‹ Napoléon III intimeChapitre 80 sur 114 · B** DE Raiaxcolut, Aa Campagne d'Italie^ t. Il, p · texte numérisé non relu

B** DE Raiaxcolut, Aa Campagne d'Italie^ t. Il, p

voulu habiter le Palais; Je déteste tout ce gui a un air d'ostentation. J'habite la Villa Bonaparte, qui est f Elysée de Milan. »

La guerre terminée, Napoléon III reviendra directement à Saint-Cloud, avec moins d'apparat encore qu'il n*est entré à Milan. C'est Tarmée seule qui doit recevoir les ovations populaires : son ancien général en chef ne veut pas en recueillir sa part, en allant au-devant d'elle pour traverser Paris à sa tête.

L'influence qu'il avait conquise en Europe, — même sur les gouvernements qu'inquiétait sa sollicitude pour les peuples sacriiiés par les traités de 1815 — Napoléon III ne la devait pas seulement à la modération de sa politique ; il la devait aussi, et pour une bonne part, à la délicatesse de ses procédés personnels, au soin qu'il prenait de panser les blessures faites par ses armes, et de traiter, au dehors, les vaincus du champ de bataille comme il traitait, au dedans, les victimes de la politique, avec assez de ménagements, de courtoisie pour qu'entre eux et lui la porte restât c< toujours ouverte à l'entente ».

De même qu'après avoir battu le général Cavaignac dans la lutte électorale de 1848, il avait aussitôt rendu un public hommage au caractère et aux services de son rival, après avoir vaincu la Russie, en Grimée, il proclamait que par « sa résistance opiniâtre » elle avait maintenu sauf « l'honneur de ses armes » ; et, après avoir vaincu l'Autriche, en Italie, que nous avions rencontré devant nous « une armée ne le cédant à aucune autre en organisation et en bravoure »• Même au cours de la lutte il avait voulu témoigner son estime à cette vaillante armée, et en même temps « diminuer autant que possible les maux de la guerre », en décidant, dès le 28 mai 1859, que tous ses prisonniers blessés lui seraient rendus sans conditions, sans échange.

« Nous accorderez-vous la paix? » dit-il au comte Orlotf, se présentant à lui pour la demander. Et toutes les négociations qui se poursuivent alors avec Tambassadeur du czar,

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avec lo czar lui-mAme scrablcnt dominées par le mot généreux qui les avait ouvertes : « Jamais un pays maltraité par le sort des armes ne s*était trouvé, comme la Russie, en face d un vainqueur plus préoccupé do la seule pensée do ménager sa dignité, de le relever à ses propres yeux et d'atténuer les conséquences de sa défaite ' ».

De cette générosité Tambassadeur et son maître luimême, — bien qu' « élevé dans Taversion de la France par sa mère, la fllle de la reine Louise de Prusse * », — se montraient fort reconnaissants. Au comte de Morny lui présentant ses lettres de créancp, Alexandre II disait : « L'Empereur a un ami bien chaud dans le comte OrloIT. Il est revenu de Paris complètement sous le charme. Du reste je nosaurais ' vous dire combien je suis touché de toutes les bontés que TEmporeur et Tlmpératrice témoignent à tous les ofGciers que j'ai envoyés à Paris ' ». Et, le 22 octobre 1856, notre ambassadeur extraordinaire à Saint-Pétersbourg écrivait : « J*ai eu une longue conversation avec l'Empereur. Jamais je ne l'ai trouvé aussi explicite, aussi chaleureux. Il m'a exprimé de nouveau sa vive reconnaissance pour les bons procédés do l'Empereur Napoléon, et il m'a répété, à plusieurs reprises : « Dites-lui bien qu'il peut compter sur moi et que je n^oublierai jamais la manière dont il agit à mon égard * ». En 1859, — sinon plus tard, — il devait prouver en effet qu*il s'en souvenait encore.

A cette époque, c'est l'Autriche que nous venions de battre; c'est de son souverain qu'avec la même courtoisie Napoléon III ménageait l'amour-propre et la dignité. Après la bataille de Soiférino, il lui adresse une lettre, « dans laquelle, — a dit un publiciste autrichien, — une touchante cordialité se joignait à l'élévation des pensées et à la noblesse des sentiments; » lettre qui produit sur François-Joseph

I. G. lUmiA!*, La France et ia polUiqtie exiérieurt fn 4i€7^ p. 169. S. Jdem^ p. 61.

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