U Liberté, 4 i«pt
2. Mr de Bonnec hôte étant allé Toir le roi Guillaume à Venaillei pour obtenir une réduction de la contribution imposée aux Rouennaif, êcriTait, le 9oir,9ur «on hrrt- Journal: m Le roi me dit qu'à ton entrée en France il avait i'ié i tuprfait. ainii f|ue ion armée, de l'air «le pro«|>érité du pays, et qu'il n'nvnit pu comprendre comment lef habitants n'étaient pat latitfaitt. •
3. • Vtttrc empereur? — dirait en 1866, M de Diimarck au prince Napoléon, mait cV«t une femme!.. Il parle de ton amour pour la paix, de la justice, dei dnûtt du peuple, — des niaiseries! •
intentionnés que lui n'avaient pris plaisir à les rendre irrémédiables.
Qu'appréciant ce que Napoléon III avait déjà fait pour le bien du pays, acceptant la main que « sans haine ni rancune » il leur avait tendue en toute occasion, ces adversaires eussent mis à le seconder un peu du zèle qu'ils mirent à le contre-carrer ; que, même en conservant haine et rancune au fond du cœur, ils eussent désarmé, du moins pour un moment, devant le péril national ; qu'au lieu de soulever le pays contre les projets militaires, ils lui eussent fait comprendre la nécessité d'un sacrifice, auquel, ils devaient l'astreindre eux-mêmes plus tard, — trop tard, hélas! — combien notre sort eût été différent! La France, assez forte pour repousser, pour conjurer toute attaque, serait aujourd'hui l'une des premières nations du monde et la plus prospère, — sous le sceptre d'un jeune prince, & la noblesse duquel tous les partis ont rendu et rendent encore hommage '.
C'est précisément ce que redoutaient par dessus tout les plus ardents, les plus actifs des opposants, — dont le seul but, le seul programme sincère était de détrôner l'Empereur et de prendre sa place, sauf à l'imiter le plus possible. Pour réaliser ce noble programme, tout leur était bon. Comme ils Tout avoué, comme ils s'en sont vantés depuis, — quand ils demandaient à l'Empire des réformes libérales, en assurant que TEmpire y trouverait son profit, c^était avec la ferme intention de le conduire ainsi à sa perte* ; et
1. Dans BOD livre « I^e Comte de Paris », le marquis de Fiera appelle le lils de Napdléon 111 « cette noble et pure victime au cœur chevalereaque et généreux. • — Avant lui, Bl. Louis Teste l'avait baptisé « le dernier chevalier français. » Le baron IMatel {Ignotnt) en avait dit : « Le Prince impérial est mort parce qu*il avait trop aim«'* la France... Sa mort a fait comprendre au miuide 1 incomparable beauté de son Ame. • Henry de Pêne : « Le Prince impérial s'est révélé h nous comme une Ame d'apMre... Il est entré sans tache dans l'immortalité du ciel et dans celle de l'histoire... La France n'a qu'un cœur pour le regretter... Il avait la sainte folie du beau et comme une fringale d'héroïsme et de dévouement. »
2. J. Favre déclare dans son livre Rome et la Uépublique fixmçai»e tp^'Er" nest Picard et lui étaient convaincus (|u* « en imposant sncceisivement la restitution de toutes les libertés publiques », ils obligeaient l'Empireàdit*
quand ils désarmaient la France, c*élail uniquement pour le désarmer lui-même*. Ils n'allaient pas, pour s'en débarrasser, jusqu'à saisir le poignard do Brutus, — les Brutusqui manquent leur coup passant en cour d'assises ; — mais ils invoquaient tout bas ce poignard libérateur' et, àhaute voix, la petite balle bienfaisante*. Le service qu'ils attendaient de la petite balle ou du poignard, c'est le canon Krupp qui le leur rendit; on ne peut avoir oublié avec quelle franchise ils lui en exprimèrent leur gratitude, — même dans leurs publications offlcielles. Le Bulletin de la République (n*" du l'** janvier 187i) reproduisait une violente diatribe, sorte de pamphlet, qu'il donnait comme un modèle (f de sincérité, de patriotisfne » et qui se terminait ainsi : «c Mon àme se refuse à pleurer le désastre de Sedan. César triomphant, à la tète de ses maréchaux, c'était son despotisme affermi pour de longues années encore... Bénissons donc nos défaites qui nous ont ro/u la liberté, en organisant les victoires qui nous rendront Thonneur. »
De ceux-là, il n'y a rien à dire. Ils poursuivaient, en gens pratiques, un but précis : ils l'ont atteint. A défaut de la prospérité publique, leur prospérité particulière s'est incontestablement développée; et si la révolution de 1870 n'a pas amélioré le sort du peuple, elle lui a donné une satisfaction indirecte, en améliorant beaucoup celui de ses représentants. Les bénéGciaires du régime actuel peuvent donc penser que cette On heureuse a justiQé tous les moyens. (
Nous avons entre les mains la collection de leurs anciens
l>«nilire •, et pendant c« temps Picard disait au Corps législaUf (séance du 6 Juin 1861) qu'il réclamait ces libertés • parce qu'il ne Toulait plus Toir dr révolution. •