‹ Napoléon III intimeChapitre 90 sur 114 · i. IloTtuN, L'A /faire du Luxembourg, p · texte numérisé non relu

i. IloTtuN, L'A /faire du Luxembourg, p

2. Itfid. La France et m l'olttique tJttérteurt, p. 43. 3 Ihid., L'Affairt du Luxembourg^ p. 103.

h. La Poliliffue françaUe en IS€ê, p. 369.

NAPOLÉON m INTIME

litioue du gouveroement, M. Rouher devait se préoccuper r* Ifiir opinion; les députés a'étant, à l'instigation de u Thiers, prononcés très éncrgiquement contre toute action 'lilaire il devait s'inspirer de leurs répugnances, pour cnipôcb*' la démonstration projetée par l'Empereur ; et, — aaaad son ministre lui rappelait celle significative raanifes-

^„^:Qt, Napoléon III n'aurait pu persévérer dans son

nrojet sans rompre avec la majorité ultra pacifique du Corps Législatif, sans rompre avec le pays, dont elle était l'exnression officielle, sinon exacte, et sans se comporter en souverain absolu, ce que, depuis longtemps, il n'était plus. Maisi résolu & l'incriminer quand même, le diplomate historien allais jusqu'à lui adresser cet étrange reproche de n'avoir pas su, dès 1866, «résister aux entraînements d'une opinion plus généreuse que réfléchie et appelé, en plein succès, /c pays au partage du pouvoir' ». — C'est-à-dire de n'avoir pas réprimé In périlleuse elTcrvescence du public... en lui jetant la bride sur le cou !

Dans la voie tortueuse où il venait de s'engager, M. de Dismarck devait marcher à grands pas. Après s'être soustrait à nos légitimes réclamations, il rêvait mieux. ■ Avec l'astuce d'un chasseur indien », il allait « nous tendre des pièges et nons attirer dans des chausses-trappes », pour tinir, '< le moment venu, par nous étrangler sans pitié* j*. 11 nous avait <i oITcrt, on totilc circonstance, le Luxembourg!. Après Sadowa, c'était la seule olTi'e dont il daign&t se souvenir et qu'il maintint. 11 nous laisse entamer l'aSaire; il nous y pousse : dès qu'elle est engagée, il recule, puis se retourne et cherche h ameuter l'Allemagne, l'Europe même contre nos insoutenables prétentions, dont il veut faire un casus helli. Les puissances saisies par nous tranchent le différend par une transaction, qui nous donne au moins une satisfaction morale. La crise est conjurée, le péril écarté,

l. u. IloTHAX. L'Affairt du l.iuttmbourif. t. Ibid. u PolUiqat fmuiaiteen ISSS.

iiolrc (lignitô sauvegardée, — par la prudence do Napoléon m? Oh ! non, même de ce succès modesle on ne veut pas lui laisser Thonneur : « L'incident du Luxembourg avait tourné à la confusion de perfides calculs, grâce au sangf)roid et à la clairvoyance de notre diplomatie^. >»

Après s'être ainsi joués de nous, M. de Bismarck et le roi de Prusse n'en acceptent pas moins, Tannée suivante, pendant l'Exposition Universelle, riiospitalitédeNapoléon III. Cherchant à eflacer le souvenir des derniers dissentiments, le roi Guillaume affirme avec insistance qu' « il n'a en vue que la paix » et désire vivre en bonne intelligence avec nous. M. de Bismarck proteste encore plus haut de sa sympathie, de son bon vouloir, « avec l'accent d'une parfaite sincérité' ». Accent si bien simulé que la Russie en est dupe. « Elle se laisse prendre comme nous, aux paroles veloutées de Berlin ». Le prince GortschakolT, qui n'est pas un naïf, convaincu lui-même delà « parfaite sincérité » du ministre prussien, s'en porte garant, nous affirme avec chaleur, avec conviction que M. de Bismarck est bien résolu « à éviter tout ce qui pourrait nous froisser'». Quant au comte de (ioitz, il redouble de cajoleries, pour « rassurer l'Empereur, tandis qu'il nous dénonce à la vindicte de son gouvernemcnl... Ce n'était plus de la diplomatie ; c'était... autre chose* ! »

Chat échaudé craint l'eau froide : nous connaissions la valeur des <c paroles veloutées » du ministre et de l'ambassadeur. Nous ne pensions sans doute pas que, dès cette heure, ils préparassent contre nous l'agression suprême. Mais nous savions que |K)ur eux la force primait le droit, primait tout; et qu'ils nous le feraient sentir, un jour ou l'autre, si nous ne devenions aussi forts qu'eux. Réorganiser notre armée.

1. ff. HoTiiAii, Ui Fmnce el »a politique extérieure 9n 1ê47^ p. 6. S. /6iV/., Ihiiiem, p. tu.

Page 1