‹ Napoléon III, sa vie, ses œuvres et ses opinionsChapitre 37 sur 41 · H« NAPOLÉON · texte numérisé non relu

H« NAPOLÉON

mença plusieurs fois celte expérience périlleuse, jusqu'à ce qu'enfin il fût englouti par un toiirbilion. Eh bien, il y a des gouvernements dont l'apparition sur la scène du monde est en tout point semblable à celle du jongleur américain; leur histoire se résume en ces mots : échafaudage yéniUet chute effroyable.

« Sur quelques pieux plantés en terre, ils élèvent une bâtisse informe, composée de pièces et de morceaux enlevés aux ruines du passé, et lorsque leur tache est terminée, leur construction bâtarde, sans utilité comme sans fondements, n'a servi qu'à les précipiter de plus haut dans l'abîme. » Ham, 1843.

Bureaucratie iJiMSTÊRiELLE. — « au roi : Avez-vous affaibli la centralisation administrative? ^ — Londres, 1839.

Modération de la dette publique. — « La France doit se féliciter de ce que le système d'emprunt, qui écrase aujourd'hui l'Angleterre, n'ait pas été mis en vigueur sous TEmpire. Napoléon avait posé les principes contraires, en fixant, par une loi spéciale, le montant de la dette publique à 80 millions de rentes. » — Londres, 1839.

Budgets économiques. — « L'Empire [le premier Empire] cette administration intègre, économe, avec un budget de sept cents millions, répandait partout la prospérité. » — Ham, 1843.

Industrie nationale. — « Si, en France, les partisans de la liberté du commerce osaient mettre en pratique leurs funestes théories, la France perdrait en richesse une valeur de deux milliards; deux millions d'ouvriers resteraient sans travail, et notre commerce serait privé du bénéfice qu'il tire de rimmense quantité de matières premières qui sont importées pour alimenter nos manufactures... Le premier intérêt d'un pays ne consiste pas dans le bon marché des objets manufac-

turés, mais dan« raliniciitalion du travail... Prolcgcr le consoninialour aux dépens du travail intérieur, c'est, en général, favoriser la classe aisée au détriment de la classe indigente, car la production c'estla vie du pauvre, le pain de l'ouvrier, la richesse du pays. » — Ham, 1842, Analyse de la queslion des sucres.

Suppression de la police des JTuileries. — « Dans le temps que l'Empereur était à Vienne, il n'y avait que douze cents hommes de garnison à Paris. L'Empereur se promenait au milieu de la foule qui couvrait le Carrousel, ou dans le parc de Saint-Cloud, dans une calèche à quatre chevaux, au pas, avec l'Impératrice et un seul page, au milieu de cent cinquante mille spectateurs environnant sa voiture. Les con** temporains l'ont vu. » — Londres, 1839.

Les prisons. — « Les prisons d'État du premier Empire, si décriées dans Topinionj étaient établies sur un système plus humain, plus légal et moins arbitraire que les prisons de la Restauration, que les prisons de Doullens et du Monl- Saint-Michel diî régime actuel. Sous la Restauration, les prisonniers politiques étaient confondus avec les galériens; aujourd'hui, ils ne peuvent faire valoir leurs plaintes que devant des inspecteurs ou des préfets, hommes trop dépendants pour oser prendre la défense d'ennemis du gouvernement. Sous TEmpire, les prisons d'État étaient visitées par des conseillers d'État en missions extraordinaires, fonctionnaires publics les plus haut placés après les ministres, et qui, par leur caractère politique, pouvaient faire prévaloir sans crainte la justice et l'humanité » — Ham, 1843.

Arrestations. — La guerre empêcha Napoléon de réaliser complètement tous ses grands projets, et arrêta l'exécution d'une foule d'améliorations philanthropiques, parmi lesquelles nous citerons le désir de faire cesser les inconvénients existants à la maison de dépôt de la Préfecture de po-

iicc à Paris, où Fou voit les plus honnêtes gens exposés à passer la nuit confondus avec des voleurs et des scélérats. » — Londres, 1839.

La CorR de cassation. — « Afin que la route fût ouverte à toutes les améliorations, la Cour de cassation était chargée de faire pour les lois ce que Tlnstilut accomplissait pour les sciences. Tous les ans elle devait présenter un compte rendu des améliorations dont les diverses paj-lies de la législation étaient susceptibles, et faire connaître les vices et les défauts que l'expérience avait constatés. » — Londres, 1839.

Visites domiciliaires. — « En Angleterre, ce ne sont pas seulement les lois qui protègent les citoyens, c'est aussi la manière dont elles sont exécutées, c'est la manière dont le gouvernement exerce le pouvoir. En Angleteri-e, l'autorité n'est jamais passionnée : ses allures sont modérées et toujours légales; aussi n'y connaît-on pas les violations du domicile d'un citoyen, auxquelles on est si sujet en France sous le nom de visites domiciliaires; on respecte le secret des familles en laissant intactes les correspondances. » — Ham, vers 1841.

Budget de la guerre. — « Aucun Élat du monde ne pourrait, sans s'épuiser, maintenir constamment en activité des centaines de mille hommes... En temps ordinaire, l'armée française ne devrait avoir que deux cent mille hommes sous les armes. » — Ham, vers 1841.

Réduction de l'ARiiÉE. — « A la paix, disait l'Empereur, j'aurais amené tous les souverains à n'avoir plus que leur simple garde. » — Londres, 1839.

La paix sincère. — « Le pouvoir savante du repos qui existe; mais tuer un peuple en le plongeant dans un sommeil léthargique, l'envelopper dans sa gloire passée comme

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dans un linceul, le désorganiser par la corruption, et encore rendre ce sommeil si factice, cette désorganisation si hideuse que tous entrevoient avec crainte, mais avec certitude, le moment du réveil, ce n'est pas fonder la paix, c'est établir momentanément dans le pays la tranquillité du cimetière I

a A nos yeux, la paix c'est l'accord résultant de difficultés aplanies, d'intérêts opposés satisfaits, c'est la sécurité la plus complète régnant dans la société.

« Rien de semblable n'existe aujourd'hui. Le gouvernement n'a pas vaincu les difficultés lorsqu'elles se présentaient : il les a mises de côté, les amoncelant sans cesse les unes sur les autres, de sorte qu'aucune question n'étant résolue, il arrivera un jour où toute cette réserve d'embarras et d'obstacles, rompant les digues qui la retiennent, inondera la politique inhabile du cabinet français.

« Pour asseoir solidement la paix, il faut avoir un système équitable et élevé, oser l'avouer franchement et le défendre avec vigueur; il faut donner à l'étranger une grande idée de la bonne foi et de la force de la France, tout en prouvant par les faits qu'elle n'a aucune velléité de conquêtes.

« Or, le gouvernement, depuis quatorze ans, a suivi une marche tout à fait opposée. Au lieu de se montrer inflexible et inéhranlable dans le maintien de ses droits, il les a abandonnés toutes les fois qu'ils ont été mis en question; au lieu de rassurer l'Europe par sa conduite, il l'a sans cçsse inquiétée en entreprenant quelques conquêtes ou quelques expéditions qui troublaient l'harmonie générale sans augmenter l'influence de notre patrie.

« Par^celte fausse politique, le cabinet français s'est attiré, à juste titre» la méfiance de la France et celle des étrangers, il a réveillé des jalousies et des haines qui étaient éteintes. » - Ham, 1843.

Fin de la guerre. — « L'empire, c'est la paix. » — Bordeaux, 1852.

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