Chapitre de Saint-Denys
Sociétés de secours sous la direction des curés.
Mensonges. — Décentralisation administrative.
Levée de l'état de siège, par tout le territoire.
Agglomération lyonnaise; cinq arrondissements.
Médaille militaire.
Car.vctèue de l'homme.
Monomanie.
Timidité d'esprit.
Précipitation.
Faiblesse de conscience.
Nullité de principes.
Impertinence.
Culte de la Raison d'Etat.
Capable d'amitié, d'alTection, de reoonnaissairce.
Désireux de s'illustrer.
Impatient de le faire.
Amoureux de tous les genres de succès : exercices du corps, exploits bachiques.
Silencieux par tactique.
Esprit en désordre» coq-à-Fàne» fausse logique.
Goût faux.
Jugement au-dessous du médiocre.
Difficulté très grande de parler et d'écrire.
Amoureux de l'éclat, du faste, des titres, des colifichets.
Admirateur des actes les plus répréhensibles de son oncle, des formes sévères, du rudoiement, etc.
Atîectant le commandement, la résolution, etc.
Antipathie prononcée contre toute pensée» parole, écriture.
Voulant faire seul, et siins conseil.
— Tous les ministres s'en plaignent.
Avril 18i8.
Mui. M.
Juin. Id.
10 décembre.
Janvier 18 iO.
Juin. Id.
AtTaire de Rome.
31 mai 1850.
Décembre 1851.
7 ans d'Empire.
Corruption. — Retraites des magistrats, obligations, coutumes, traitements, étiquettes, uniformes, boutons, chasses.
Hypocrisie. — Union du culte et du sabre. Aumôniers, etc. Amalgame.
Vol. — Douze millions de liste civile, portée plus tard ù 25 millions et jouissances.
Distribution des aigles.
Jésuites rappelés partout.
Conversions, Associations, Processions.
Continuation du régime inauguré par le Premier Consul et la réaction.
La France a un chef, qui fait, défait, refait.
Promenailes du Président.
Religion affectée.
Complot de Marseille,
Pour arriver à TËmpire, assurances réitérées de paix universelle.
L*Einpire c'est la paix : Impossible,
Protestation du duc de Bordeaux ; elle sert de sanction.
Bâton de maréchal aux généraux Gastellane, Magnan, Saint-Arnaud.
Armée : Son immoralité systématique^ esprit de vol et rapine.
Bourgeoisie : parvenus, sceptiques, immoraux.
Massacres de prisonniers : ordres impitoyables. Fusillades d'innocents, la foule pressurée, sans provocation, sans sommations, de nuit et de sang-froid.
Dans la théorie de Louis-Napoléon il fallait qu'il y eût du sang. C'est italien : on tue, sans prévenir, sans faire crier.
Hausse de 6 francs à la Bourse, à 90 fr.
Remerciement de Louis-Napoléon aux ouvriers de Paris. Faites du bien à un vilain.
(Nous sommes les gens du droit, pour tout^ et envers et contre tous).
Le Panthéon rendu au Culte.
Le Coup d'Ëtat fait du Président un homme sérieux, lui donne des proportions gigantesques... — Comme un Marengo.
Calomnies démesurées.
Stupidité de la multitude.
Le Bourgeois dit : Sans ce massacre, nous étions perdus.
Le peuple était réellement satisfait du coup.
Résultats positifs du coup d'Etat, non voulus parle pouvoir, non prévus par la multitude.
Vote de Paris.
Les Messianistcs polonais à l'Elysée.
Réception de Mon taie mbert à l'Académie.
Trahison de Dupin.
Vol. — Cabarets fermés.
Demandes d'emplois réprimées.
30'i NAroLKo.N m
Protestations, di'«'lîirations, elo., anti-suciu listes, de Louis- Nu pulcon, Thiers, Mazzini.
Lettre à Dui)in.
M. à Louis ni:m«*.
Le IVésident conv(»iteles hions d'OrK*ans. Détails sans nombre sur les or<j[ies de VEty^n'e.
Lord Granville a peur du socialisme.
Discours de Louis-Napoléon.
Socialisme «le Delamarre,/lii gouvernement.
Hanque de crédit, etc.
Boucheries sociétaires, etc.
La raison du coup d*Etal n'est pas dans le Bénéficiaire, elle est ailleurs.
Contradiction du Panthéon ; trait de caractère.
Louis-Napoléon. — Petit, mal bâti.
Mysticisme.
Son MARiAGi:.
Vax uniionrant qii^il allait épouser la tilIc d'un ancira sohlat de rKnipiro, il a rlé trompé, et il a trompé la France.
Eugénie n'est point la 1111e de celui qu'on lui a doinié pour père; elle est née quatre ou cinq ans après la mort dudit homme; elle est lille naturelle d'on ne sait qui.
delà peut fournir matière à attaquer la validité de son mariage, — Conditio (en droit canon).
Kt si le prince Napoléon allait juscpi'à prétendre que .Napoléon n'est pas un Honaparte?...
On pourrait argumenter ainsi :
Le mariage des princes importe aux Etats; il doit être honorable, sans tache.
Or, la Franco a été trompée; elle n'accepte pas le mariage de Napoléon III.
De même l'hérédité : — La noblesse du sang, et la légitimité do naissance chez les princes importe; tout bâtard est exclu de la succession à la couronne.
C'est pour cela que Louis XIV fut tant blâmé d'avoir essayé de légitimer ses bâtards.
Que fera Eugénie en présence de la princesse de Turin ?
Une grisette, devant une fille de roi?...
La brouille doit venir de par là.
CIIAPIÏUK XVlll
AfTairos d'Itulio, Romo. — Abst^'iiUon. — L«.s rapports Je l'Ëglist} et do l'Etat. — Xapolôon III soutient 1»' pape. — Protestation (lu peuple italien <'ontr«> le st^jour de Koine. — L'empire nst une contra«liction «le plus *'n plus fraiii»anl('. — Du principe de l'unité de Dieu. — Théologie et réforme morale. — Napoléon Bonaparte infidèle au principe; philosophique de la Révolution. — Napoléon III veut refaire l'œuvre de Napoléon !•'. — Réaction en sens contraire de la république. — L'Allemagne est disposée à prendre les armes. —La démocratie inférieure. -• On doit s'attendre à un démembrement. — Les apostats do la république. — Go qu'il faut faire [)0ur ramener en France la Liberté et le Droit.
Affaires (V Italie^ Rome.
Un des points essentiels de la politique impériale, ç*a 6t(S, au point de vue do la religion, de reprendre Tœuvre de Napoléon I®^ qui était la continuation de
Charlemagne et de r4onstantin.
Déterminer les rapports de VEglise et de Y Etat : le Concordat fut une transformation du pacte do
Charlemagne.
Le Pape, souverain temporel, pour la sûreté de sa
personne et rindopondance de son gouvernement des âmeS;, avait Tautorito spirituelle : il était Vécèque du dedans', Napoléon devait être celui du dehors.
Les deux pouvoirs devaient marcher iV accord.
C'est pour cela que Napoléon I®** fut couronné par le Pape, et, d'abord, le plus forme appui de la Papauté et de la Religion. C'est pour cela aussi (|ue, le conflit s'étant levé entre les deux puissances, el la contradiction, ou la violation du pacte, venant de l'Empereur, celui-ci fut vaincu. On esl vaincu, quand on est en contradiction avec ses promesses et dans son tort.
Il faut donc que Napoléon 111 soutienne le Pape, qu'il lui rende ses états, qu'il reçoive la couronne de sa main; ou bien, s'il laisse tomber la Papauté, et se prononce contre elle, qu'il chasse d(^ France les jésuites, les moines, et toutes les confréries religieuses; qu'il mette les canlinaux hors du sénat, supprime le budget ecclésiastique et prenne des mesures pour substituer au spirituel chrétien un autre spirituel.
Car, plus de Pape, plus de catholicisme, plus d'Empereur.
L^Empereur païen lui-mùme faisait partie du système; il en était la pierre d attente.
Pape-Empereur sont corrélatifs, comme la gauche et la droite.
« Toute la politique est dans la tète de notre Parti : on regarde s'il fronce le sourcil. » (lleslay, lettre du 9 sept. 1861.)
Fort bien. Qui alors sert de conseil, et de critique à Napoléon ?
Les nécossilrs, les impossibilités, les périls, à mesure qu'ils se révèlent à lui ;
L'opinion elle-même, quand il arrive à celle-ci de se prononcer;
Enfin, la contradiction des puissances étrangères et leurs réclamations.
Si la politique fran(;aise est contenue, c'est parce que l'Empereur rencontre des criliques hors de France, et une force qui Tarrôte.
Mais ces critiques, celte force étrangère, il est tenu par son titre, d'en triompher, alinque le peuple framjais lU' puisse pas croire que l'étranger est maître du pays, puisqu'il Test de la volonté impériale, et qu<^ riniluence du dehors est plus puissante sur h'S conseils de l'Empire quo riniluence du dedans.
Or. en ce moment, l'expansion impériale est de toult»s parts refoulée : et la position n'est vraiment pas tenahle.
Défense de rester en Svrie;
Défense de prendre la Sardaigne;
Protestation de hi litdgique contre l'annexion ;
Protestation du peuple italien contre le séjour à Rome :
Formation de l'unité italienne, contre la volonté formelle de l'Empereur, et à l'instigalion des Anglais ;
Reconnaissance de celte unité par la Prusse et la Russie, (|ui y voient un moyen de plus contre l'expansion fran(;aiso.
Dans ces conditions l'Empirer est un non-sens.
L'avènement de Napoléon III devait être la reprise de l'idée napoléonienne, c'est-à-dire la formation
d*un Empire d'Occident, ou suprématie de la France.
Si ce n'est pas là le but, à quoi bon cette restauration ?
Pourquoi Louis-Napoléon a-t-il échangé son titre de Président de la République, contre celui d'Empereur? Pourquoi les Bonaparte rentes, honorés des suffrages populaires, ont-ils quitté la qualité de citoyens pour celle de princes? Pourquoi le mariage du prince Napoléon; les prétentions de Murât? etc.
Pourquoi ce développement militaire, cette concentration de pouvoirs, cette constitution absolutiste?
L'institution devient sans objet ; la restauration n'a donc pas d'idée? C'est un jeu, une équivoque.
Conclusion : ou la guerre et la conquête, (5u le retour au régime constitutionnel parlementaire, le tout sur la base du suffrage universel.
Empire. — Abstention. — L'Empire est une contradiction de plus en plus flagrante et qui ne peut durer, de quelque façon qu'on l'envisage.
D'abord, il faut bien comprendre ce qu*a été l'Empire, dans toute sa durée, depuis. César jusqu'à Augustule; et plus tard, depuis Charlemagne jusqu'à Napoléon I«^
Rome ayant soumis les nations, la mort du culte s'ensuivait naturellement. Les dieux indigènes avaient été partout vaincus, expulsés, ou enlevés; la religion devenait la même pour tous les peuples; chacun adorait les dieux de tous. — Cette logique fut comprise par Auguste, qui éleva le Panthéon.
De là une conséquence nouvelle devait en résulter.
310 NATOLÉON III
Du l'anlliL'unismo sorlit, par iiih; rpuralioii nocrssairr, l'toiife t/r Dieu. — I.i's Kmpcri'urs, M arc- A urèJi», j)ar (.'xniiplo . (li)iistaiiliii lui iiiùuu' , élaifiit nionotlivistcs, liicu a va ut Av su rallier au clirislianisuio. La cunvvrsioii tic l^lU^lauliu fui l'aclo qui iiiauifesta celU' Iransiliou.
Du priuci[M' dt» Y unit*} de Dieu, v\ de la division dos cultt^s, rrsulla une aulrc (.'uuftoqut'uco : celle dr la séparaliou <lu pouvoir spiiilurl ri Iriuporel. — 1/uiiilé de lii«"U n'était pas r«ruvre des Kuipereurs: ils reçurent eux-niènies rinipulsidu; uiu> chose nouvelle naquit autour d\Mix, la tlirnloijic^ tjui devint Tapanage des é-^lises. }L\\ princi[»e, la séparation de pouvoir dalr lie Jésus-iihrisl. l!n fait, elle entre dans la poIiti(|ue à (lliarleuiagne.
Ainsi la Dictature de ('.é>ar. annexée par la conquête romaine, contenait toutes ces choses :
1° Fusion des cultes: 'ï' L'nité de Dieu; 3'"* Conception d'une thvolofflc, et rélornie morale,, manifestéo par la fondation dune Mi^lise.. en .1.-11., la séparation, ipso fado du spirituel et du temporel.
Mais il résulte de tout cela aussi, que le spirituel et le temporel étant C(U*rélatifs , nécessaires Tun à Tautre, le Tîipe et l'I'lmpereur, ipii les repréhenlenl, sont aussi corrélatifs, et n'ont pas de siynidcalion complet»* l'un sans l'autre.
Pendant les trois premiers siècles, rKmpereur et l'Eglise ne se connaissent, ou plutôt h» premier ne reconnaît pas la seconde qui elle reconnaît l'Kmpiro. 11 y a dissidence, et, d(; temps en temiis persécution. I/Km|MM'eui* eherche son spirituel, son analogue, son corrélatif, il ne \v trouve pas, il se fait Pon»
NAPOLÉON m 311
life, etc. EnRû le coiillit cesse en 313^ à Conslaiitiu.
L'Empire d'Occident étant tombé, le Pape alors se tourve seul, il n'a plus son corrélatif du h'niporel; tantôt il le met sous la protection de rEmpereur d*Ori(;nt, qui d'abord conserve sou prestigr', puis (jui est re[)0ussé par le uationalisnii; italien et le principe fédératif, hoslile au despotisme oriental. Enlin le scliisme éclate; le spirituel est subalternisé en Orient par le Temporel, et la Papauté se sépare.
C'est à la suite de tous ces faits cpie l'Empire est restauré en 800, 3:J5 ans après la chute de PEmpiro d'Occident et après de nombreuses et inutiles tentatives. Cbarlemagne, roi des Francs, devient le fondateur du deuxième Empire, (pii n'est toujours, avec des formes dillerentes, que la continuation du premier.
Ce nouvel ordre d(i choses dure tout le moyen-àge, avec des oscillations variées, et des conflits sans fin, entre les deux grands pouvoirs.
Tous deux sont battus, d'abord par la France qui affranchit le roi de la suzeraineté impériale, séparation du royaume de France de l'Empire Germanique; puis par le gallicanisme, (|ui essaye une limitation do la puissance spirituelle; puis enfin par la Réforme, qui nie à la fois le spirituel du Pape, et son temporel propre; et l'autorité de l'Empereur.
Le pacte de Cbarlemagne est déchiré à Charles- Quint.
Et tout l'édifice s'écroule à la Kévolulion française, par l'expulsion des prêtres, la saisie de leurs propriétés, la captivité de Pie Vil à Savone; et la conversion du titre d'lîm|)ereur germanique en empereur d'Autriche.
C*est la maison de Habsbourg qui^ elle, spontanément^ sans contrainte, jugeant après Auslerlitz et Wagrani que tout est fini, abandonne ce vain titre et se retranche dans son temporel.
Cependant la Révolution française ayant tout ébranlé, et le pouvoir étant tombé aux mains d'un soldat, un essai de restauration du système romain et carlovingien devait avoir lieu.
Napoléon Bonaparte, infidèle au principe philosophique de la Révolution, après avoir rétabli TEglise par son concordat, et le Pape lui-même, essaya de rétablir aussi TEmpire, en se faisant Empereur des Français et roi d'Italie. — L'imitation frappa tous les esprits : Napoléon fut regardé universellement par le sacerdoce et par le civil, comme le continuateur de César, de Constantin et de Charlemagne.
Et quand, après une dépossession de trente-neuf ans, la dynastie de Napoléon remonte sur le pouvoir, annonçant le projet de continuer la pensée et les institutions de son auteur, quand, à cette fin^ elle augmente la force niilitaire, donne à l'Eglise la prépondérance, rétablit la Constitution impériale, etc., il est permis de voir en Napoléon III un continuateur de son oncle.
C'est donc cette restauration impériale, c'est la reprise de celte tradition Césareo-chrétienne politicoreligieuse qu'il s'agit d'apprécier, de juger aujourd'hui.
Napoléon I'^ décidé à abolir la forme républicaine, appuyé dans ses projets par tous les ambitieux et les apostats du temps et une partie de la nation qui aspirait au repos et vivait d'indifférence, Napoléon !•' no
voulut pas revenir à la monarchie constitutionnelle , définie en 1791, et qui était l'œuvre delà Révolution; — il ne voulut pas de l'ancienne royauté, il ne l'eût pas osé. Il chercha un titre nouveau pour la France, et traditionnel en même temps pour l'Europe ; il adopta l'Empire. Les anciens rois de Prusse n'avaient été que des rivaux de TEmpereur; lui, il fut ce qu'avait ambitionné François !•', il fut empereur.
Son plai^ de restauration fut aussi rscpidement exécuté que rapidement conçu.
Il rouvrit les Eglises, et donna au Pape les plus grandes consolations, en cela imitateur des Constantin, des Pépin, des Charlemagne, qui tous, avant de sceller leur alliance avec la Papauté, l'avaient comblée de richesses, de propriétés.
Puis il se fit couronner par le Pape.
Puis, enfin, il reforma de son mieux l'Empire : 1^ en réunissant au groupe français la Lombardie, le Piémont, la Toscane, toute la rive gauche du Rhin, plus tard, une partie de l'Allemagne du Nord, jusqu'à Hambourg; 2^ en créant des royautés feudataires, en Allemagne, à Naples, et en Espagne.
Tout cet échafaudage dura moins que son auteur; en quatre ou cinq ans, le monde d'abord étourdi reprit courage; tout fut culbuté; et l'on ne peut pas même dire aujourd'hui que de cette immense restauration il ait été accompli autre chose que la pose de la première pierre.
Qu'est-ce qui amena la ruine de cette grande entreprise?
Les causes en sont bien simples, si simples, qu'elles font douter du génie de Napoléon.
3i'i NAPOLÉON 111
La Réforme, vn proiiiier lieu, et lût après la Philosophie avaient ruiné ranliiiue cathohcisuic. I.c spirituel chrélii'U élait aholi ; la France vollairienne n'y croyait pas; la reslauraliun rehgieuse tentée par le Concordat, exprimée par (ihaleauLriand, n'était qu'une fantaisie romanti(pie. Devant celte réalité tout échoua. Peu d'années après son couronnement Napoléon se trouva en conilit avec PK^^^lise et avec le pape, qu'il dépouiUa, en un tour de main de ses Etats. En frappant le l*ape, il dément ail sa -propre pensée, et défaisait son ouvrage.
Dépourvu de signilicalion morak^ et religieuse, comme il Pavait été (h* signilication pliilosophique révolutionnaire, PEmpirr se réduisait à un pur matérialisme : c'était la conquête dans touh* son insolence: la mise sous le joug des nations, le mépris des peuples et des rois. >'apolé(ni, à partir de 18 lU, se trt)uva tout st*ul avec son armée déjà fatiguée et mutinée; il \ni représeiitail plus ni l'Eglise, ni la RévolutitM!, ni la Philosophie, ni la Réforme, ni lo Droit puhlic ; il ne représentait rien. 11 fut vaincu par toutes les forces réunies. Chose facih» à prévoir, plus facile encore à<*om[)n'ndre, mais qui n'est pas encore entrée dans la pensée des Fi'anijais.
Napolét)n élait un organisatein* dt» la force, il savait à merveille la faire agir, et en e.\ercer les droits; mais il (init par ne plus reconnaître ({u'elle, il ouhlia ((u'au delà de la force, il y a les idées, la liherté, le Droit; et (jue toute fonrc l)rut(\. qui ne sert aucun principe, (jui n'a en soi ni intelligence, ni conscience, ne tarde pas à passer au service de qui peut lui donner ce ({ui lui manque. Droit et Idée.
NAPOLÉON m 315
Je viens niainlenant k Napoléon III.
Louis-Napoléon, après avoir été trois ans Président Je la République, a repris le tilre d'Empereur, les Constitutions de l'an Vlll-Xlll ; — il se fait appeler III® du nom; il a repoussé avec énergie les formes constitutionnelles de 1815-, 1830, 18 iS; il a appelé à lui TEglise, et écarté la Révolution démocratique et sociale. Il a publié un livre connu sous le titre d* Idées Napoléoniennes.
Tous ses actes témoignent d'une intention de restauration. Faut-il croire à cette intention, ou bien ne faut-il voir dans tout ce qui s'est fait, que des 7?iots et des cadres^...
Si Napoléon III veut refaire l'iruvre de Napoléon I®^ il est évident qu'il doit éviter,, avant tout, le conflit avec la Papauté, et. ne s'accordant avec elle, comme Constantin, Charlemagne, Napoléon I*' lui-même, dans les premiers temps, s'ellbrcer seulement de devenir pour l'Europe, au point de vue de l'Etat, ce qu'est le Pape au point de vue de la religion.
Ceci implique une modification profonde dans toute la politique de l'oncle. 11 faut qu'il s'altache de plus en plus à la pensée chrétienne, au spirituel chrétien, exprimé parles conciles, les Papes, les Evéques, d'abord, parce quePEmpire n'est accepté par les hommes, qu'autant qu'il est sanctionné par l'intelligence et la conscience; — puis, parce que, hors du catholicisme, PEmpire n'aurait pas de sens. L'association du spirituel et du temporel ne se comprend plus dans le protestantisme, l'anglicanisme, l'Eglise grcc(|ue, pas plus que dans la philosophie.
alG NAPOLÉON III
Pour loule nation protcslantc, anglaise ou slave, TEmpereur n'est rien.
Napoléon III esl venu à la suite d*une réaction comme son oiicir.
Cette réaction est en sens contraire do la République, c*est vrai.
Comme en 99, il a refoulé philosophie, socialisme, et république, invoqué le principe d'autorité. Tout cela est vrai, voilà l'analogie.
Mais si Napoléon I®' n'a pas réussi. Napoléon III a cent fois moins de cliance.
1' En 99, toute la nation française œuvre chrétienne; en 52, elle esl incrédule.
2^ En 99, la nation accoutumée au pouvoir absolu; en 52, il n*y a que la canaille du suiTrage universel qui s'en accommode.
3^ En 99, Bonaparte avait pour complices toute l'Europe; en 18GI, TEurope est constitutionnelle, et révolutionnaire, et anti-papiste.
4^ En 99, Bonaparte fait la guerre au nom de la Révolution; en 1861, guerre au nom de quoi?
5^ En 99, les puissances étrangères divisées ; en 18G1, on les trouvera unies. Voilà les différences.
En fait. Napoléon III pas sacré.
id. n'a rien donné, ou fait gagner au Pape.
id. brouillé avec son clergé. — Différence grave : Napoléon I®^ n'avait pas voulu souffrir les jésuites, en même temps qu'il rouvrait les églises, et faisait venir le Pape à son couronnement. Napoléon III se brouille avec le Pape et souffre les jésuites*
Napoléon III est bien loin d'avoir refait l'Empire de l'oncle. — Son panceltisme ne va pas vite. Il lui
faudrait encore, le pays Wallon, Neuchâtel, Fribourg, le Valais et la Catalogne, environ 4 à 5 millions d*âmes.
Paticellisme, — France en 1859 .... 36.000,000
Savoie et Nice 700,000
Approximaiioriy (à vérifier) :
Lausanne, Genève . . . 330,000
Neuchâtel 70,000
Fribourg et Valais (?) . . 1,000,000
Pays Wallon l.GGO,000
Catalogne ....... 1,500,000
Il faut ajouter l'Irlande 6,000,000
Soit 46 millions 300,000 âmes.
Avec cela, la France a pied sur TKurope.
La reunion de la Catalogne, province celtique, entraîne l'inféodation de toute la péninsule ibéri(|ue.
Celle du pays Wallon, implique Tincorporalion de la Flandre, et par suite la ligne du Rhin.
Avec Neuchulel, Genève, Vaud, etc., — on lient la Suisse.
Avec Nice, on saisit Gènes, etc.
Il y a des affaires à tenter.
Si ces idées entrent pour tout de bon dans la tùlo de cet homme, la France est perdue.
Napoléon III n*a pas épousé une archiduchesse. Bien plus malheureux que sou oncle, (|ui, sim[)h' aventurier, obtint la main d'une fille des empereurs, il n'a pu, lui, fils de roi et de reine, neveu d'empereur,
cousin Je tant de princes, épouser qu'une aventurière de la rue de Brcda, bâtarde d'une câlin.
Et nous attendons ce second empire à Toeuvre, depuis dix ans. Qu'a-t-il fait ? il patauge dans son traité de commerce avec les Anglais: il patauge avec rilalie; il patauge avec Saint-Simon, Louis Blanc et Peyrat; il est abandonné aux empiriijues, et gâte tout ce qu'il touclie, comme un gâteux qu*il est.
Ainsi le mot d'Empire est un pur mot ; et la politique basée sur ce mot est nulle, absurde.
Napoléon III a vaincu, en i85i, la Russie, par les fautes de Nicolas, et d'ailleurs en compagnie de l'Angleterre, de la Turquie, du Piémont : Quatre contre un, et appuyé de l*opinion européenne qui blâmait le tsar, de la défection de l'Autriche, et do la neutralité de la Prusse.
Il a vaincu à Solférino, avec Palliance du Piémont, bien entendu, le soulèvement de l'Italie, et l'opinion des puissances, qui blâmaient la politique autrichienne. — Et combien il s'en est fallu de peu qu'il ne succombât!...
Maintenant qu'il attaque PEurope entière, qui le hait, le réprouve, et ne le craint point, on verra.
En ce moment, septembre 18C1, rAllcmagne est de plus en plus irritée, et disposée à prendre les armes. La France et son empereur sont pour elle sans prestige. On se moque du panslavisme : et, en cas de défaite, on peut s'attendre, en France, à un démembrement.
Avec Y Allemagne unitaire, V Italie unitaire, V Autriche constitutionnelle, le paysan russe émancipé, la
France rCestphis comme en 1815, indispensable à Véquilihre européen.
Ceci est un épouvantail à exploiter contre l'Empire.
Sans alliés, sans principes, avec un risque cent fois plus grand. Napoléon 111 engage la lutte ; une lutte qui aboutirait, très facilement, à faire rayer de la politique rinfluence française.
Je me trompe; l'Empereur a pour allié la Démocratie inférieure, les bas-fonds de la plèbe, les résidus des sectes, tout ce qui appartint jadis à Enfantin, Cabet, L. Blanc ; la bobème cliauvi nique et artistique, la presse vénale, les traîneursde sabre pillards; — tous les apostats de la république, de labourgeoisie et de la légitimité ; les aigrefins de la Bourse, la bande des Mirés et leur clientèle commençant aux plus hautes régions du pouvoir, et finissant par les portiers.
Ainsi, la démocratie, en tant qu'elle forme encore une masse, est entraînée aujounrimi, par son opposition à rOrléanisme, à prendre parti pour la tyrannie. Elle le fait, et elle le fera ; il faudra la mitrailler comme en juin, pour son prétorianisme.
Les démocrates reçoivent des faveurs de S. M. 1., et Ten remercient... Et ils calomnient ceux qui vont au Palais-Royal.
La démocratie appuie le despotisme, Tillégalité, Tabsolutisme, Tarbitraire, lo bon plaisir, et c'est elle qu'il faut vaincre aujourd'hui, si l'on veut immaner en France, la liberté et le droit.