j. It(»TiiAN, L* A/faire du LMxembourg^ p. CO
qui contribua le plus à lui ouvrir les portes de rAcadémic \ sVtait décidément montré un grand moraliste.
M. de Bismarck avait pourtant besoin de gagner du temps, sans rompre avec nous. 11 lui fallait « maintenir le ^uvernement français dans ses illusions, lui laisser Tespoir d'importants agrandissements territoriaux en échange des annexions déjà consommées de fait dans TAllemagne du Sud. » Et, pour arriver à ce résultat, a rien ne lui coûtait*. » Dans cette noble t&che, il était admirablement secondé par son ambassadeur à Paris qui, ayant pour consigne de a nous leurrer de nouvelles espérances », avait réussi « â surprendre la religion de TEmpereur, sous le masque du dévouement'. »
Mais comment Napoléon III avait-il pu se livrer ainsi à la bonne foi prussienne? Pourquoi, dès le lendemain de Sadowa, n'avait-il pas pris ses sûretés, en envoyant un corps d'armée à la frontière? Pourquoi enfin la politique impériale ne montra-tcllc pas, dans cette occasion décisive, « la netteté, la confiance en elle-même, la résolution » dont elle faisait preuve au début du règne? Pourquoi ? Parce qu'elle ne s'exerçait plus dans les mômes conditions et ne manœuvrait plus avec la même liberté. Avec une ingénieuse mais excessive habileté, l'auteur des Souvenirs diploma" tiques voulant faire peser sur l'Empereur l'entière respon* sabilité de la faute commise en 1860, dit qu'il conduisait tout par lui-même, et sans l'assistance d'un conseil, qu'il ne conférait qu'avec chacun de ses ministres isolément des
affaires publiques et qu'il l'avait lui-même avoué en
1854M C'est confondre un peu légèrement deux époques