‹ Napoléon III intimeChapitre 87 sur 114 · Journal {\i\é\\\i) du mat'échal de CoMtellane · texte numérisé non relu

Journal {\i\é\\\i) du mat'échal de CoMtellane

•i. G. lioTiiAN, La Prune et son roi pendant la gtterre de Crimée •

Bade, pour assister aux courses. Un soir, à la promenade, je fus aperçu par le Roi, qui, selon sa coutume, circulait seul, au milieu de la foule. Venant à moi, la main tendue, avec bonne grâce : « Eh! général, vous me laissez passer sans me dire bonjour? — Sire, j'attendais, pour m'approcher, que Votre Majesté daign&t me reconnaître. — Gomment va notre Empereur? poursuivit le Roi. — J'ai quitté Sa Majesté en parfaite santé, il y a peu de jours, répondis-je. — Quand vous reverrez TEmpereur, reprit le Roi, dites-lui bien que je Taime beaucoup. Nous lui devons

nos trônes : Je ne r oublierai jaf fiais* ».

Uue cette promesse, si souvent répétée, fût sans valeur, comme celle du comte de Goltz et du comte de Bismarck, Napoléon III ne pouvait le croire : encore une naïve illusion I « La politique du roi Guillaume ne sacriflait guère au sentiment; il ne connaissait que la raison d*Ëtat, qui lui prescrivait, après ses éclatants succès, une noire ingratitude' >'. Son ministre et lui allaient donc « méconnaître brutalement » les services que l'Empereur « leur avait rendus en toute circonstance », et môme « leurs engagements avec lui\ >» Quand, au quartier général de Nikolsbourg, notre ambassadeur vint les leur rappeler, on le reçut froidement, on lui répondit évasivement. Et, loin de les appuyer, Tltalie combattait nos trop justes prétentions. « A Nikolsbourg elle consacrait tous ses efforts à contrecarrer notre diplomatie », nous causant ainsi « un préjudice irréparable * ! » Après tout le reste, elle nous devait cependant la Vénétie. Trop de bienfaits ! Son orgueil en était froissé. Cette fois encore elle n'avait pu fare dà se. Battue par TAulriche, il lui semblait humiliant do recevoir encore de nos mains celle nouvelle province; elle ne pouvait nous le pardonner : Eugène Labiche, en écrivant le vaudeville

Mémoirtt (inéciiti) du général Flêury.

2. (i. lloTiiA!«, La France el ta politique êxiérieurt en 1i$7^ p. S6.

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