‹ Napoléon III intimeChapitre 93 sur 114 · M. Jules Fcrrj. Discourt de llordeaux en août IM · texte numérisé non relu

M. Jules Fcrrj. Discourt de llordeaux en août IM

2. M. liane a rncouté qu'un vieux notaire orlêaniiitr, disait devant lai, ifnnt les hurraux du Journal de Paris : « Comment' il ne se trouvera donc pa« uu jeune homme sans position pour nous débarraaser de ce Bonaparte» ! •

3. L invf»calion à • la petite balle libératrice • de Félix Pyat arait été reproduite, iian« la moindre protestation, par un ipmnd nombra de Journaux dits uiodérés.

donnaient beaucoup de mouvement pour taire tomber la voûte sur leur tôle' », la branche leur paraissant trop forte pour céder sous eux, la voûte trop solide pour les écraser. L'opposition pour eux n'était qu'un sport de clubs et de salons. Ces révolutionnaires sans le vouloir, — les plus dangereux et les moins excusables de tous, — ont été peints en peu de mots par deux hommes qui les avaient vus de près. Au début de TEmpire, le i*"* avril 1853, le duc de Mortemart écrivait : a Dès que ces gens-là ne craignent plus ils frondent' » ; et, vingt ans plus tard, le 14 janvier 1873, le comte de Circourt les déclarait « incapables de supporter un gouvernement fort et de s'en passer' ».

D'autres poursuivaient, avec plus de conviction, un objectif plus déQni, plus élevé. S'étant mépris, complètement mépris sur les sentiments de Napoléon III à l'égard de la Papauté, s'imaginant, contre toute vraisemblance, qu'après les avoir plus efficacement protégés qu'aucun autre, son gouvernement voulait trahir les intérêts religieux, ils croyaient bien servir ces intérêts en combattant l'Empire, en faisant voter pour ses ennemis, fussent-ils républicains et librespenseurs : l'exemple, hélas I ne fut pas rare.

Ils n'étaient pas guidés seulement par leur zèle pour la religion, mais par un zèle égal pour la liberté. Afin de la conquérir ils croyaient pouvoir contracter les alliances les plus suspectes. Ils ne s'y décidaient pas sans quelque hésitation, sans quelques tiraillements do conscience : « Il faut le reconnaître, écrivait l'un d'eux, l'Union Libérale excite de profondes défiances parmi beaucoup d*lionnétes gens. On lui reproche d'avoir pour but, non le progrès, mais le renversement du régime actuel, c'est-à-dire la révolution, qui sourit peu au pays, et de faire bon marché de la religion*. » Mais, en constatant ces scrupules, il ne

Page 1