TROISIEME LETTRE
(' Madame, (' Je suis vraiment peinée que le mauvais état de ma santé me mette 'dans l'impuissance d'exprimer à Votre Majesté, comme je le voudrais, les profonds sentiments que m'inspire l'intérêt dont vous avez entouré ma position. Elle est toujours pénible; ma jambe n'est encore susceptible d'aucun mouvement. Je ne veux cependant pas différer d'exprimer à Votre Majesté et à Sa Majesté l'Empereur, près de qui j'ose vous prier d'être mon interprète, tous les sentiments de gratitude que conserve, Madame, votre servante
Louise-^Iârie-Adelaïde de Ijourbo>-Pemhievre
« Douairière d'Orléans.
(( 19 avril 1815. »
Qu'une princesse âgée, impotente, se résigne, avec le consentement du vainqueur de sa famille, à vivre sur le territoire qu'il occupe, cette nécessité physique estuneexcuse : que voulez-vous ? « Sa jambe n'est encore susceptible d'aucun mouvement. » Mais aller tendre la main à celui
qu'elle doit regarder comme un usurpateur, est-ce correct? Notez que Napoléon, charmé de l'occurrence, donna plus qu'un subside à cette quémandeuse; il lui alloua une pension de 400,000 francs.
Une mendiante ne vient jamais seule. La duchesse de Bourbon, la propre mère du fusillé de Vincennes, du duc d'Enghien, négocia de môme pour que la reine Hortense lui fît obtenir une faveur analogue, non pas seulement pour elle, mais encore pour ses frères naturels. Voici ses lettres.