d'esprit, de caractère... Lamartine disait, vers cette époque : « Après une première conversation, suivie de beaucoup d'autres, je reconnus en lui, malgré mes préventions contre son nom, l'homme d'État le plus sérieux et le plus fort de tous ceux, sans aucune exception, que

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