‹ Napoléon III intimeChapitre 79 sur 114 · t. RnTiiA!>i, L'A/fairf du l.ujremhourg^ p · texte numérisé non relu

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4. Lrdrr du C tiiars IR56, cHée dans \e Journal inédit da intréclial de Caslcllaiic.

NAPOLÉON m INTIME

^u V («< >- ^^Abu:i^ait de son pouvoir au dedans : « Ce qui fait ..«« o iH.uu)<^ place en Europe à votre Empereur, — disait i oi Uv|H^Ut A M. de Laguéronnière, — cen*estpassa iu%ui»o AÎ haute, ce n'est pas son origine si glorieuse, c'est

v'oiio furUine si haute, en effet, ne Tavait pas enivré. On ko rap|itillo sans doute qu'il avait écrit à son père : « Le lualhcur est facile à supporter; c'est le bonheur qui est la \oiitattlo pierre de touche du caractère humain ». Son caractiNro bien trempé avait résisté à l'épreuve du bonheur. l>o Hi'H succès éclatants il jouissait surtout pour la France ; i\ loM attribuait à la protection d'en haut et à la vertu de son principe, qui lui permettait de grouper en un faisceau toutes ios forces du pays, — sans jamais humilier, par la moindre jactance, les nations sur lesquelles il les avait remportés. t}uand le Prince Impérial était né, sous de si brillants auspices, il avait répondu aux félicitations du Corps Législatif : « Confiant dans la Providence, je ne puis douter de sa protection, en la voyant relever par un concours de circonstances extraordinaires tout ce qu'il lui avait plu d'abattre, il y a quarante ans... Les acclamations unanimes qui entourent ce berceau ne m'empêchent pas de réfléchir sur la destinée de ceux qui sont nés et dans le même lieu et dans des circonstances analogues... L'histoire a des enseignements que je n'oublierai pas. Elle me dit qu'il ne faut jamais abuser des faveurs de la fortune... » Et c'est avec la même simplicité qu'en ouvrant la session législative de 1 857 il faisait aux événements dont nous avions le droit d'être si fiers cette seule allusion : « La France, sans froisser les droits de personne, a repris dans le monde le rang qui lui convenait ». Nous avons vu depuis de moindres, de beaucoup moindres succès célébrés avec un autre fracas !

Cette simplicité n'était-elle pas tout bonnement une habileté de plus ? En prenant ces attitudes modestes l'Empereur n'avait-il pas pour but de se faire pardonner son triomphe? Ceux qui, — à l'exemple du vicomte de Melun, cité par nous

plus haut, — le faisaicnl non sculcroont parler, mais penser^ ne manquaient pas de le dire et peut-être de le croire. Ils se trompaient en cela, comme en tant d'autres choses ; car Napoléon III se montrait à son entourage intime tel qu'au public. Dans les lettres qu'en 1859 il écrivait d*Italie, môme après les plus bellesjournécs de la campagne, il ne parlait jamais de lui. Il n*y pensait même pas toujours assez, puisqu'en donnant le nom de la première grande victoire qu'il eût remportée à un de ses lieutenants, il allait fournir un prétexte à cette légende que la bataille, «compromise par son impéri tie », eût été perdue sans « l'intenention inopinée » du général de Nac-Mahon.

La Lombardie est conquise par cette victoire. Napoléon III va porter son quartier-général à Milan. Les Milanais, espérant qu'il y fera une entrée solennelle, s'apprêtent à le recevoir avec de grandes manifestations de reconnaissance. « Des milliers de couronnes de laurier avaient été tressées >» pour lui ; « la municipalité avait fait préparer en son honneur le Palais Ducal, demeuré habituelle de l'archiduc Maximilicn. » Toute cette pompe lui plaisait peu. laissant lestroupes faire l'entrée solennelle le 7 juin, sous le commandement du duc de Magenta et essuyer, sans lui, le premier feu des démonstrations milanaises, il s'annonce pour le lendemain, A \ i heures ; mais, dès 7 heures et demie, « les fenêtres Ses maisons où flottaient les drapeaux unis de la France et de la Sardaigne étant encore fermées, les rues où devait bientôt se presser une population dans le délire de l'enthousiasme étant presque désertes* »J'Empcreur arrive, inopinément, accompagné de Victor-Emmanuel, suivi de son état-major; puis il se dirige vers la Villa Bonaparte où il tient à sinstaller, comme il l'annonce, le jour même, à Tlmpératrice en lui disant : H Je n'ai pas voulu faire d'entrée triomphale; cela me parait toujours ridicule; et cepetidant je le regrette maintenant, car la population a été déçue... Je n'aipas

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