‹ Napoléon III intimeChapitre 86 sur 114 · G. HoTiiAii. La Politique fitinçaise en tS66^ p · texte numérisé non relu

G. HoTiiAii. La Politique fitinçaise en tS66^ p

3. Itlem. Ibidem y p. 8'J. ~ Le maréchal Niel, — l'un des plus cxpériuientéf, nul ne le conteste, — disait l'année suivante, à M.fjranierde Cassagnac: « Quand Hcnedeck fut plaré û la tOte de l'armée autrirliienne de llolièuio, TEmpereur voulait, sans intervenir niatérielleniont, envoyer un corps d'aruiéo sur la frontière du Hhin ; nous l'en dissnaddmcs comme d*une démonstration inutile. Je confesse avoir été de ceux qui l'attendaient A voir les Autrichiens victt»rieux marcher sur Berlin. » (Ciranierde Castagnac, Souvenirs iur le second Empitr^ t. III.)

sur son succès*; les Prussiens eux-m Ames en doutaient M Quant aux Autrichiens, ils se croyaient si certains de vaincre haut la main, qu^ils laissaient inutilement dans la Vénétie, — bien que résolus à la céder, — des forces importantes, dont l'appoint eût suffi pour changer la face des choses.

Dans une brillante étude qu'il n'avait pas signée, mais ne se défendait pas d'avoir écrite, M. le prince de Joinville avoua, Tannée suivante, que l'événement avait trompé Tattente générale et la sienne ; qu'il avait été, comme tout le monde, « confondu de la facilité et de la rapidité » des succès de Tarmée prussienne*. Personne, en effet, absolument personne n'avait prévu, n'aurait pu prévoir qu*en huit jours, en une seule rencontre, elle anéantirait sa rivale. Si Napoléon III avait pris ses dispositions en vue de cette invraisemblable éventualité, on l'eût taxé de folie. Ceux-là même, si rares, qui croyaient à la supériorité de la Prusse s'attendaient a à une lutte longue, meurtrière, qui nous laisserait sans grands efforts maîtres de la situation et libres d'exercer notre médiation, entre deux belligérants à bout de force, au gré de nos désirs. » Et la France, agrandie, fortifiée, sans coup férir, eût, en ce cas, porté l'Empereur aux nues. « Toutes les prévisions de la politique impériale furent renversées » par ce brusque dénouement, que le Prussien le plus ambitieux, le plus infatué, n'eût osé luimême espérer. Si la fortune a jamais joué dans nos affaires un rùle appréciable, ce fut assurément ce jour-li\M

En déjouant nos prévisions, nos légitimes prévisions, rinvraisemblable dénouement de Sadowa n'avait pas tout perdu, — puisque la Prusse, aussi bien que l'Autriche, avait

t. a Lf* lanKAgc des prrtoniiet infliiciitei de l'Italie eit tout à fait favorable à rAiitrirlie», écrÎTait le prince Napoléon, le 12 juin 1866, à rCinperrur.

2. M. Albert Wo|(T, «pii te trouvait rn truite à la veille delà rampagne de lKr>f«. adit depuiii (uiars 1881) dans le Figaro: m On était convaincu alori n Uerliii «|u'avaht buitjoun les te rrtb Ici Croate t feraient leur entrée avec le rrdoiilé Henedrck a leur tAlr. ■

II. />! demiermot tur Sndou^. tierue dei l^eux-Mnndet^ 13 février 1868.

k. («. ItoniA!!, La Politique ^rançaiêê m IM€é, p. 5'i.

« promis, en toute circonstance, de ne rien modifier à Tétai territorial de TEurope, sans nous donner des compensations équivalentes '. » Elle ne nous avait fait sans doute, à cet égard, que des « promesses verbales », mais si souvent, si formellement renouvelées par BI. de Bismarck et par M. de Goitz que nous ne devions pas douter un instant de leur exécution. « Gomment la France aurait-elle pu s*inquiéter après de telles assurances*? » Si, contre toute attente, le premier ministre et l'ambassadeur du roi de Prusse étaient tentés de renier leur parole, — en disant : « Il n'y a rien d'écrit! » — ne suffirait-il pas d'en appeler aux souvenirs de leur maître?

Quelles protestations de dévouement et d'étemelle reconnaissance la Gour de Prusse n'avait-ellc pas, depuis quinze ans, prodiguées à la nôtre! Au colonel de Parseval, — fils d*un émigré, longtemps attaché à cette Gour, — le roi protestait en 1853, de sa vive sympathie pour Napoléon III, disant que le 2 décembre il « avait sauvé la Prusse, comme la France'. » Trois ans plus tard, l'Empereur ayant fait, non sans peine, admettre un représentant de la Prusse au Gongrès de Paris, le roi disait au marquis de Moustiers, ministre de France à Rerlin : « J'ai hâte de vous remercier et de vous parler de la manière charmante dont l'Empereur m'a adressé Tinvitation. Il est impossible d*y mettre une grâce plus parfaite dans la forme ; je tiens c^ ce qu'il sache combien j'en suis touché. Je sais que cela ne s'est pas fait sans difficulté; aussi lui en sais-je doublement gré\ » Puis il écrivait directement A TEmpereur : « Jamais la Prusse et la maison de Ilohenzollcrn n'oublieront ce service ». En 1862, enfin, tout spontanément, et sans y être provoqué, le roi Guillaume faisait parvenir à l'Empereur les mêmes assurances, par le général Fleury, qui le raconte ainsi : « Je m'étais rendu &

i. (i. HoTiiAN, l.'Affaiit du Lujrembouiff,i>. 260.

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