Ibid., thiHem, p
4. I6i<i., L'Affaire Hu Lurembourg, p. 38S. Cette autre chose, II. Rolhan la qualiflait d'uu mot fort vif.
vcillnnl de rEmpcrcur de Itussie, auquel TalTronl du Palais de Justice avait laissé « un amer souvenir *. »
En i870, le « moment psychologique » lui sembla venu. La France était sur le point de conclure une alliance avec rAutriche; il fallait brusquer le dénouement; la question Ilohenzollern fut soulevée. Napoléon III avait pour principe de ne jamais faire campagne sans alliés; même en Chine, même au Mexique, il n'avait pas voulu aller seul; il pouvait encore moins songer à entreprendre seul une pareille lutte. A Prévost- Paradol venant prendre congé de lui avant son départ pour Washington, il disait : « Nous ne pouvons affronter la guerre que les mains pleines d'alliances^. » D*ailleurs la question Ilohenzollern était pour nous un mauvais terrain. Pour en trouver un meilleur, a il aurait fallu que la provocation fût de nature à mettre Topinion européenne de notrô côté. L*Empereur le comprenait ; mais il étiiit dit que les passions remporteraient sur sa volonté défaillante et que la France affolée se jetterait sur ,rAllemagiic '. Non, ce n'est pas de sa volonté que les passions
{. Cm. Hutiun, L'A/fmre du LujremfH)ury,[i. 4il. Ce n'était pas seulement Ir • Vive la Pologne^ Monsieur! • qui l'avait ulcéré, c'était encore l'acquitte- UK'iit de Bcrczowski, et la ftatisfactioii qu'en avait témoignée la presse lihéralf, niftcz disposée alors A ne voir dan» rc • Monsieur » que le tyran de la Pologne.
2. O. (intAHn, l*rèroMt- Paradai, p. 129. ~« Un de mes amifl.parfnitement placé pour counailre ou plutùt pour deviner les pensées de notre souve- FAin. me disait, au uioii d'août dernier: • L'empereur ne se fait aucune illunion nnr la situation présente; ^a Majesté la Juge lieaucoup mieux qu'on ne le fait généralement; elle sait tr<'*s lùcn que la lutte avec la l*ru«(ir eut inévitable; mais elle veut que l'alT.iire s'engage par l'Autriche, qui. aux yeux de l'Europe, est dans une situation bien plus précaire que In France, qui a à faire valoir des grieft bien plus incontestables; l'An- Ihrhe n'engagrant. la France la suivra tout naturellement, entraînant la Hollande, le Dnnemarck et la Suéde; le« Klats du sud de l'Allemagne, parta;;('§ entre leurs sympathies p4»ur l'Aiitrirhe et la craite que leur inspire In Piu5Ae garderont la neutralité; et en résumé toutes les chances de !iii<-re4 seroni en notre faveur. • CorrtMftondMnce du général Ducroi. Lettre du 22di-r. 1808.
Voil.i re que l'Kmpereur entendait par • les msinv pleines d 'alliances. • C4iuinieiit peut -ou admettre que, résolu à n'entrer en lutte qu'avec tant d'auxiliaires, il ait voulu attaquer avec les seules fortes de la Fraïue .'
3. li. HoTiMX, La Francf et sa pottUgite esténeurt en l$$7, p. 340.
Le gnuTeraemcnt impérial en 1869. — Ce qu*U arait voulu faire; ce qu'il avait fait. — Ni Réaction, ni Révolution : Transaction. — « Napoléon III le bien intentionné ■. — Les révolutionnaires pratiques. — Leurs anciens programmes. — Les révolutionnaires sans le vouloir. — Tout pour la liberté! — La responsabilité ministérielle, dogme la veille, •• chinoiserie • le lendemain. — Conversion générale. — « Naïves erreurs •. — Ce qu'elles nous ont coûté. — Comment la postérité les jugera.
Arrivé presque au terme de sa carrière, à la veille de déposer sinon sa couronne, du moins son pouvoir, entre les mains du Parlement, Napoléon III ouvrait la session de 1869*^ en disant :
Certes, tout gouvernement est siyet à erreur et la fortune ne sourit \ pas À toutes les entreprises; mais ce qui fait ma force c'est que la 1 nation n*ignorc pas que, depuis vingt ans, je n*ai pas eu une seule I pennée, je n*ai pas fait un seul acte qui n*ait eu |>our mobile les | iiitrrAts et la grandeur de la France.*
I. Alors que, dans notre pays, l'opposition accueillait ces paroles, comme tout rr qui émanait du souverain, par TiQjure ou It raillerie, dans les autres, iiii^uie rhei nos voisins les Anglais, qui avaient été si souvent nos rivaux, on le» appréciait plus justement.
Le Timrg disait: • Nous acceptons sans réserires cette déclaraUon que, drpim \ingt ans, l'Kuipereur n'a pas eu une srule pensée qui n*ait eu pour ujnbilc Ir^intcrt'ts et la grandeur de la France... Malgré des obstacles
Il avait le droit de parler ainsi. Donnant un exemple, bien rare parmi nous, bien rare partout, il était resté invariablement fidèle au programme de sa jeunesse. S'il n'avait pu le réaliser complètement, il y avait tendu de tous ses efforts, de toute sa conscience, et jamais il n*en avait renié un seul article. Toujours animé de la même foi, profonde, inébraa* lableS il n'avait cessé de poursuivre, à travers tous les obstcicles, la tftcho que lui avait assignée son nom, que lui avait léguée le grand Empereur : rétablir assez fortement rautorité pour rendre la liberté sans péril, concilier les partis, protéger la religion, développer le bien-être, atténuer la misère des petits et placer la France A la tête des nations. N'avait-il pas fait plus, beaucoup plus qu'aucun autre chef d'Etat pour le bien public? Le tableau des travaux accomplis, des résultats obtenus depuis son avènement, — qu'il fit publier alors, comme pour rendre compte de son mandat à ses électeurs, — ne semblait-il pas représenter l'œuvre de plusieurs règnes bien remplis? Quel progrès n'avait-il pas favorisé ? Quelle souffrance ne s'était-il pas efforcé d'atténuer? Quels services avait-il méconnus? En quelle circonstances avait-il sacrifié son intérêt personnel à l'intérêt natio-
et des (lifflciiltés propres à le ilécouraj^er, il a toujoiiri eu nne foi pror«>ii(le et a souvent réussi dniis son (LMivre. La France s'est élevée th^s haut Mtius siui régne; plusieurs fois II a su tievancer Topinion publique; voilà «*c (|ue peuvent dénier sculruient les gens chez lesquels la passion parle plus haut que la raison. »
Le Motming UeiHildi « Tout Français reconnaîtra que PEmporeur te rend fltricteuicnt justice quand il déclare que, depuis vingt ans, il n'a pas eu une seule pensée, il n'a pas fait un seul acte qui n'ait eu pour mobile les intérêts et la grandeur de la France. »
Le iilobe : « Avec une glorieuse modestie l'Empereur reconnaît que la fortune n'a pas souri à toutes ses entreprises, mais il a parfaitement le ilroit d'ajouter qu'il n'a pus eu une pensée, fuit un aele qui n'eût p«»ur but lu grandeur de la France : voilA ce qui fait lu force de son bceptre. •
1. Dans le discours qu*il prononça en remettant la barrette au dernier eardinal nommé sous l'Kmpire, Napoléon III faisait une allusion attristée aux attaques dtint il était l'objet, puis il disait : • Je me demande souvent M la bonne fortune n'a pus autant de tribulations que la mauvaise; mais dans les deux cas, notre guide et notre soutien, c'est la ftd, la foi religieuse et la foi ptditique, c'est-à-dire la confiance en Dieu et la conscience d'une mission à accomplir. »
nnl cl négligé volonlaircmcnl son devoir do souverain?...
Chacun des partis exlrômes trouvait naturellement qu'il Teût bien mieux rempli en se livrant à lui : l'Empereur voulait gouverner pour tous et servir d'arbitre entre les prétentions contraires. « Tout le monde a raison... un peu, » disait un sage; et, pensant comme ce sage, Napoléon III donnait i\ tout le monde sa part légitime de satisfactions. Mais les partis n'admettent pas qu'on leur fasse leur part. A droite on nommait TEmpire la Révolution, le Socialisme', à gauche, la Réaction : il était simplement ce qu'il devait être, ce que sera désormais chez nous tout pouvoir équitable, intelligent : la Transaction.
Emile de Girardin lui avait donc rendu strictement justice, en disant Tannée précédente : « Nul n'a des tendances plus justes. Nul n'a plus profondément le sentiment de ce qui correspond au sentiment des masses... Au temps où Ton décernait aux souverains des surnoms, on Teût surnommé JNapoléon, le bien-intentiontié \ »
Ses bonnes intentions ne s'étaient pas toujours réalisées. S'il avait donné h la prospérité publique un essor prodigieux, un essor tel qu'en le constatant de près, nos ennemis allemands devaient en être éblouis', certaines de ses entreprises extérieures avaientéchoué ; son gouvernement, comme il le reconnaissait lui-même, s'était parfois trompé : quel gouvernement, quel homme est infaillible? Mais, heureuses ou malheureuses, ses entreprises avaient toujours été inspirées par un sentiment de patriotisme, d'humanité, de justice'; — et, de ses fautes, il n'en était pas une qui n'aurait pu se réparer aisément, si ses adversaires moins bien-