CHAPITRE PREMIER
Esquisse biographique.— Le prince Louis Napoléon dans les Romagnes et en Suisse. — Il est nommé bourgeois du canton de Thurgovie. —Analyse de son premier écrit, les Rêveries politiques.
Charles Louis Napoléon (i) Bonaparte, (nous apprend la courte esquisse biographique qui précède ses œuvres dans l'édition publiée en 1848 à la librairie napoléonienne par M. Charles Edouard Tremblaire) fils de la reine Hortense et du roi Louis, frère de l'empereur Napoléon, est né à Paris, au palais des Tuileries, le 20 avril 1808 (2). En 1810, il fut tenu sur les fonts de baptême
(1) Depuis la mort de son frère, en 1831, le prince signait son nom ainsi: Napoléon Louis Bonaparte, afin de se conformer à la volonté de l'empereur, qui avait décidé que l'aîné de la famille s'appellerait toujoiirs Napoléon. Lors des élections qui eurent lieu après la révolution de Février, l'ordre des prénoms du prince ayant donné lieu à quelque confusion, à cause de son cousin fils de Jérôme qui portait aussi le nom de Napoléon, il se décida à reprendre la signature qu'il avait avant la mort de son frère, savoir Louis Napoléon Bonaparte. Il conserva cette signature jusqu'à l'avènement de l'Empire.
(2) Il est curieux, dit son biographe, de remarquer que le roi de Rome et le prince Louis Napoléon furent les deux seuls princes de la famille qui naquirent sous le régime impérial ; aussi furent-ils les deux seuls qui reçurent à leur naissance les honneurs militaires et les hommages du peuple. Des salves d'artillerie annoncèrent la naissance du prince Louis Napoléon sur toute la ligne de la grande armée,dans la vaste étendue de l'Empire et dans le royaume de Hollande.
par l'empereur et l'impératrice Marie Louise. En 1816, il quitta la France avec sa mère, qui se fixa d'abord en Bavière, puis en Suisse, puis à Rome. En 1831, Louis Napoléon prit part à l'insurrection de la Romagne, avec son frère aîné qu'il perdit dans ces malheureux événements. Lorsque l'Italie fut de nouveau envahie par les Autrichiens, il vint avec sa mère incognito à Paris; et il fît demander à Louis Philippe de servir comme simple soldat dans les rangs de l'armée française. Cette demande lui ayant été refusée, il alla passer quelques mois en Angleterre, puis il se rendit de nouveau en Suisse où il habita le château d'Arenenberg sur les tards du lac de Constance. En 1832, le canton de Thurgovie lui conféra le droit de bourgeoisie honoraire, « en reconnaissance pour les bienfaits nombreux que le canton avait reçus de la famille de la duchesse de Saint- Leu (la reine Hortense) depuis son séjour à Arenenberg. » En remerciant avec effusion le président du conseil du canton pour cette faveur, le prince disait :
Ma position d'exilé de ma patrie me rend plus sensible à eette marque d'intérêt de votre part. Croyez que dans tontes les circonstances de ma vie, comme français et Bonaparte, je serai fier d'être citoyen d'un État libre.
En témoignage de reconnaissance, il offrit au canton deux canons de six avec train et équipages complets, et — ce qui valait mieux — il créa dans le village de Sallenstein une école gratuite. Pendant plusieurs années il alla comme volontaire à l'école militaire de Thun, où il s'appliqua spécialement à l'étude de l'artillerie devenus plus tard son arme favorite. La publication de son
Manuel d'artillerie lui valut d'être nommé en 1834 capitaine d'artillerie par le gouvernement de Berne.
Je suis fier, disait -il encore, en remerciant de cette faveur M. Tavel vice -président du canton de Berne, je suis fier de compter parmi les défenseurs d'un État où la souveraineté du peuple est reconnue comme base de la constitution, et où chaque citoyen est prêt à se sacrifier pour la liberté et Pindépendance de son pays.
Mais le Manuel d'artillerie n'est, en suivant l'ordre chronologique, que le troisième ouvrage de Louis Napoléon. Dans les deux années précédentes, il avait publié îes Rêveries politiques et les Considérations politiques et militaires sur la Suisse, devenue sa seconde patrie. Les Rêveries politiques datent de 1832. L'auteur qui avait alors 24 ans revenait d'Italie, où, comme nous l'avons dit, il avait combattu et où il avait vu mourir son frère à ses côtés, pour la cause de l'indépendance. On y trouve en germe la plupart des idées que l'auteur développera plus tard, seulement elles sont encore un peu vagues et flottantes; ce sont des aspirations plutôt que des idées. En revanche, le style de ce premier essai est chaud et coloré, sans être exempt toutefois d'enflure et de déclamation. L'élève de M. Lebas et le volontaire de l'indépendance italienne n'hésite pas à se proclamer hautement démocrate. Il s'incline devant la grande révolution et il voit dans les principes qu'elle a proclamés les fondements de l'ordre à venir. La réalisation de ces principes, l'incarnation de la pensée révolutionnaire, voilà le but qu'il s'agit d'atteindre, et vers lequel tous les efforts et toutes les pensées des hommes de progrès doivent converger sans cesse. Mais comment y arriver? Quelle voie faut-il
suivre? Il faut suivre la voie frayée par Napoléon I er , qui a été, par excellence l'homme de la révolution, et pourrait-on dire son exécuteur testamentaire. 11 faut reprendre son œuvre violemment interrompue par l'invasion étrangère; il faut rétablir l'empire pour faire triompher la révolution.
Ainsi donc le but à atteindre, c'est la réalisation des principes de la révolution, tant en France que dans le reste du monde, le moyen c'est le rétablissement et la continuation du régime impérial, tel que l'avait conçu le grand homme dans lequel s'était incarné le génie de la révolution, tel qu'il en avait jeté les bases indestructibles, tel qu'il l'aurait achevé, si sa pensée civilisatrice et humanitaire eut été comprise par" l'Europe. Voilà le thème de l'auteur. Mais d'abord, il s'agit de démontrer que le besoin d'un régime qui continue l'œuvre de la révolution, en suivant les procédés du premier empire, se fait sentir dans le monde. L'auteur débute en conséquence par esquisser, un sombre tableau de l'état politique et social de l'Europe. Il décrit le mal en l'exagérant afin de rendre plus sensible la nécessité urgente d'un remède.
La liberté de la presse permettant à chacun de faire connaître ses opinions, on écrit aujourd'hui ce que Ton se serait contenté de penser autrefois, et la persuasion d'un meilleur avenir stimule toutes les capacités quelque faibles qu'elles soient. Une des raisons qui engagent les patriotes à écrire, c'est le désir ardent d'améliorer la condition des peuples ; car si l'on jette un coup d'oeil sur les destinées des diverses nations, on recule d'épouvante et l'on élève alors la voix pour défendre les droits de la raison et de l'humanité. En effet, que voit- on partout? Le bienêtre de tous sacrifié non aux besoins mais aux caprices d'un
petit nombre. Partout deux partis en présence, l'un qui marche vers l'avenir pour atteindre l'utile , l'autre qui se cramponne au passé pour conserver les abus. Là, on voit un despote qui opprime ; ici un élu du peuple qui corrompt ; là un peuple esclave qui meurt pour acquérir son indépendance, ici un peuple libre qui languit parce qu'on lui dérobe sa victoire.
Il s'agit, comme bien on suppose, de la France, et ce sont les doctrinaires qu'il accuse d'avoir détourné la révolution de juillet de son but légitime, ce sont les doctrinaires dont le gouvernement faible et corrupteur lui paraît pire encore que le régime du sabre.
Ah! pourquoi, dit-il, la belle révolution de juillet a-t-elle été flétrie par des hommes qui, redoutant de planter l'arbre de la liberté, ne veulent qu'en greffer les rameaux sur un tronc que les siècles ont pourri et dont la civilisation ne veut plus.
Le malaise général qu'on remarque en Europe vient du peu de confiance que les peuples ont en leurs souverains. Tous ont promis, aucun n'a tenu... Les despotes qui gouvernent le sabre à la main et qui n'ont de lois que leur caprice, ceux-là du moins ne dégradent pas l'espèce humaine; ils l'oppriment sans la démoraliser. La tyrannie retrempe les hommes, mais les gouvernements faibles qui, sous un masque de liberté , marchent à l'aibitraire, qui ne peuvent que corrompre ce qu'ils voudraient abattre, qui sont injustes envers les faibles et humbles envers les forts, ces gouvernements-là conduisent à la dissolution de la société ; car ils endorment par leurs promesses, tandis que les autres réveillent par leurs martyres.
Le gouvernement de juillet a donc manqué à sa mission, qui était de faire prévaloir la cause de la révolution. Il est coupable de haute trahison envers la cause du progrès, et il n'y a plus aucun espoir à fonder sur lui.
Qui donc reprendra 1 œuvre qu'il n'a pas pu ou voulu accomplir? On Le devine. Mais laissons parier l'auteur :
Pour arriver à ce but, chacun a rêvé des moyens différents ; je crois qu'on ne peut y parvenir qu'en réunissant les deux causes populaires, celle de Napoléon II et de la République. Le fils du grand homme est le seul représentant de la plus grande gloire, comme la république celui de la plus grande liberté. Avec le nom de Napoléon on ne craindra plus le retour de la terreur, avec le nom de la république on ne craindra plus le retour du pouvoir absolu. Français ne soyons pas injustes et rendons grâce à celui qui, sorti des rangs du peuple, fit tout pour sa prospérité ; qui répandit les lumières et assura l'indépendance de la patrie ; si un jour les peuples sont libres, c'est à Napoléon qu'ils le devront. Il habituait le peuple à la vertu, seule base d'une république. Ne lui reprochons pas sa dictature : elle nous menait à la liberté, comme le soc de fer qui creuse les sillons, prépare la fertilité des campagnes. C'est lui qui porta la civilisation depuis le Tage jusqu'à la Yistule ; c'est lui qui enracina en France les principes de la république. L'égalité devant les lois, la supériorité du mérite, la prospérité du commerce et de l'industrie, l'affranchissement de tous les peuples : voilà où il les menait au pas de charge. Jeunesse française, d'où vient cette ardeur qui vous enflamme, cet amour de la liberté et de la gloire qui fait de vous les fermes soutiens et l'espoir de la patrie P C'est que l'aurore de votre vie fut éclairée par le soleil d'Austerlitz, que l'amour de la patrie fut votre premier sentiment, et que l'instruction solide que vous puisiez sous les ailes de la victoire donnait de bonne heure accès dans vos âmes aux nobles passions qui font palpiter un cœur. Le malheur du règne de l'empereur Napoléon c'est de n'avoir pu recueillir tout ce qu'il avait semé, c'est d'avoir délivré la France sans avoir pu la rendre libre.
Mais les hommes sont souvent injustes envers ceux qui leur ont fait le plus de bien; ils s'enthousiasment des noms et négli-
gentles choses réelles. « Sylla, homme emporté, mène violemment les Romains à la liberté ; Auguste, rusé tyran, les conduit doucement à la servitude. Pendant que sous Sylla la république reprenait des forces, tout le monde criait à la tyrannie et pendant que sous Auguste la tyrannie se fortifiait on ne parlait que de liberté. *
Nul doute qu'il ne faille aujourd'hui des lois immuables qui assurent à jamais le bonheur et les libertés du pays; mais n'oublions pas qu'il y a des moments de crise d'où la patrie ne saurait sortir triomphante qu'avec le génie d'un Napoléon ou la volonté immuable d'une Convention ; car il faut une main forte qui abatte le despotisme de la servitude avec le despotisme de la liberté.
L'alliance de la cause et du parti bonapartiste avec la cause et le parli républicain, en vue de réaliser, fut-ce même en recourant à la forte main du despotisme, les principes de la révolution, voilà le moyen pratique que propose l'auteur. Mais cette alliance à laquelle le jeune volontaire de l'indépendance italienne venait de donner des gages substantiels, en payant de sa personne, cette alliance ne peut se conclure cependant, sans que les conditions en soient réglées, définies d'avance. Quelles seront ces conditions? L'auteur s'attache à les formuler dans un plan de Constitution, dont il a tiré, dit-il, la plupart des éléments des Constitutions de 91 et de 93.
Les premiers besoins d'un pays, dit-il, en manière de préambule sont Y indépendance, la libérée, la stabilité, la suprématie du mérite et V aisance également répandue. Le meilleur gouvernement sera ceLi où tout abus du pouvoir pourra toujours être corrigé, où sans bouleversement social, sans effusion de sang, on pourra changer et les lois et le chef de l'État, car
une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.
Pour assurer l'indépendance il faut que le gouvernement soit fort, et pour que le gouvernement soit fort qu'il ait la confiance du peuple, de telle manière qu'il puisse avoir une armée nombreuse et bien disciplinée sans qu'on crie à la tyrannie. Pour assurer la liberté, — ce qui n'est, poursuit-il, qu'une conséquence de l'indépendance, — il faut que tout le peuple indistinctement puisse concourir aux élections des représentants de la nation; il faut que la masse qu'on ne peut jamais corrompre, et qui ne flatte ni ne dissimule soit la source constante d'où émanent tous les pouvoirs. Pour que l'aisance se répande dans toutes les classes, il faut non seulement que les impôts soient diminués, mais encore que le gouvernement ait un aspect de stabilité qui tranquillise les citoyens et permette de compter sur l'avenir.
D'après les opinions que j'avance, conclut notre jeune rêveur, on voit que mes principes sont entièrement républicains. Et quoi de plus beau, en effet, que de rêver à l'empire de la vertu, au développement de nos facultés, au progrès de la civilisation. Si dans mon projet de Constitution je préfère la forme monarchique, c'est que je pense que ce gouvernement conviendrait plus à la France en ce qu'il donnerait plus de garanties de tranquillité, de force et de liberté.
Si le Rhin était une mer, si la vertu était toujours le seul mobile, si le mérite parvenait seul au pouvoir, alors je voudrais une république pure et simple. Mais, entourés comme nous le sommes d'ennemis redoutables qui ont à leurs ordres des millions de soldats qui peuvent renouveler chez nous l'irruption des Barbares, je crois que la république ne pourrait repousser l'invasion étrangère et comprimer les troubles civils qu'en ayant
recours aux moyens de rigueur qui nuisent à la liberté. . . Je voudrais un gouvernement qui procurât tous les avantages de la république sans entraîner les mêmes inconvénients ; en un mot un gouvernement qui fut fort sans despotisme , libre sans anarchie, indépendant sans conquêtes.
Vient ensuite le texte du projet de Constitution qui doit réaliser ce bel idéal.
La déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui la précède, débute de cette façon originale :
X (nom du souverain) par la volonté du peuple empereur de la république française.
Le peuple français, convaincu que l'oubli et le mépris des droits naturels de l'homme sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d'exposer, dans une déclaration solennelle ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens, pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale ne se laissent jamais opprimer et avilir par la tyrannie, afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur, le magistrat la règle de ses devoirs, le législateur l'objet de sa mission.
En conséquence, il proclame, en présence de Dieu, la déclaration suivante des droits de l'homme et du citoyen.
Suivent 14 articles définissant le but de la société qui est « le bonheur commun » (c'est aussi la définition de Babœuf dans son manifeste des Égaux); les droits de l'homme qui sont l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété, et spécifiant les garanties qui doivent leur être accordées. Les articles 5 et 7 méritent parliculièment d'être cités.
Art. 5. Le droit de manifester sa pensée et ses opinions soit par la voie de la presse soit de tout autre manière, le droit de
s'assembler paisiblement, le libre exercice des cultes ne peuvent être interdits.
Art. 7. Tout acte exercé contre un homme, hors des cas et dans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l'exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force.
Un peu plus loin (art. 12) il reconnaît le droit à l'assistance ou même le droit au travail dont le socialisme devait faire si grand bruit plus tard.
Art. 12. Les secours publics sont une dette sacrée. La société doit la subsistance aux citoyens malheureux, soit en leur procurant du travail, soit en assurant les moyens d'existence à ceux qui sont hors d'état de travailler. ■
Enfin :
Art. 14. Un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa Constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures.
Après la déclaration des droits de l'homme et du citoyen viennent les diverses dispositions constitutives concernant l'exercice des droits de cité, la souveraineté du peuple, les formes du gouvernement, le corps législatif, le sénat, la chambre des tribuns du peuple, les ministres, le pouvoir judiciaire, la force publique, les rapports de la république française avec les nations étrangères, et les dispositions particulières.
Notons simplement les plus saillantes de ces dispositions. La souveraineté du peuple est, bien entendu, « une, indivisible, inaliénable et imprescriptible.» Tous les pouvoirs émanent de la nation, mais elle ne peut les exercer que par délégation. Les délégués sont le corps législatif et
l'empereur. Le corps législatif se compose de deux chambres élues par le suffrage universel. Seulement les sénateurs, dont le nombre pourra être porté à 500 devront avoir rendu un service éminent à la patrie, et le choix des collèges électoraux en ce qui les concerne doit être ratifié par les tribuns, le sénat et l'empereur. L'empereur fait les règlements et ordonnances nécessaires pour l'exécution des lois sans pouvoir jamais ni suspendre les lois elles-mêmes, ni dispenser de leur exécution. Sa personne est inviolable tant qu'il ne viole pas ses serments. Ses ministres sont responsables de tous les délits par eux commis contre la sûreté nationale et la Constitution, de tout attentat à la propriété et à la liberté individuelle, etc. — Un ministre ne peut être banquier ni jouer à la bourse. — Servir sa patrie étant un devoir sacré pour tout citoyen, la conscription est rétablie comme c la plus libérale et la plus urgente des institutions. > Quant aux rapports de la république française avec les nations étrangères, l'auteur les résume ainsi :
Le peuple français est l'ami et l'allié naturel des peuples libres. Il ne s'immisce point dans le gouvernement des autres nations. Il ne souffre pas que les autres nations s'immiscent dans le sien.
Il donne asile aux étrangers bannis de leur pays pour la cause de la liberté. v
La principale des dispositions particulières qui terminent l'œuvre, concerne le cautionnement des feuilles périodiques qui est déclaré aboli.
Ces Rêveries politiques, coup d'essai du jeune apôtre de l'idée napoléonienne furent soumises par lui à M. de Chateaubriand qui était alors en Suisse. M. de Château-
briand y fit quelques annotations et observations qui ont été perdues, et qui portaient d'ailleurs sur les mots plus que sur les choses. L'une d'elles, par exemple, consistait à mettre nation au lieu dépeuple.